Skygard accélère la consolidation du centre de données à Oslo : deux acquisitions et un nouveau hub pour les charges d’IA

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Le marché norvégien des centres de données traverse une période de consolidation dont la dynamique ne se limite pas à la croissance du cloud. La pression s’intensifie simultanément sur plusieurs fronts : l’essor de l’intelligence artificielle, le renforcement réglementaire et une préoccupation croissante concernant la résilience et la maîtrise des données. Dans ce contexte, Skygard — la joint-venture pilotée par Telenor, la société énergétique Hafslund et le fonds HitecVision — a franchi une étape majeure qui redéfinit ses ambitions et sa taille dans la région métropolitaine d’Oslo : l’acquisition de deux centres déjà opérationnels et, simultanément, le développement de son nouveau centre OSL1.

Au début de janvier, la société annonçait l’achat de deux centres de données situés dans la région, identifiés comme OSL3 et OSL5, jusque-là détenus par Orange Business Digital Norway. Ce mouvement apporte une capacité immédiate et, surtout, un atout difficile à construire à partir de zéro : des opérations en cours, une expertise technique et une clientèle déjà active. Dans un secteur où la demande croît plus rapidement que la capacité de construction — en raison des enjeux énergétiques, des permis, des délais et de la chaîne d’approvisionnement — « acheter du temps » peut s’avérer aussi précieux que d’acheter des mètres carrés.

Skygard inscrit cette opération dans une stratégie d’échelle : renforcer sa présence dans le Grand Oslo pour répondre à la nouvelle vague de demande, avec une position claire sur une infrastructure « contrôlée en Norvège » et avec des exigences élevées en matière de sécurité et de durabilité. Ce n’est pas un simple détail. Pour de nombreuses entreprises — notamment dans les secteurs sensibles — la question n’est plus seulement « où se trouvent les données », mais « sous quelle juridiction, avec quelles garanties de continuité et quelle capacité de réponse face aux incidents ».

OSL1 : le centre qui aspire à devenir un modèle d’efficacité (et de chauffage urbain)

Le second pilier du projet est OSL1, la réalisation que Skygard envisage comme sa référence emblématique à Oslo. Situé à Hovinbyen/Økern, ce centre est conçu pour supporter des charges de haut niveau de performance, y compris celles liées à l’IA. Sur sa fiche publique, Skygard qualifie OSL1 de site doté d’une capacité IT de 20 MW, avec un objectif de PUE moyen inférieur à 1,2, alimenté par de l’électricité d’origine renouvelable, avec une attention particulière portée à la réutilisation du chaleur résiduelle (jusqu’à 70%) en l’intégrant dans les réseaux de chauffage urbain. La société insiste aussi sur des mesures de résilience physique et opérationnelle, essentielles dans des environnements critiques.

La conversion de l’excès de chaleur thermique en une ressource pour la ville a récemment fait école en Europe du Nord : si le centre de données est une usine de calcul 24/7, son chaleur peut ne plus être un simple déchet. En mars 2024, lors de l’annonce de Skygard et du démarrage des travaux du premier centre à Oslo, la société présentait déjà ce projet comme « le plus efficace possible » et comme un contributeur de chaleur pour le réseau de « district heating ».

Le rôle de Telenor et la dimension “IA” du projet

Telenor ne joue pas seulement le rôle de partenaire ; elle se positionne aussi comme client principal du projet. Cela introduit une dimension stratégique : le centre ne sera pas uniquement neutre en termes de colocation, mais doté d’une infrastructure apte à supporter des services avancés, notamment une « usine d’IA » et des charges intensives. Lors de l’annonce de mars 2024, les promoteurs reliaient ce projet à la nécessité de stockage sécurisé, « en Norvège », face aux enjeux géopolitiques et à la montée de l’IA, tout en soulignant leur volonté de construire une alternative norvégienne dans une industrie très internationalisée.

Le message est clair : la souveraineté numérique ne se résume pas à une idée politique, mais constitue une capacité industrielle. Skygard souhaite ainsi associer trois éléments dans son discours : propriété locale, efficacité énergétique et services prêts pour l’IA. Parier sur une forte intégration de charges IA entraîne également une augmentation des exigences techniques (refroidissement, densité, architecture électrique, continuité) ; c’est la raison pour laquelle la société privilégie les acquisitions pour renforcer ses muscles plutôt que de se limiter à de nouvelles constructions.

Une opération qui témoigne de la puissance et de la dynamique du marché

Le secteur des centres de données devient un jeu d’échelle. Skygard l’a bien compris : la société ne se contente pas d’acheter de la capacité, elle achète aussi de la rapidité. L’acquisition d’OSL3 et OSL5 enrichit son portefeuille d’actifs existants, tandis qu’OSL1 en constitue le point d’emblème. Selon ses propres déclarations, l’ambition va plus loin : le plan en 2024 visait le développement de trois centres dans la région de la capitale, atteignant une capacité combinée de 40 MW une fois pleinement déployés.

En janvier 2026, la communication autour de ces acquisitions a été présentée comme un renforcement pour augmenter la capacité et accélérer la position de Skygard sur un marché où le « time-to-market » commence à devenir un avantage concurrentiel à part entière.


Questions fréquentes

Que signifie qu’un centre de données soit « contrôlé en Norvège » et pourquoi cela a-t-il de l’importance ?
Cela implique principalement une propriété et une gestion par des acteurs norvégiens, offrant un lien plus direct avec les exigences de juridiction, de résilience et de sécurité, notamment pour les organisations qui souhaitent conserver leurs données et opérations dans le pays.

Pourquoi un PUE proche de 1,2 est-il important dans un centre de données ?
Le PUE évalue la quantité d’énergie totale consommée par l’installation par rapport à l’énergie utilisée par la charge informatique. Plus ce ratio est proche de 1,0, plus la consommation énergétique additionnelle (refroidissement, systèmes auxiliaires) est minimale — une caractéristique essentielle, notamment pour les charges IA.

Comment le chauffage urbain peut-il bénéficier de la chaleur d’un centre de données ?
Le chaleur produite par les serveurs et le refroidissement peut être capturée et intégrée dans des réseaux de « district heating », réduisant ainsi le gaspillage thermique et fournissant de l’énergie utile aux bâtiments et quartiers environnants.

Quels sont les avantages d’acheter des centres opérationnels existants plutôt que de construire neuf ?
Cela offre une capacité immédiate, des opérations éprouvées et généralement une clientèle déjà établie. En outre, cela réduit les risques liés aux délais, aux permis et à la chaîne d’approvisionnement — particulièrement en contexte de forte demande aggravée par l’IA.

Source : dn.no et LinkedIn

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