Le paysage technologique espagnol évolue à nouveau avec une opération de grande envergure : un consortium composé de Indar Kartera (faisant partie des investisseurs de Kutxabank), Fondation BBK, le Gouvernement Basque (via Finkatuz, instrument de l’Institut Vasco de Finances) et la société Teknei a conclu un accord pour acquérir Ayesa Digital à ses actionnaires actuels, A&M Capital Europe et la famille Manzanares.
Selon la communication officielle, la transaction reste en attente de l’approbation des autorités compétentes et se finalisera dans les prochains mois. Dans le secteur, cet accord est perçu comme le début d’une nouvelle étape visant à consolider la position d’Ayesa Digital comme l’un des grands fournisseurs de services numériques à ambition européenne, dans un contexte où la demande en capacités avancées — de l’intelligence artificielle à la cybersécurité — devient un facteur clé de compétitivité pour les entreprises et les institutions.
Un changement de cycle pour une entreprise à empreinte industrielle et publique
Acteur majeur du marché espagnol des services technologiques, Ayesa Digital dispose d’une clientèle étendue et de projets liés à la transformation digitale de grandes organisations. Le consortium acheteur insiste sur le fait que cette opération vise à assurer la stabilité actionnariale et à préserver la continuité opérationnelle, un objectif renforcé dans un secteur où la consolidation — par le biais d’acquisitions, d’intégrations et de fonds — a marqué la dernière décennie.
Ce partenariat doit également s’appréhender dans une optique territoriale : le périmètre acquis inclut des activités liées à la marque historique Ibermática, fortement implantée au Pays Basque. Dans cette optique, les partenaires soulignent leur volonté de renforcer le centre de décision et de valoriser le rôle du Pays Basque comme pôle technologique, tout en maintenant l’envergure nationale et internationale du groupe.
Les ambitions du nouvel actionnariat
Ce nouveau plan stratégique met l’accent sur des secteurs à forte croissance tels que : l’intelligence artificielle, la cybersécurité, l’automatisation des processus, la gestion de données et l’informatique quantique. S’y ajoutent des capacités liées aux services numériques avancés et aux environnements cloud.
Au-delà de la feuille de route technologique, le message qui accompagne cette opération insiste sur l’enjeu de l’emploi et du développement des compétences. Ayesa Digital, disposant d’une structure étendue et d’un réseau consolidé, voit dans ce projet l’opportunité de pérenniser l’emploi et d’offrir de nouvelles perspectives professionnelles, notamment à travers la formation en compétences digitales et le développement de profils liés à l’innovation et à la recherche.
Par ailleurs, l’initiative vise à générer un effet dynamique dans l’écosystème : créer des synergies avec des PME et des start-up pour renforcer la chaîne de valeur, impulser des projets communs et améliorer le niveau d’expertise du tissu entrepreneurial. Concrètement, cette promesse sera mesurée à la capacité d’attirer des projets plus complexes, de retenir des profils rares (spécialisés en IA, cybersécurité, data) et de concurrencer sur les grands appels d’offres technologiques.
Une gouvernance stable et un objectif pour 2026
Concernant la gouvernance, les acquéreurs ont exprimé leur intention de préserver la confiance dans l’actuelle équipe dirigeante, reconnue comme un atout clé durant les négociations. Ainsi, il a été annoncé que José Luis Manzanares poursuivra en qualité de CEO jusqu’à la conclusion de la transition.
En ce qui concerne le calendrier, le consortium envisage que la stabilité actionnariale permette à Ayesa Digital de fonctionner en tant qu’entité autonome d’ici 2026, en poursuivant son plan de croissance et en élargissant ses capacités. Cet horizon s’inscrit dans la stratégie de se positionner en tant qu’acteur clé dans les technologies critiques (IA, cybersécurité, automatisation) qui ne sont plus considérées comme de simples “projets IT”, mais comme des infrastructures stratégiques pour l’économie.
Une opération illustrant la nouvelle compétition technologique
Le contexte est évident : la numérisation ne se limite plus à la migration de systèmes, mais consiste à transformer les données en décisions, protéger les surfaces d’attaque et automatisez les processus dans les entreprises et institutions, face à une pression constante sur les coûts. La compétition ne provient pas seulement des cabinets de conseil ou des intégrateurs mondiaux, mais aussi du secteur du logiciel, du cloud et des grands fournisseurs de plateformes technologiques.
Ce type d’opérations ne se limite pas à une question de taille ou de portefeuille clients : elles témoignent aussi de la souveraineté technologique pratique (où se décident et où s’investissent les ressources, où l’on crée des emplois qualifiés) et de la volonté de bâtir des groupes capables de réaliser des projets complexes en Europe, sans dépendre entièrement de partenaires étrangers.
Questions fréquentes
Qui achète Ayesa Digital et quel rôle jouent chaque partenaire ?
Le consortium est composé d’Indar Kartera (liée à Kutxabank), de la Fondation BBK, du Gouvernement Basque via Finkatuz, et de la société Teknei. L’objectif déclaré est d’apporter stabilité, soutien financier et axe industriel à la croissance d’Ayesa Digital.
Quand la transaction sera-t-elle finalisée ?
L’accord est conclu, mais la finalisation intervient dans les prochains mois, après obtention des autorisations réglementaires nécessaires.
Quelles sont les priorités technologiques pour Ayesa Digital après l’acquisition ?
La nouvelle étape mettra en avant l’intelligence artificielle, la cybersécurité, l’automatisation, la gestion de données et l’informatique quantique, ainsi que le développement de services numériques et cloud avancés.
Que signifie que Ayesa Digital sera “autonome” en 2026 ?
Cela implique que les activités numériques fonctionneront avec leur propre structure de gestion, permettant une plus grande souplesse d’investissement, d’intégration de capacités et de concurrence sur de grands projets de transformation digitale.
source : Ayesa