Supermicro pousse le refroidissement liquide dans des racks d’IA jusqu’à 240 kW

Supermicro met la refroidissement liquide dans des racks d'IA jusqu'à 240 kW

Supermicro a élargi sa gamme de refroidissement liquide avec dix échangeurs de chaleur pour la porte arrière des racks, connus sous le nom de RDHx. Les nouveaux modèles offrent des capacités de 10 à 120 kW par unité et permettent d’adapter des centres de données existants à des serveurs d’intelligence artificielle et de calcul haute performance sans reconstruire entièrement leurs salles techniques.

Les clés du refroidissement RDHx de Supermicro en 30 secondes

  • La gamme comprend dix modèles avec des capacités de 10 à 120 kW.
  • Supermicro annonce des configurations capables de gérer jusqu’à 240 kW par rack.
  • Les portes s’installent dans des racks EIA, Open Rack v3 et Nvidia MGX.
  • Elles peuvent aussi se combiner avec un refroidissement direct aux puces pour les charges les plus denses.
  • La solution vise à moderniser les centres de données existants avec moins de travaux que d’autres solutions liquides.

Ces échangeurs rejoignent la gamme Data Center Building Block Solutions (DCBBS), l’approche de Supermicro pour livrer serveurs, racks, réseau, alimentation, refroidissement, logiciels de gestion et services de déploiement sous forme d’infrastructure intégrée préconçue.

Cette extension arrive alors que les nouvelles générations de GPU concentrent plus de puissance électrique et de chaleur dans chaque rack. Le refroidissement par air peut encore suffire pour des serveurs conventionnels, mais perd en efficacité à mesure que la densité grimpe, ce qui oblige à déplacer des volumes d’air toujours plus grands via ventilateurs et climatisation.

Un RDHx résout une partie du problème sans acheminer de liquide jusqu’à chaque processeur. Il remplace la porte arrière du rack par un échangeur qui capte l’air chaud expulsé par les serveurs, transfère cette chaleur à un circuit liquide, puis renvoie un air plus froid dans la salle.

Une porte refroidie pour moderniser des centres de données existants

Le principal avantage des échangeurs arrière, c’est qu’ils s’ajoutent à des serveurs déjà refroidis par air. L’opérateur n’a pas besoin de remplacer toutes les machines par des systèmes à plaques froides ni d’introduire des tuyaux dans chaque châssis.

Supermicro présente cette solution comme un moyen d’augmenter la densité de calcul avec moins de modifications sur l’infrastructure existante. L’installation réclame quand même un circuit qui transporte la chaleur hors du rack, des connexions hydrauliques, un contrôle et une capacité suffisante pour refroidir le fluide. La différence tient au fait que l’intervention se limite au rack et à sa porte arrière.

TechnologieComment elle retire la chaleurModifications sur les serveursCas d’usage privilégié
Refroidissement par airVentilateurs et climatisation de la salleAucuneRacks à faible ou moyenne densité
RDHxRefroidit l’air chaud sortant du rackGénéralement aucuneModernisation de salles existantes
Direct-to-chipAmène du liquide sur CPU et GPUServeurs préparés pour le liquideIA et HPC haute densité
ImmersionPlonge les équipements dans un fluide diélectriqueMatériel et réservoirs spécifiquesCharges très denses ou installations spécialisées

Supermicro présente le RDHx comme l’option la moins lourde à mettre en œuvre parmi ses solutions de refroidissement liquide, installable après coup. Le liquide chaud doit malgré tout être refroidi avant de revenir à la porte : l’installation thermique extérieure reste nécessaire.

Les dix nouveaux modèles couvrent de 10 à 120 kW par porte. Supermicro évoque aussi des configurations pouvant atteindre 240 kW par rack, sans préciser le nombre d’échangeurs ni la combinaison exacte nécessaire pour atteindre cette puissance maximale.

Caractéristiques de la nouvelle gamme RDHxDonnées annoncées
Nombre de modèles10
Capacité minimale10 kW
Capacité maximale par unité120 kW
Capacité maximale par rackJusqu’à 240 kW
Racks compatiblesEIA, ORv3 et MGX
Alimentation disponibleCourant alternatif ou continu
GestionRedfish, SNMP, interface web et SuperCloud Composer
RedondanceN+1
Protection supplémentaireContrôle anti-condensation

Les modèles de moindre capacité conviennent à des racks d’entreprise ou à des zones qui commencent à dépasser leur capacité de refroidissement actuelle. Les versions plus puissantes visent les serveurs accélérés, clusters IA et systèmes HPC. Une capacité thermique de 120 kW ne signifie pas que chaque rack doit consommer cette puissance : elle indique la chaleur maximale que le système peut retirer dans des conditions données. La performance réelle dépend de la température et du débit du liquide, de la température de l’air, de la vitesse des ventilateurs et de la configuration du centre de données.

Une solution intermédiaire entre l’air et le refroidissement direct aux puces

Le RDHx occupe une position intermédiaire. Il garde des serveurs refroidis par air, mais utilise du liquide pour évacuer la chaleur une fois qu’elle a quitté les machines, ce qui réduit la charge supportée par la climatisation de la salle et limite la recirculation d’air chaud. Un enjeu comparable à celui que décrivait notre article sur les racks 800V de NVIDIA, où la densité électrique des racks IA dépasse déjà la capacité des infrastructures pensées il y a cinq ans.

Sa capacité peut s’avérer insuffisante à elle seule lorsque CPU, GPU, mémoire et réseau concentrent plusieurs centaines de kilowatts. C’est pourquoi Supermicro permettra de combiner les portes avec ses solutions direct-to-chip, ou D2C, où le liquide circule par des plaques placées directement sur les composants, captant la chaleur près de sa source pour l’acheminer vers une unité de distribution de refroidissant (CDU). La porte arrière récupère alors la chaleur résiduelle des sources non connectées au circuit liquide, comme les alimentations, le stockage, le réseau ou les régulateurs.

ConfigurationChaleur retirée principalement par liquideChaleur restante
Uniquement RDHxAir chaud expulsé par les serveursDépend de la capacité de la porte
Uniquement direct-to-chipCPU, GPU et autres composants sous plaque froideÀ évacuer par air ou autre système
D2C + RDHxComposants principaux et air résiduelCharge thermique réduite pour la salle
Refroidissement complet D2CCPU, GPU, mémoire, réseau et alimentations compatiblesPeut capter la majeure partie de la chaleur

Supermicro affirme que ses solutions de refroidissement direct aux puces de seconde génération captent jusqu’à 98 % de la chaleur quand elles couvrent CPU, GPU, mémoire, commutateurs PCIe, régulateurs et alimentations, avec des réductions annoncées d’environ 40 % en consommation d’énergie et d’eau, et jusqu’à 20 % du coût total de possession. Ces chiffres viennent de son architecture DLC-2 complète et ne s’appliquent pas automatiquement à une installation qui n’utiliserait que des portes RDHx. La société propose aujourd’hui des unités de distribution de refroidissant montant jusqu’à 250 kW sous le rack et 1,8 MW en configuration en rangée, qui font circuler le fluide, en contrôlent la température et relient le circuit des équipements à l’infrastructure thermique du bâtiment.

Gestion, redondance et compatibilité avec différents racks

Supermicro veut vendre ses échangeurs comme partie d’une plateforme complète plutôt que comme un simple accessoire. Les clients pourront acheter la porte avec des serveurs accélérés, une distribution électrique, un réseau, une intégration au rack et des services d’installation. Les modèles seront compatibles avec des racks EIA classiques, Open Rack v3 (ORv3) et systèmes Nvidia MGX, un choix logique puisque les centres de données mélangent racks traditionnels, architectures ouvertes et plateformes optimisées pour accélérateurs.

Les versions en courant continu se connecteront aux barres de distribution du rack, tandis que celles en courant alternatif faciliteront l’installation dans des salles alimentées en courant standard. La gamme intègre un contrôle intelligent des ventilateurs, une redondance N+1 et une protection contre la condensation, essentielle car un liquide trop froid peut humidifier surfaces et connexions.

Fonction de contrôleBut
Ventilateurs ajustablesAdapter le débit d’air à la charge thermique
Redondance N+1Maintenir le refroidissement en cas de panne d’un ventilateur ou composant
Protection anti-condensationÉviter l’humidité sur les équipements et conduits
Capteurs de températureSurveiller l’air et le circuit liquide
Mesure de pression et débitDétecter restrictions, fuites ou défaillances de pompes
Surveillance des pompesVérifier le bon fonctionnement du circuit
Gestion à distanceIntégrer alertes et télémétrie dans les opérations du centre de données

Les responsables pourront suivre en temps réel température, pression, débit et état des pompes via Redfish, le protocole SNMP, une interface web et SuperCloud Composer, qui étend déjà sa visibilité aux profils thermiques de GPU, CPU, mémoire, unités de distribution, alimentation et tours de refroidissement. La surveillance n’est pas un détail : un rack de 100 kW peut générer en une heure une chaleur équivalente à l’énergie consommée par l’équipement lui-même. Une perte de débit, un ventilateur arrêté ou une valve mal configurée peuvent vite faire grimper la température et déclencher une réduction automatique des performances.

Pourquoi les RDHx intéressent les centres de données anciens

Les nouvelles installations d’IA peuvent intégrer dès le départ tuyaux, CDU, tours de refroidissement et serveurs préparés pour le liquide. La difficulté se pose pour les centres de données en activité, construits pour des racks qui consommaient beaucoup moins d’énergie. Mettre à jour une salle entière peut obliger à soulever le sol, poser de nouvelles tuyauteries, changer la climatisation et arrêter des services. Les portes arrière permettent de concentrer l’adaptation sur certaines rangées ou racks et de migrer progressivement.

Cela ne transforme pas n’importe quelle salle en centre de données capable de gérer 240 kW par rack. La puissance électrique, la distribution du liquide, le poids, la pression sur le sol et la capacité du système de rejet thermique doivent également suivre.

Éléments à vérifierMotif
Puissance électriqueUn rack IA peut réclamer des dizaines ou des centaines de kilowatts
Circuit de refroidissementDoit transporter et dissiper toute la chaleur capturée
Sol et structureLes systèmes GPU et composants liquides augmentent le poids
Réseau électrique interneRéclame barres, PDU et protections adaptées
Détection de fuitesLimiter le risque près des équipements électroniques
Espace arrièreLa porte et ses connexions doivent laisser une marge d’ouverture
MaintenanceRemplacer ventilateurs et composants sans arrêter le rack

Ce lancement élargit les options de Supermicro pour les opérateurs qui veulent déployer des GPU plus puissantes sans tout remplacer par un refroidissement direct aux puces. Son utilité dépend des conditions de chaque salle et de la capacité réelle d’évacuation thermique disponible. Le chiffre de 240 kW par rack reflète l’évolution du marché, dans la ligne de ce que montrait notre analyse sur l’investissement de Submer dans un data center IA à Flix : le refroidissement n’est plus une installation auxiliaire séparée du serveur. Dans les nouvelles usines d’IA, serveurs, réseau, alimentation et contrôle thermique se conçoivent comme un seul système intégré.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un échangeur de chaleur de porte arrière ?

Une porte installée derrière le rack qui refroidit l’air chaud expulsé par les serveurs. La chaleur passe dans un circuit liquide avant que l’air ne retourne dans la salle.

Les RDHx font-ils circuler du liquide dans les serveurs ?

Pas nécessairement. Ils fonctionnent avec des serveurs refroidis par air, même si Supermicro permet aussi de les combiner avec des systèmes directs aux puces.

Peut-on installer un RDHx dans un centre de données existant ?

Oui, c’est l’un de ses principaux atouts. L’installation réclame toutefois des connexions hydrauliques, une capacité de dissipation et assez d’espace autour du rack.

Que signifie une capacité de 120 kW ?

C’est la chaleur maximale que l’échangeur peut retirer dans des conditions données, pas forcément la consommation réelle du rack ni une garantie de performance dans toutes les configurations.

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