L’avenir de Samsung Foundry dans la course aux processus de semiconducteurs les plus avancés dépendra de sa deuxième génération de 2 nm, connue sous le nom de SF2P. Bien que la société sud-coréenne ait décroché un contrat de plusieurs milliards avec Tesla, elle doit encore relever de grands défis pour stabiliser ses performances de fabrication et rivaliser à armes égales avec TSMC.
Une course contre la montre pour les 2 nm
Le secteur des semiconducteurs vit une étape décisive : alors que TSMC, leader incontesté, progresse avec assurance vers la production massive de puces en 2 nm prévue en 2025, Samsung Electronics s’efforce de consolider sa technologie de transistors GAA (Gate-All-Around).
Après des débuts difficiles avec son procédé de 3 nm, tous les regards se tournent maintenant vers la première et la deuxième génération de leur processus de 2 nm. La première alimentera le prochain Exynos 2600, le nouveau SoC phare de la marque. Toutefois, pour les analystes, le vrai test se présentera avec la seconde version, SF2P, qui devra prouver si Samsung peut atteindre la maturité nécessaire pour s’établir comme un acteur solide dans la fabrication avancée de puces.
Tesla, le contrat clé qui change la donne
En juillet, plusieurs rapports ont confirmé que Samsung a signé un accord de 16,5 milliards de dollars avec Tesla pour la fabrication de la puce AI6, destinée à son système de conduite autonome Full Self-Driving (FSD), ainsi qu’à des applications en robotique et en intelligence artificielle pour centres de données.
Ce contrat représente non seulement une source de revenus stratégique pour Samsung, mais aussi une validation de sa technologie auprès de clients qui, historiquement, faisaient confiance à TSMC pour leurs projets les plus avancés.
Le processus SF2P promet une amélioration de 12 % des performances et une efficacité énergétique supérieure de 25 % par rapport à la première génération de 2 nm, ce qui en fait une option séduisante pour les charges de travail intensives en IA.
La problématique des yields : le talon d’Achille
Mais l’adoption des technologies de pointe ne suffit pas : dans l’industrie des semiconducteurs, le taux de rendement (yield) définit la viabilité réelle d’un procédé. Selon des sources proches du secteur, les yields du SF2P ne sont pas encore stabilisés, ce qui soulève des doutes quant à la capacité de Samsung à respecter ses délais et ses volumes.
Un cadre cité par ZDNet a été catégorique :
« Le processus SF2P déterminera le succès ou l’échec de la position de Samsung dans la fabrication de semiconducteurs de pointe. Bien que les yields ne soient pas encore stabilisés, la poursuite des efforts durant la seconde moitié de cette année devrait permettre d’améliorer la situation. »
Au-delà : le SF2P+ et la troisième génération de 2 nm
Samsung prévoit que la demande pour ses nœuds de 2 nm durera au moins quatre ans. En conséquence, l’entreprise travaille déjà sur une troisième évolution, baptisée SF2P+, qui pourrait entrer en production d’ici deux ans.
Cette stratégie vise à éviter de prendre du retard face à TSMC, qui explore déjà des processus en 1,4 nm, ainsi que de nouveaux concurrents comme Intel Foundry Services et la société japonaise Rapidus, déterminée à regagner du terrain dans la fabrication de puces de pointe.
Une question de prestige et de survie
Au-delà de l’aspect technologique, la compétition autour des 2 nm revêt une dimension de prestige national et industriel. Pour la Corée du Sud, maintenir Samsung à la tête de cette avancée technologique face à Taïwan revêt une importance stratégique dans le contexte géopolitique mondial.
En parvenant à stabiliser le SF2P et à renforcer son écosystème de clients — parmi lesquels figurent déjà des géants comme Apple, AMD, Qualcomm, Broadcom et Intel — Samsung pourrait consolider sa position. À l’inverse, un échec risquerait de la faire apparaître comme un second acteur, limitée à la compétition basée sur le prix et le volume.
Conclusion
Samsung est à la croisée des chemins : le succès de son processus SF2P 2 nm déterminera l’orientation de ses activités de fondeur dans les années à venir. Alors que TSMC maintient une fiabilité quasi incontestée, Samsung doit prouver qu’elle peut non seulement innover, mais aussi assurer stabilité et progression à grande échelle.
Tesla a déjà placé sa confiance dans Samsung, mais le marché scrutera chaque étape de près. Dans les 24 prochains mois, il sera décidé si la société parviendra à s’établir comme un rival de poids ou si elle restera en retrait dans une industrie où chaque nanomètre compte.
Questions fréquentes
1. Qu’est-ce qu’un problème de yield sur un nœud ?
Cela signifie que le pourcentage de puces fonctionnelles par wafer est faible. Si le yield est trop faible, la production devient coûteuse et peu viable.
2. Pourquoi le contrat avec Tesla est-il si important ?
Parce qu’il valide la technologie de Samsung auprès d’un client de haut niveau dans un secteur stratégique : l’intelligence artificielle et la conduite autonome.
3. Quelles sont les différences entre le SF2P et le premier nœud de 2 nm de Samsung ?
Le SF2P promet une augmentation de 12 % en performance et une efficacité énergétique supérieure de 25 % par rapport à la première génération.
4. TSMC reste-t-elle en tête ?
Oui. Même si Samsung progresse, TSMC conserve une avance significative en termes de yields et de confiance client, consolidant sa position de leader mondial de la fonderie avancée.
via : ZDnet