TSMC 2 nm accélère : plus de « tape-outs » que le 3 nm et une bataille décisive en 2026

TSMC ouvre l'ère des 2 nanomètres et laisse à Samsung une opportunité inattendue : capacité au maximum, prix à la hausse et clients cherchant une solution de rechange

TSMC entre dans cette phase du cycle technologique où une nouvelle génération de nœud de fabrication cesse d’être « la prochaine étape » pour devenir le véritable moteur de l’industrie. Selon une publication de Wccftech, le processus de 2 nm (N2) enregistrerait 1,5 fois plus de « tape-outs » que le nœud de 3 nm sur une période comparable, avec Apple, Qualcomm et MediaTek en tant qu’acteurs clés dans cette dynamique initiale.

Il est important de souligner deux points dès le départ : (1) le « tape-out » ne correspond pas à la production de masse ; c’est la étape où le design est finalisé et envoyé à la fonderie pour fabriquer les premiers chips. Et (2) de nombreux bruits autour de N2 mélangent analyses d’experts, fuites et prévisions, il convient donc de considérer cela comme un indicateur de demande, non comme une confirmation d’accords conclus.

Cependant, le schéma est difficile à ignorer : de plus en plus d’entreprises anticipent leur passage au 2 nm car, dans cette vague d’IA, l’avantage concurrentiel ne se mesure plus simplement en « un peu plus de performance », mais en efficacité énergétique, densité et capacité disponible.

Pourquoi le fait d’avoir plus de « tape-outs » est significatif

Le nombre de tape-outs est généralement corrélé à quelque chose de précis : combien d’équipements de production osent transférer un design (compliqué et coûteux) vers le nouveau nœud. Une augmentation de ce volume signifie :

  • Plus de clients testant ou planifiant des chips sur N2.
  • Plus de gammes de produits (mobiles, PC, accélérateurs, réseaux, automobile) poussant simultanément.
  • Une pression accrue sur la capacité de fabrication et le packaging avancé (essentiel pour l’IA).

Wccftech ajoute, en citant le filtrateur @jukan05 et une note attribuée à Morgan Stanley, que l’appétit pour N2 pourrait être si élevé que la part de TSMC dans les accélérateurs d’IA atteindrait des chiffres impressionnants, avec une montée en capacité très agressive. Bien que cela reste aujourd’hui de la pure spéculation, cette tendance s’accorde avec la dynamique du marché : lorsque le coût électrique et la densité de calcul deviennent déterminants, chaque pourcent d’efficacité compte.

N2 et N2P : une avancée technologique (et pourquoi ce n’est pas juste « un nanomètre de moins »)

TSMC N2 introduit la transition vers des transistors GAA (gate-all-around) type nanosheet, une évolution architecturale préparée depuis plusieurs années par l’industrie. En termes simples : ce nouveau transistor se contrôle mieux, limite les fuites, améliore l’efficacité et offre plus de marge pour continuer à faire évoluer la technologie.

De plus, l’écosystème de TSMC s’appuie sur des variante»» affinées. Parmi celles-ci, N2P, une évolution prévue pour offrir des améliorations incrémentielles. Et pour aller plus loin, TSMC indique que A16 (techno de 1,6 nm) est une technologie dérivée de N2P intégrant une alimentation par le derrière (backside power delivery), conçue pour booster la performance et l’efficacité dans des scénarios exigeants.

En résumé : ce n’est pas simplement un nœud unique ; c’est une famille avec plusieurs étapes, permettant à de nombreuses entreprises de planifier leurs produits selon un chemin (N2 → N2P → A16) adapté à leurs priorités : coût, performance, consommation ou délai de commercialisation.

Calendrier : quand peut-on attendre une disponibilité « réelle »

Le principal obstacle pour toute nouvelle génération de nœud n’est pas l’annonce, mais le rendement en fabrication (yield) et la capacité. Pour N2, des experts évoquent une entrée en production limitée autour de fin 2025, avec une montée en volume en 2026, ce qui concorde avec le fait que la majorité des enjeux du N2 se jouera durant cette année-là.

C’est pourquoi il est crucial de voir augmenter les tape-outs dès maintenant : ceux qui parviennent en premier à s’établir sur un nouveau nœud ne cherchent pas seulement à produire de meilleurs chips, mais aussi à sécuriser leur place dans un calendrier où tous rivalisent pour les mêmes ressources.

Apple, Qualcomm et MediaTek : tous regardent vers le même horizon

La source Wccftech désigne Apple comme un client susceptible d’accaparer une large part de la capacité initiale, avec Qualcomm et MediaTek tentant de suivre le rythme. Ces noms sont logiques compte tenu de leur volume de production et de leur sensibilité à l’efficacité énergétique, bien que beaucoup de ces prévisions restent dans le domaine du rumor jusqu’à confirmation officielle ou lancement de produits.

Une indication plus tangible provient du « travail en amont » : par exemple, il a été rapporté que MediaTek prévoit de finaliser un tape-out de 2 nm avec TSMC pour septembre 2025, dans le cadre de sa feuille de route, ce qui montre que les designs N2 ne sont pas qu’une idée abstraite : ils sont en préparation depuis plusieurs mois, voire plusieurs années.

L’IA comme moteur : comment la mémoire, le packaging et la consommation tout changent

En 2026, la performance brute sera importante, mais le vrai critère sera le coût total de possession :

  • Efficacité par watt : dans les centres de données, le coût de l’électricité et la refroidissement comptent autant que le chip lui-même.
  • Densité : plus de calcul par rack et par mètre carré.
  • Packaging avancé : de nombreux accélérateurs dépendent d’intégrations complexes et coûteuses pour évoluer.

Lorsqu’une entreprise décide de migrer un design vers un nœud de pointe, elle achète une option : soit je gagne en efficacité/performance et je me différencie, soit je ne veux pas rester à la traîne.

Les aspects à surveiller désormais

Si la tendance de « 1,5 fois plus de tape-outs » se confirme dans d’autres sources, ce qui importe ne sera pas le simple chiffre, mais ses implications :

  1. Capacité réservée : qui capturera les premiers lots et en quels volumes.
  2. Yield et coûts : la rapidité de la maturation du nœud et l’évolution de la courbe d’apprentissage.
  3. Effet domino sur les prix : lorsque le nœud de pointe se remplit, les générations précédentes (3 nm, 4/5 nm) en subissent aussi la pression.
  4. Concurrence : tout retard ou saut inattendu d’un autre fabricant peut faire évoluer les investissements, mais TSMC bénéficie aujourd’hui d’un avantage grâce à son historique et son écosystème.

Questions fréquentes

Que signifie précisément « tape-out » pour les chips de 2 nm ?
Il s’agit du moment où la conception finale est envoyée à la fonderie pour produire les premières wafers. Cela ne signifie pas une production en série, mais le design est suffisamment finalisé pour démarrer la validation.

Quand peut-on attendre la commercialisation de produits équipés en TSMC N2 (2 nm) ?
Le marché envisage une mise en production initiale vers la fin 2025, avec une diffusion plus large en 2026, selon les calendriers rapportés par la presse spécialisée.

N2P est-il identique à N2 ?
Non. N2P est généralement considéré comme une amélioration ou optimisation du N2, avec des ajustements pour maximiser performance ou efficacité énergétique. Parallèlement, des technologies comme A16 s’appuient sur cette ligne et intègrent des innovations telles que l’alimentation par l’arrière.

Pourquoi l’IA accélère-t-elle autant le passage aux 2 nm ?
Parce que l’IA transforme l’efficacité énergétique et la densité en avantages compétitifs directs : moins de watts par opération, plus de performance par rack, meilleurs marges opérationnelles.

Sources : wccftech et X Jukan

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