Samsung et SK Hynix revitalisent le NAND avec des SSD pour la vague d’IA

Samsung lance la production de masse de la V-NAND V9 QLC, révolutionnant l'industrie des SSD

La mémoire NAND revient au cœur des préoccupations des grands fabricants sud-coréens. Après plusieurs trimestres où le marché semblait concentré presque exclusivement sur la HBM et la DRAM pour accélérateurs d’Intelligence Artificielle, Samsung Electronics et SK hynix constatent un regain d’intérêt pour le stockage flash, porté par la croissance du marché des SSD professionnels, la hausse des prix de la mémoire et la demande croissante de capacités de haute performance pour les centres de données IA.

La tendance la plus évidente se reflète dans l’évolution du marché et dans leurs stratégies produit. Samsung prévoit ainsi pour le premier trimestre 2026 un bénéfice opérationnel consolidé de 57,2 trillions de won, bien supérieur à l’année précédente, stimulé par la forte demande en puces pour centres de données IA et par la hausse des prix de la mémoire. Bien que la société ne précise pas officiellement la part de cette somme attribuée à la NAND, le contexte sectoriel indique une amélioration claire dans ce domaine. Par ailleurs, les attentes concernant SK hynix ont aussi fortement augmenté avant la publication de ses résultats trimestriels, soutenues par la même dynamique : des prix à la hausse et une offre de mémoire de plus en plus tendue.

Ce changement n’est pas fortuit. TrendForce a averti fin mars que les prix du contrat NAND Flash pourraient grimper entre 70 % et 75 % au deuxième trimestre 2026, avec une capacité de production orientée de plus en plus vers les SSD d’entreprise, tandis que les usages grand public reculent sous la pression des coûts. Reuters rapportait également en mars que la fièvre autour de l’IA, qui tend le marché de la HBM, pourrait entraîner une pénurie de dispositifs de stockage, à mesure que les centres de données requièrent davantage de SSD pour alimenter de nouvelles charges de travail.

Dans ce contexte, Samsung et SK hynix accélèrent une transition qu’elles ont commencée : faire évoluer leur gamme NAND vers des produits à plus forte valeur ajoutée, notamment des SSD d’entreprise et des mémoires QLC de nouvelle génération. En septembre 2024, Samsung annonçait déjà la production de masse de sa NAND V-QLC de neuvième génération, basée sur 286 couches, présentée comme la première QLC de 9e génération dans l’industrie. De son côté, SK hynix a franchi une étape importante cette semaine en débutant l’approvisionnement de son nouveau cSSD PQC21, le premier avec NAND QLC de 321 couches, destiné initialement à Dell Technologies dès avril 2026.

Le QLC s’impose parce que l’IA nécessite à la fois capacité et efficacité

La stratégie autour du QLC est logique dans le contexte actuel. Cette technologie stocke 4 bits par cellule, permettant d’accroître la densité et de réduire le coût par bit, par rapport au TLC. Elle s’avère particulièrement attractive dans les environnements où la capacité et l’efficacité par unité comptent beaucoup, notamment pour les SSD d’entreprise à grande capacité ou certains scénarios de stockage IA. Lors de l’annonce du PQC21, SK hynix souligne précisément cette combinaison comme avantage pour l’ère des PC IA, citant une prévision d’IDC selon laquelle la part de NAND QLC dans le marché mondial des cSSD passerait de 22 % en 2025 à 61 % en 2027.

Pour les centres de données, la pression provient de plusieurs facettes. TrendForce anticipait déjà en 2025 qu’une expansion rapide de l’infrastructure IA pouvait conduire à une pénurie de NAND en 2026, surtout si les SSD haute capacité continuent à gagner du terrain face aux disques durs nearline. La firme évoquait même une transformation structurelle du marché, avec les fournisseurs de services cloud (CSP) et les opérateurs IA recourant à des SSD QLC d’entreprise de grande capacité comme substituts partiels du HDD dans certaines charges.

Cela explique pourquoi Samsung et SK hynix cherchent à maximiser la valeur de leur NAND. Il ne s’agit plus seulement de vendre plus de chips, mais de le faire dans des segments à marges plus élevées. En février, TrendForce mentionnait que les marges de NAND pour Samsung et SK hynix devraient se situer entre 40 % et 50 % au premier semestre 2026, ce qui était impensable il y a peu dans un secteur historiquement plus cyclique et moins rentable que la DRAM.

Le PLC reste en perspective, mais pas pour tout de suite

Le futur débat porte sur la transition potentielle de la QLC vers la PLC, c’est-à-dire des mémoires à 5 bits par cellule. Sur ce sujet, SK hynix semble plus visible publiquement. Lors de l’IEDM 2025, l’entreprise présentait un projet intitulé Mass Producible Multi-Site NAND Flash for Fast, Reliable and Power-Efficient 5-Bits/Cell Operation, destiné à rendre la NAND PLC viable. Cette démarche technique indique une volonté d’ouvrir une voie commerciale, mais cela ne signifie pas que ces produits seront prêts pour le marché de masse à court terme.

En réalité, la logique industrielle actuelle va plutôt dans la direction opposée à une adoption immédiate de la PLC. Dans un marché où l’inférence et les systèmes IA tendent à privilégier la performance soutenue et la vitesse utile plutôt que la densité maximale, le QLC et le TLC restent des options plus réalistes pour de nombreux produits commerciaux. La PLC exige des refontes profondes au niveau des dispositifs, des processus et de la circuiterie, et même si des avancées sont montrées dans des travaux comme ceux de l’IEDM, il reste un écart significatif entre ces recherches et un produit fini de grande échelle.

En résumé, la tendance pour 2026 apparaît claire : Samsung et SK hynix exploitent la pénurie naissante de mémoire pour mieux monétiser leur activité NAND, mais elles le font en privilégiant des segments à forte valeur ajoutée, notamment les SSD d’entreprise et la mémoire QLC de haut niveau. La nouveauté notable n’est pas seulement la reprise de croissance de la NAND, mais la façon dont cette croissance est alimentée par un marché de l’infrastructure IA, qui ne cherche plus simplement du calcul, mais surtout un stockage rapide, dense et énergétiquement efficient.

Questions fréquentes

Pourquoi Samsung et SK hynix renforcent-ils leur activité NAND maintenant ?
Car la demande en SSD d’entreprise pour centres de données IA exerce une pression sur l’offre, faisant grimper les prix et améliorant la rentabilité de ce segment.

Quel rôle joue la mémoire QLC dans cette nouvelle étape du marché ?
Elle permet une capacité accrue par cellule et un meilleur coût par bit, ce qui la rend précieuse pour les SSD de grande capacité et certains usages dans l’IA.

Quels nouveaux produits ont été annoncés par Samsung et SK hynix dans le domaine NAND ?
Samsung a lancé la production en masse de sa NAND V-QLC de neuvième génération, 286 couches, dès 2024, tandis que SK hynix a commencé à fournir son cSSD PQC21 avec NAND QLC de 321 couches dès avril 2026.

La mémoire PLC est-elle imminente pour le marché commercial ?
Ce n’est pas encore pour tout de suite. SK hynix montre des avancées de recherche (notamment lors de l’IEDM 2025), mais le passage de ces travaux à des produits commerciaux massifs reste complexe et à venir à moyen terme.

via : dealsite.co.kr

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