Une étude comparative publiée par Naranjatec présente son Cloud Privé comme une alternative plus économique à Stackscale, en se basant sur le coût de la CPU, de la mémoire RAM et du stockage. Cette approche permet d’avoir une idée approximative du prix de certains ressources, mais ne suffit pas pour déterminer quelle plateforme est réellement la moins chère lorsque les architectures, le modèle de calcul, le stockage, la haute disponibilité et les services associés ne sont pas forcément équivalents. De plus, dans un marché où les coûts du matériel, notamment des composants comme la mémoire, fluctuent, convertir des prix ponctuels en conclusions définitives peut rapidement rendre toute comparaison obsolète.

Les éléments-clés de la comparaison Stackscale-Naranjatec en 30 secondes

  • Naranjatec compare des ressources virtuelles avec une infrastructure principalement basée sur des nœuds physiques dédiés, commercialisés par Stackscale.
  • Un vCore ou vCPU ne correspond pas nécessairement à un cœur physique, ce qui rend leurs comparaisons unitaires potentiellement trompeuses.
  • Le stockage NVMe local et le stockage centralisé en réseau répondent à des besoins différents.
  • La haute disponibilité, les snapshots, la réplication, la reprise après sinistre, le réseau et le support font aussi partie du coût.
  • Pour déterminer quel fournisseur est réellement plus économique, il faudrait demander à chacun une architecture identique et comparer leur coût total.

L’enjeu n’est pas de savoir si les prix affichés par un fournisseur sont meilleurs ou pires. Naranjatec peut proposer une offre économiquement attractive pour certains projets. Le problème survient lorsque le prix d’une unité est utilisé pour inférer le coût d’une infrastructure complète.

La documentation utilisée comme point de départ pour cette analyse met justement en lumière cette différence : une comparaison rigoureuse devrait normaliser architecture, stockage, disponibilité, réseau, support et conditions contractuelles avant de déterminer laquelle des alternatives est la plus avantageuse économiquement.

Dans une infrastructure d’entreprise, deux offres avec la même capacité nominale en CPU, RAM et To peuvent fournir des services très différents.

Un vCPU et un cœur physique ne sont pas la même unité

Le premier aspect à examiner dans toute comparaison de ce type est le CPU.

Naranjatec présente une partie de son offre via des vCores. Stackscale construit son Cloud Privé autour de serveurs physiques dédiés, comprenant un nombre défini de processeurs, cœurs, mémoire et stockage local. Actuellement, leur gamme repose aussi bien sur des processeurs Intel Xeon que sur AMD EPYC.

Convertir ensuite ces serveurs en un prix théorique par cœur pour le comparer au prix d’une vCPU est une simplification importante.

Un cœur physique correspond à une unité de traitement intégrée dans le processeur du serveur.

Une vCPU ou vCore est une abstraction proposée par l’hyperviseur à une machine virtuelle. Sa capacité effective dépend du processeur physique sous-jacent, de sa génération et fréquence, de la politique de planification de l’hyperviseur, du nombre de charges simultanées et de l’allocation des ressources.

Cela ne signifie pas pour autant qu’une vCPU ait forcément un mauvais rendement.

Cela signifie simplement qu’il n’existe pas d’équivalence universelle entre une vCPU et un cœur physique.

Deux plateformes peuvent annoncer 100, 200 ou 500 vCPUs tout en offrant des capacités réelles très différentes. Pour une comparaison précise, il faut connaître quels processeurs sont utilisés, combien de ressources physiques sont disponibles, et quelle politique d’allocation de ressources chaque plateforme applique.

De la même manière, additionner indépendamment CPU et RAM pour estimer le prix de Stackscale ne reflète pas forcément son modèle commercial.

Stackscale vend son Cloud Privé sur des serveurs dédiés, où CPU et mémoire constituent une seule et même unité au niveau du nœud.

Le client n’achète pas nécessairement un espace virtuel abstrait de vCPU et de gigabytes de mémoire, mais une capacité physique qui pourra être virtualisée par la suite via Proxmox VE ou VMware.

Le stockage, la partie la plus complexe de la comparaison

La capacité est probablement la métrique la plus trompeuse lorsque l’on compare des systèmes de stockage.

Deux infrastructures peuvent proposer 10 To tout en répondant à des besoins totalement différents.

Un serveur avec des disques NVMe locaux peut offrir des latences très faibles et un volume élevé d’opérations d’entrée/sortie par seconde (IOPS). Pour des bases de données, des caches, un traitement intensif ou d’autres charges particulières, c’est souvent un excellent choix.

C’est aussi une solution efficace pour obtenir un fort rendement par euro investi.

Le problème surgit quand on le compare directement à un stockage d’entreprise centralisé, come si seul le prix du gigaoctet comptait.

Stackscale combine disques locaux dans ses nœuds avec une plateforme indépendante de stockage centralisé en réseau, proposant divers niveaux de service. Sa documentation publique détaille des solutions basées sur NetApp, différents objectifs de latence et d’IOPS, ainsi que des fonctionnalités comme Snapshots et géoréplication.

De plus, elle dispose d’un stockage avec réplication synchro entre deux datacenters de Madrid, conçu pour des architectures nécessitant un RPO et un RTO nuls.

Donc, évoquer simplement “le stockage” masque une partie importante de la comparaison.

Caractéristique NVMe local Stockage d’entreprise en réseau
Emplacement Dans le serveur
Latence Potentiellement très faible
IOPS Généralement élevés
Dépendance au nœud
Haute si absence d’autre forme de protection
Accès multi-nœuds
Requiert une architecture supplémentaire
Mobilité des VM
Dépend de la réplication ou migration de disques
Snapshots
Dépend de la solution
Réplication géo
Réquiert des mécanismes additionnels
Usage typique
Performance locale et charges spécifiques

Aucune des deux approches n’est universellement supérieure.

L’essentiel est de comprendre ce dont l’application a réellement besoin.

Si une entreprise recherche une capacité NVMe rapide dans un serveur et dispose de sa propre stratégie de protection de données, le stockage local offre alors un rapport coût/rendement excellent.

En revanche, si le besoin est de déplacer des machines entre hôtes, de désolidariser calcul et stockage, de conserver des snapshots ou de répliquer des données entre sites, le problème est tout autre.

Et le coût sera aussi différent.

Que se passe-t-il en cas de défaillance d’un nœud ?

Ce scénario permet d’apprécier la différence.

Une machine virtuelle peut être hébergée sur un serveur dont les disques ne sont stockés que sur ses NVMe locaux.

En cas de panne matérielle, la reprise sur un autre nœud dépendra des mécanismes déployés : réplication, stockage distribué, sauvegarde ou autre technologie.

Dans un cluster utilisant un stockage partagé accessible depuis plusieurs serveurs, un autre nœud pourra continuer à accéder aux données. Avec une plateforme de haute disponibilité correctement conçue, la machine virtuelle peut redémarrer sur un autre hôte.

Il ne faut pas en conclure que Naranjatec ne dispose pas de mécanismes pour gérer une panne de serveur. L’absence de détails publics sur une fonctionnalité précise ne prouve pas son inexistence.

La bonne question pour tout fournisseur serait :

Que se passe-t-il avec mes machines et mes données en cas de panne complète d’un serveur ?

Et ensuite : quels sont les RPO, RTO et SLA engagés ?

Ces réponses en disent bien plus sur une plateforme que le prix de 1 Go.

KVM et Proxmox ne sont pas des concepts opposés

Il existe une autre comparaison technique à préciser.

Naranjatec indique utiliser KVM avec Virtualizor. Stackscale propose Proxmox VE comme plateforme de virtualisation principale.

Mais Proxmox VE utilise aussi KVM pour exécuter ses machines virtuelles.

La différence réside dans les couches de gestion et la façon dont l’infrastructure est construite.

Proxmox VE intègre virtualisation KVM et conteneurs LXC, ainsi que la gestion de cluster, la haute disponibilité, le stockage, le réseau, la migration et une administration centralisée. Il peut également être associé à Proxmox Backup Server pour une protection renforcée.

Stackscale propose Proxmox sur ses nœuds dédiés, combiné éventuellement avec un stockage d’entreprise et des réseaux privés haute capacité, selon le contrat.

Virtualizor a aussi pour but de gérer des environnements virtualisés, et il ne serait pas correct de conclure uniquement en se basant sur le nom.

De nouveau, la comparaison doit porter sur l’architecture globale résultante.

Combien y a-t-il de nœuds ? Y a-t-il un cluster ? Comment se gère le quorum ? Où résident les disques des machines ? Y a-t-il de la haute disponibilité ? Que se passerait-il si un hôte tombe en panne ? Comment sont réalisés les backups ?

Répondre à ces questions permet de comparer des infrastructures concrètes.

Comparer uniquement l’hyperviseur, non.

Haute disponibilité : la capacité payée mais qu’on espère ne pas utiliser

Il existe aussi un coût difficile à représenter sous forme de tableau par vCPU : la capacité de réserve.

Supposons qu’une entreprise ait besoin de trois serveurs pour supporter toute sa charge.

Elle peut en acheter trois et les utiliser presque à leur maximum.

Mais si elle veut que ses applications continuent de fonctionner en cas de panne d’un serveur, l’architecture doit prévoir une capacité suffisante sur les autres pour absorber la charge.

Ce surplus engendre un coût, même s’il reste inutilisé la majorité du temps.

Stackscale propose des architectures Cloud Privé avec nœuds dédiés, redondance et capacités de haute disponibilité. Son offre inclut aussi des nœuds de réserve et des options de géoréplication.

Ce principe s’applique à tout fournisseur.

Avoir trois serveurs n’équivaut pas automatiquement à de la haute disponibilité.

Il faut aussi de l’espace de stockage, un réseau, un quorum, de la capacité disponible, des mécanismes de détection de panne et des procédures de récupération.

C’est pour cela qu’une VM utilisant huit vCPUs peut coûter très différemment selon ce qui est prévu en cas de panne de l’hôte physique.

Le réseau fait aussi partie de l’infrastructure

Le réseau est souvent relégué à un rôle secondaire dans beaucoup de comparatifs cloud.

Dans une infrastructure distribuée, il joue un rôle central.

Stackscale documente ses nœuds avec des connexions haute capacité, différentes générations, atteignant plusieurs dizaines de gigabits par seconde, en plus d’une infrastructure redondante pour le stockage, les interconnexions privées et l’accès Internet.

Cela ne signifie pas qu’une interface avec une bande passante plus élevée rende forcément un fournisseur meilleur.

Une simple application web ne nécessitera probablement jamais de tels débits.

Mais la situation change lorsqu’il y a du trafic pour le stockage, des migrations de VM, la réplication, des sauvegardes ou des gros volumes de données entre nœuds.

Dans ces architectures, le réseau interne peut être un facteur limitant des performances globales.

Une comparaison adéquate doit donc inclure la capacité, la redondance, la topologie, le trafic inclus et la connectivité entre les éléments.

Une ou plusieurs localisations résolvent des problématiques différentes

Une considération similaire s’applique aux centres de données.

Une infrastructure hébergée dans un seul centre de données peut suffire pour de nombreuses applications.

Lorsqu’il y a des besoins de reprise après sinistre, de réplication géographique ou de continuité en cas de perte totale d’un site, la présence dans plusieurs centres permet d’envisager des architectures différentes.

Stackscale propose un Cloud Privé en Madrid et Amsterdam, avec des solutions de réplication et de récupération après sinistre basées sur ses infrastructures de stockage et réseau. Son service de stockage synchrone utilise deux datacenters à Madrid, séparés physiquement.

Naranjatec héberge son infrastructure cloud à Amsterdam.

Cela ne rend pas automatiquement une plateforme meilleure qu’une autre.

Une entreprise n’ayant besoin d’héberger qu’une application aux Pays-Bas n’a pas forcément avantage à disposer de plusieurs sites.

Mais pour celle qui doit séparer production et reprise après sinistre entre plusieurs centres, cette option peut avoir une valeur économique et opérationnelle.

Snapshot, backup, réplication et reprise après sinistre ne sont pas synonymes

Une erreur courante en comparaison d’infrastructures consiste à regrouper toutes les technologies de protection sous le terme « backup ».

Un snapshot permet de restaurer un état antérieur du stockage.

Un backup constitue une copie destinée à la récupération, avec des politiques de conservation spécifiques.

Une réplication maintient une copie identique des données dans un autre système.

La réplication synchrone vise à ce que ces copies soient mises à jour simultanément.

La reprise après sinistre détermine la procédure pour restaurer des applications et services complets en cas de catastrophe.

Stackscale propose des snapshots, géoréplication, ainsi que des services spécifiques de sauvegarde et DR.

Cela montre que une capacité de 10 To peut inclure différents niveaux de protection.

Se limiter au coût du stockage de ces 10 To ne prend pas en compte le coût de leur protection.

Ce qu’une comparaison réellement équivalente doit inclure

Le tableau initial peut servir comme une approximation commerciale, mais ne permet pas de déterminer quelle infrastructure a le coût le plus bas pour faire fonctionner les mêmes applications.

Une comparaison plus complète pourrait ressembler à ceci :

Aspect Ce qu’il faut normaliser
CPU Modèle, génération, cores physiques, threads et allocation de vCPU
RAM Capacité physique et capacité réellement utilisable
Virtualisation Hyperviseur, gestion, clustering et licences
Nœuds Nombre de serveurs et capacité de chacun
Redondance N, N+1 ou autre architecture
Stockage Local, partagé ou distribué
Performance du stockage IOPS, débit et latence
HA Comportement en cas de panne totale d’un nœud
Snapshots Fréquence et conservation
Sauvegarde Tecnologie, capacité, conservation et lieu
Réplication SYNCHRONE ou asynchrone, distance entre copies
DR Procédure et site de récupération
RPO/RTO Perte maximale de données et délai de récupération
Réseau Interfaces, redondance et capacité interne
Internet Débit, trafic inclus
SLA Ce qui est couvert et disponibilité
Support Horaires, périmètre et responsabilités
Contrat Période d’engagement, annulation et obligations
Scalabilité Coût et procédure d’extension

Il devient alors pertinent de demander deux devis.

Par exemple, une entreprise pourrait demander une plateforme avec une capacité CPU utilisable déterminée, 1 TiB de RAM, 10 TiB de stockage, tolérance à la panne d’un nœud, stockage partagé, certains niveaux de IOPS et latence, snapshots, sauvegarde avec conservation spécifique, réplication géographique, RPO et RTO définis, connectivité redondante et support 24/7.

Les deux fournisseurs devront répondre au même cahier des charges.

Le prix final de ces deux propositions sera alors beaucoup plus pertinent que de diviser le coût d’une vCPU par celui d’une autre.

Naranjatec peut être moins cher, mais la comparaison demeure incomplète

Il est important de souligner une distinction.

Remettre en cause la méthodologie de comparaison ne signifie pas forcément que Naranjatec soit plus cher.

Il est même possible que ce soit le contraire.

Pour une entreprise qui privilégie le prix, nécessitant du matériel dédié avec virtualisation et stockage local haute performance, sans besoins spécifiques en stockage centralisé, réplication ou sauvegarde avancée, leur offre pourrait être très compétitive économiquement.

L’erreur serait d’extrapoler automatiquement cette conclusion à tout projet.

Stackscale propose une infrastructure d’entreprise basée sur des nœuds physiques dédiés, combinés à Proxmox VE, stockage centralisé, différents niveaux de service, réseaux haute capacité, haute disponibilité, réplication, et plusieurs sites.

Tout cela implique un coût.

Mais le retirer de la comparaison ne supprime pas son coût : cela revient simplement à comparer des services différents.

Ce point est d’autant plus crucial dans un contexte où les prix du matériel peuvent évoluer rapidement. La mémoire, le stockage, les processeurs et autres composants influencent directement le coût de la construction d’une infrastructure dédiée. Une photographie des prix à un instant donné risque de devenir rapidement obsolète.

Pour un DSI ou un responsable infrastructure, la question essentielle n’est pas de savoir qui vend la vCPU la moins cher.

Elle devrait plutôt porter sur le coût de maintien des applications avec le niveau de performance, de disponibilité, de protection des données et de résilience réellement requis par l’entreprise.

Un prix plus bas par vCPU ne signifie pas nécessairement un coût moindre pour exécuter la même infrastructure.

Questions fréquentes

Peut-on comparer directement le prix par vCPU de deux fournisseurs cloud ?

Seulement si les conditions de base sont suffisamment équivalentes. La qualité des processeurs, l’allocation des ressources, le surengagement, l’architecture physique et le niveau de service peuvent faire que deux vCPUs offrent des capacités différentes.

Le stockage NVMe local ou le stockage en réseau, lequel est meilleur ?

Cela dépend de l’usage. Le stockage NVMe local peut offrir un rapport performance/prix excellent, tandis que le stockage centralisé est plus adapté lorsqu’il faut des données indépendantes du nœud, du stockage partagé, de la haute disponibilité, des snapshots ou de la réplication.

Proxmox VE utilise-t-il KVM ?

Oui. Proxmox VE s’appuie sur KVM pour la virtualisation et ajoute une gestion intégrée comprenant clustering, haute disponibilité, stockage, réseau, migration et administration centralisée.

Comment comparer le coût de deux clouds privés ?

En demandant une architecture équivalente à chaque fournisseur, en précisant CPU, RAM, stockage, redondance, HA, sauvegarde, réplication, réseau, SLA, RPO, RTO, support et durée contractuelle, avant de comparer le coût total.

Sources :

  • Naranjatec, comparatif Une alternative plus économique à Stackscale, et documentation publique du Cloud Privé.
  • Stackscale, documentation de Cloud Privé et nœuds dédiés.
  • Stackscale, documentation sur le stockage en réseau et la géoréplication synchrone.
  • Stackscale, solutions de reprise après sinistre et sauvegarde.
  • Proxmox, documentation officielle de Proxmox Virtual Environment.

Avertissement sur les prix et conditions : Les caractéristiques, tarifs et modalités commerciales des services cloud peuvent évoluer, surtout en période de fluctuation des coûts des composants comme la mémoire, le stockage ou les processeurs. Cet article privilégie une approche architecturale et fonctionnelle, et ne doit pas être considéré comme une cotation commerciale. Pour une comparaison actualisée, il est conseillé de demander des devis aux fournisseurs avec une architecture, capacité, niveau de disponibilité, support et conditions contractuelles identiques.