Veeam a informé à son écosystème de partenaires de l’acquisition de Object First, un fabricant d’appliances de stockage « clé en main » conçus comme destinations pour des backups inaltérables pour les environnements Veeam. Selon le message communiqué au canal, cette démarche vise à enrichir le catalogue d’options de stockage de sauvegarde avec une orientation très précise : une inaltérabilité intégrée et une simplicité opérationnelle sur site, sans modifier (du moins pour l’instant) le modèle économique ni les règles de l’écosystème.
Dans ce courriel, Veeam insiste sur trois idées qui donnent le ton : la société restera « software-first », maintiendra son approche stockage-indépendante (c’est-à-dire sans « verrouillage » du client à un seul matériel) et les programmes partenaires de Veeam et d’Object First continueront à fonctionner séparément jusqu’à ce que la feuille de route d’intégration soit définie. Pour le canal, le message est rassurant : les relations, accords et fonctionnement du programme sont maintenus, et le partenaire conserve la liberté de recommander l’option la plus adaptée (cloud vault, hardware tiers ou Object First) selon la complexité, la personnalisation et les exigences du client.
Qui est Object First et pourquoi s’intègre-t-il si bien avec Veeam ?
Object First s’est positionné ces dernières années comme le meilleur stockage pour Veeam avec sa gamme Ootbi (Out-of-the-Box Immutability) : des appliances de stockage natif S3 conçues pour un déploiement rapide et agissant comme référentiel de sauvegarde inaltérable. Leur proposition s’appuie sur deux messages facilement compréhensibles en 2026 : la cyberrésilience « par défaut » et une opération sans friction.
Au niveau technique-conceptuel, la marque met en avant Zero Trust, l’inaltérabilité basée sur S3 Object Lock et un système renforcé visant à minimiser les actions destructrices, avec une approche délibérée de type « appliance » plutôt que de stockage généraliste. Par ailleurs, Object First a étoffé son catalogue avec des modèles de capacité variée (par exemple, 20 TB, 40 TB et 432 TB) et des options d’échelle en cluster, ainsi que des intégrations typiques dans l’architecture Veeam telles que Scale-Out Backup Repository (SOBR).
En résumé : si Veeam maîtrise le « cerveau » du backup (le logiciel), Object First souhaite être une composante du « corps » (le réceptacle) qui réduit les erreurs humaines, renforce la protection contre les ransomwares et raccourcit les délais de déploiement.
Pourquoi cette acquisition a-t-elle du sens (et pourquoi intervient-elle maintenant) ?
Le contexte n’est pas anodin : le ransomware ne chiffre plus seulement les environnements de production ; il cible intentionnellement les sauvegardes car celles-ci représentent un plan B crucial pour toute organisation. Dans ce contexte, l’inaltérabilité ne constitue plus une fonctionnalité « optionnelle » mais une exigence fondamentale lors des audits, obligations réglementaires et plans de continuité.
De plus, Veeam renforce depuis un certain temps son message d’inaltérabilité multilayer, avec des alternatives en cloud et sur site :
- Veeam Data Cloud Vault : stockage cloud dédié à la sauvegarde où l’inaltérabilité est activée par défaut et ne peut être désactivée, avec des durées configurables (par défaut 30 jours selon la documentation).
- Repositories renforcés sous Linux : option sur site avec contrôles avancés, où une fenêtre d’inaltérabilité est définie, durant laquelle les fichiers ne peuvent être modifiés ni supprimés.
- Veeam Software Appliance : déploiement durci visant à simplifier les opérations et à améliorer la sécurité dans le plan de contrôle.
Avec Object First, Veeam ajoute une nouvelle alternative : un réceptacle inaltérable préintégré qui se vend comme une « appliance de sauvegarde » (et non comme un châssis de stockage polyvalent). Cela permet de combler un besoin fréquent chez les clients intermédiaires : ils veulent de l’inaltérabilité et une récupération rapide, sans avoir à assembler plusieurs composants (serveurs, Linux renforcé, compatibilité S3, gouvernance, procédures).
Ce que cela signifie pour les partenaires et clients (en clair)
À court terme, le message de Veeam est de continuité :
- Les partenaires continueront à pouvoir recommander l’« cible » adaptée (cloud vault, hardware ouvert, appliance), sans verrouillage.
- Les programmes partenaires restent séparés pour l’instant.
- Veeam souligne que l’approche reste software-first, en utilisant Object First comme « appliance cible », et non comme plateforme de stockage générique.
À moyen terme, l’enjeu sera une intégration réelle : offres packagées, promotions croisées, références partagées, support coordonné, guides d’architecture, modèles de hardening et, surtout, la simplification du processus allant de Veeam à un référentiel inaltérable garantissant la conformité.
Mini tableau : trois scénarios d’approche vers un « backup inaltérable » avec Veeam
| Approche | En quoi consiste-t-elle | Quelle cible privilégiée | Atout principal | Ce qu’il faut surveiller |
|---|---|---|---|---|
| Object First Ootbi (appliance) | Destination on-prem natif S3 préintégré pour backup inaltérable | Clients recherchant rapidité et minimalisme dans le déploiement | Simplicité + inaltérabilité « clé en main » | Capacité, scalabilité et logistique sur site |
| Veeam Data Cloud Vault | Stockage cloud « type coffre-fort » pour copies | Deuxième ou troisième copie hors site, DR et conformité | Inaltérabilité par défaut et opération cloud | Coûts récurrents + connectivité / sortie de données |
| Linux Hardened Repository | Référentiel on-prem durci géré par le client/partenaire | Équipes capables d’opérer sous Linux avec discipline | Flexibilité + contrôle précis | Complexité opérationnelle et discipline de hardening |
Lecture stratégique : Veeam accélère vers la « résilience empaquetée »
L’acquisition d’Object First (tel que Veeam la présente au canal) confirme une tendance claire : la résilience se vend de plus en plus comme un résultat, non comme un projet. De nombreuses entreprises ne souhaitent plus concevoir leur sécurité de sauvegarde, elles veulent l’acquérir sous forme d’architecture réplicable, avec un support clair et des délais de mise en œuvre courts.
En toile de fond, il y a une réalité commerciale : lorsque le ransomware devient une préoccupation évoquée au comité de direction, il devient plus facile de justifier des investissements dans l’inaltérabilité, l’isolation et la récupération rapide. Pour Veeam, intégrer une appliance conçue spécifiquement pour son écosystème lui permet de mieux concurrencer sur un marché où ce ne sont pas seulement les fonctionnalités qui comptent, mais aussi la fluidité et la simplicité de leur déploiement.