UpperBee, une entreprise canadienne de logiciels en tant que service (SaaS) spécialisée dans la gestion immobilière, a migré son infrastructure virtualisée de VMware et d’une architecture SAN vers une plateforme basée sur Proxmox Virtual Environment (VE), Ceph et ZFS. Selon le cas de réussite publié par Proxmox, cette transition a permis d’é liminer les goulots d’étranglement lié au stockage et de quadrupler les performances de leur infrastructure SQL après l’intégration de ZFS.

Les points clés de la migration d’UpperBee en 20 secondes

  • UpperBee disposait d’une infrastructure VMware dont les coûts de support augmentaient et dont le matériel approchait de la fin de sa durée de vie opérationnelle.
  • Le ancien SAN limitait la performance des équipes de développement.
  • L’entreprise a migré vers Proxmox VE avec Ceph dans une architecture hyperconvergée.
  • ZFS est dédié aux charges SQL, permettant à UpperBee de multiplier par quatre ses performances.
  • Le projet utilise des serveurs Dell et réseaux Aruba de 25/100 Gb.

Basée à Montréal, l’entreprise développe une plateforme utilisée par des gestionnaires immobiliers, des communautés et des résidents au Canada et aux États-Unis. Comme dans beaucoup de sociétés SaaS, son infrastructure ne se limite pas à héberger le produit final : elle supporte également les environnements de développement, de tests, la construction de logiciels et d’autres processus internes.

Le problème était que l’architecture existante commençait à freiner ces opérations. UpperBee indique deux raisons principales pour justifier la migration. D’abord, les coûts croissants liés à VMware et l’obsolescence du matériel. Ensuite, l’architecture de stockage SAN ne fournissait plus la performance nécessaire à ses équipes de développement.

La solution choisie consiste à éliminer la SAN en tant qu’entité séparée pour une grande partie des charges, en adoptant un modèle hyperconvergé où les serveurs eux-mêmes assurent à la fois capacité de calcul et de stockage.

Proxmox VE et Ceph remplacent le modèle traditionnel basé sur une SAN indépendante

UpperBee a sélectionné Proxmox VE comme nouvelle plateforme de virtualisation. La société a apprécié la possibilité de gérer la virtualisation, le clustering, la haute disponibilité et le stockage défini par logiciel avec une plateforme open source.

L’une des décisions techniques clés a été d’utiliser Ceph en tant que stockage distribué pour les machines virtuelles polyvalentes.

Dans une architecture classique, basée sur une SAN, les serveurs de virtualisation consomment un stockage fourni par une infrastructure externe. Avec l’approche hyperconvergée adoptée par UpperBee, le stockage est réparti entre les nœuds eux-mêmes et Ceph est utilisé pour gérer et répliquer cette donnée.

Cela ne signifie pas que Ceph résout automatiquement tous les problèmes de performance ou qu’il convient à toutes les charges. Son comportement dépend du nombre et des caractéristiques des nœuds, des dispositifs de stockage, des réseaux, de la configuration et des niveaux de redondance mis en place.

UpperBee a dimensionné précisément ses processeurs et sa mémoire en fonction de Ceph, accompagnant ses serveurs d’un réseau à haute capacité.

L’infrastructure utilise des serveurs Dell et des switches Aruba de 25/100 Gb configurés avec l’agrégation de liens multi-nœuds (MLAG). De plus, trois types de trafic ont été séparés via des interfaces dédiées : Corosync pour la communication sensible à la latence du cluster, Ceph pour la réplication du stockage et le trafic frontal utilisé par les machines virtuelles et les utilisateurs.

Cette séparation est essentielle dans une infrastructure hyperconvergée, où stockage, VM et communications du cluster partagent une plateforme physique commune. Un réseau insuffisamment dimensionné ou mal configuré pourrait transférer l’ancien goulot d’étranglement du stockage vers une autre partie de l’infrastructure.

ZFS pour SQL et Ceph pour les VM

UpperBee n’a pas utilisé Ceph pour toutes ses charges à la manière d’une solution unique.

La nouvelle architecture distingue le stockage en fonction des besoins spécifiques. Ceph fournit un stockage distribué pour les machines virtuelles générales, tandis que ZFS est utilisé comme couche de stockage pour l’infrastructure SQL.

C’est précisément dans cette dernière partie que se trouve l’un des chiffres les plus frappants du projet.

Cédric Deschamps, CTO et co-fondateur d’UpperBee, affirme que la migration vers ZFS a permis d’obtenir un quadruplement des performances.

Il faut comprendre cette donnée comme le résultat communiqué par UpperBee pour sa propre infrastructure, et non comme une amélioration applicable automatiquement à toute migration d’une SAN vers ZFS.

Les performances d’une base de données dépendent de nombreux facteurs : stockage précédent, disques utilisés, mémoire disponible, cache, configuration de ZFS, pattern des écritures, synchronisation et caractéristiques propres à la base de données, entre autres.

L’approche montre toutefois une décision architecturale intéressante : utiliser différentes technologies de stockage dans un même environnement Proxmox plutôt que d’essayer de tout résoudre avec une couche unique.

Proxmox VE supporte nativement Ceph et ZFS. Dans le cas d’UpperBee, cette combinaison offre un stockage distribué pour certains workloads, tandis que ZFS est réservé pour des charges nécessitant un comportement différent.

L’entreprise attribue également à la migration la disparition des anciens goulots d’étranglement au niveau du stockage, qui freinaient les flux de travail de développement.

La migration depuis VMware a été réalisée par l’équipe interne d’UpperBee

L’intégration a été effectuée en collaboration avec Images et Technologie, un intégrateur canadien et partenaire agréé de Proxmox basé à Montréal.

Leur intervention comprenait la conception de l’architecture, l’achat du matériel, le préconfigurage complet du cluster et le conseil technique.

Ils ont ensuite livré une plateforme configurée et validée. À partir de là, c’est l’équipe d’UpperBee elle-même qui a géré la migration des charges vers Proxmox VE depuis VMware.

Ce point est crucial car l’une des préoccupations habituelles dans une migration à partir de VMware concerne non seulement l’équivalence entre hyperviseurs, mais également les procédures opérationnelles, les outils de gestion, la maîtrise par l’équipe et la capacité à maintenir la nouvelle infrastructure après le projet.

UpperBee souhaitait retrouver une partie de ce contrôle interne.

La société a aussi trouvé un nouveau rôle pour ses anciens serveurs : plutôt que de les décommissionner complètement, ils peuvent être affectés à des tâches ne nécessitant pas l’infrastructure principale, telles que serveurs de compilation, environnements de staging ou destinations pour sauvegardes.

Proxmox évoque également une réduction du coût total de possession (TCO) et une dépendance moindre vis-à-vis du fournisseur par rapport à l’ancien environnement. Cependant, aucune chiffre précis n’a été publié pour quantifier ces économies ni calculer directement le coût comparatif des deux plateformes.

Ainsi, ce cas s’avère plus pertinent d’un point de vue architectural que comme une comparaison économique universelle entre VMware et Proxmox.

UpperBee a ainsi transitionné d’une infrastructure où virtualisation et SAN constituaient deux composants séparés vers une nouvelle configuration où Proxmox VE, Ceph et ZFS permettent de combiner différents types de stockage au sein d’une même plateforme de gestion.

Le résultat ne se limite pas à simplement remplacer un hyperviseur par un autre. La société a remanié en parallèle serveurs, stockage et réseaux, avec des interconnexions allant jusqu’à 100 Gb et des réseaux séparés pour Ceph et Corosync.

C’est une distinction essentielle dans tout projet de cette nature : changer VMware pour Proxmox peut faire partie de la migration, mais pour bénéficier de améliorations de performance comme celles rapportées par UpperBee, il faut repenser entièrement l’architecture sous-jacente.

Questions fréquentes

Pourquoi UpperBee est-elle passée de VMware à Proxmox ?

La société cite l’augmentation des coûts de support, l’obsolescence du matériel et des problèmes de performance de l’architecture SAN comme principales raisons. Elle cherchait aussi à réduire sa dépendance à des fournisseurs propriétaires et à gagner en contrôle sur son infrastructure.

À quoi sert Ceph chez UpperBee ?

Ceph fournit un stockage distribué pour les charges générales des machines virtuelles dans la nouvelle architecture hyperconvergée.

Où utilise UpperBee ZFS ?

La société utilise ZFS comme couche de stockage pour son infrastructure SQL. Son CTO indique que cette configuration a permis de quadrupler les performances par rapport à l’ancien environnement.

Quel réseau utilise le nouveau cluster Proxmox ?

L’infrastructure s’appuie sur des switches Aruba de 25/100 Gb configurés avec MLAG. Trois types de trafic sont séparés via des interfaces dédiées : Corosync pour la communication sensible à la latence, Ceph pour la réplication, et le trafic frontal pour les machines virtuelles et les utilisateurs.

Source : Proxmox