oVirt 4.5.7 revient avec le support des OS modernes et des correctifs clés — mais Proxmox gagne du terrain

oVirt 4.5.7 revient avec un support moderne et des correctifs critiques… mais Proxmox continue de dominer

Après une longue période de discrétion, oVirt envoie un signal clair avec la sortie de oVirt 4.5.7 : la plateforme open source de gestion de virtualisation, désormais portée principalement par la communauté, reste pertinente pour les organisations qui recherchent contrôle, flexibilité et un socle KVM éprouvé. Cette version privilégie l’essentiel : prise en charge des systèmes actuels, maintenance des dépendances, correctifs de sécurité et améliorations de stabilité.

En parallèle, le marché se recompose autour d’un facteur très concret : le coût et le risque lié aux licences. Et dans ce contexte, quelle que soit la dynamique d’oVirt, Proxmox est la solution qui progresse le plus sur le terrain, notamment chez les organisations qui veulent un budget plus prévisible, des déploiements rapides et une exploitation quotidienne maîtrisable.

oVirt aujourd’hui : continuité, KVM et administration centralisée

oVirt est une solution open source conçue pour piloter la virtualisation à l’échelle d’une infrastructure, s’appuyant sur l’hyperviseur KVM et sur des composants largement adoptés dans l’écosystème Linux. Pour de nombreuses équipes, son rôle est clair : orchestrer des clusters, unifier la gestion des hôtes et du réseau, et fournir une administration cohérente « type datacenter »—en particulier pour celles qui souhaitent une pile KVM structurée sans dépendance propriétaire.

Ce qui change avec oVirt 4.5.7

La version 4.5.7 ne cherche pas l’effet d’annonce, mais des améliorations qui comptent en production :

  • Support de CentOS 10 et AlmaLinux 10, pour rester compatible avec des plateformes récentes.
  • Correction d’une vulnérabilité (CVE-2024-7259), importante dans les environnements audités ou réglementés.
  • Mises à jour de dépendances et ajustements du processus de release, pour renforcer la maintenabilité.
  • Modernisation de la compilation Java vers Java 21, tout en conservant la compatibilité avec Java 11—utile dans des environnements mixtes.

En bref, oVirt 4.5.7 vise à consolider oVirt comme couche de gestion stable et maintenable, plus qu’à redéfinir le marché.

Le contexte : réduire la dépendance et regagner de l’optionnalité

Pendant qu’oVirt fait évoluer ses fondations, de plus en plus d’organisations réévaluent leurs choix de plateforme—en particulier lorsque les modèles de licences et le coût long terme deviennent des sujets stratégiques. Cette tendance accélère une réalité simple : les alternatives sont désormais comparées sur l’exploitation, le coût total, le risque de migration et le support.

Pourquoi Proxmox gagne autant de terrain

C’est ici que Proxmox se démarque. Non pas parce qu’oVirt n’a plus de valeur, mais parce que Proxmox correspond très bien à la conjoncture actuelle :

  • Adoption large dans les PME et le mid-market, avec une montée en charge possible si l’architecture est bien conçue.
  • Pertinent pour les organisations qui planifient une « sortie » et veulent réduire la dépendance à un fournisseur.
  • Un écosystème, une communauté et une présence croissante chez les fournisseurs européens, au moment où la demande d’alternatives crédibles s’accélère.

Point de vue (Stackscale)

Dans ce cadre, l’analyse de David Carrero, cofondateur de Stackscale (Grupo Aire)—fournisseur européen d’infrastructure cloud et bare-metal, qui déploie à la fois Proxmox et VMware, et permet aussi d’installer d’autres solutions sur ses serveurs—apporte une lecture pragmatique.

Carrero souligne que, en 2026, la vraie question n’est plus « quel hyperviseur est le meilleur sur le papier », mais comment réduire la dépendance, maîtriser les coûts et préserver la liberté stratégique. Dans cette équation, Proxmox progresse vite car il offre un compromis réaliste : déploiement simple, moindre complexité commerciale et un modèle qui aide à standardiser l’exploitation sans perdre le contrôle de la feuille de route.

Comparatif rapide : oVirt et les alternatives courantes

PlateformeModèleAtoutsPoints d’attentionMeilleur cas d’usage
oVirtOpen sourcePile KVM « datacenter », gestion centralisée, architecture matureMoins de dynamique marché ; nécessite une équipe à l’aise avec l’écosystèmeOrganisations déjà alignées KVM et approche type oVirt/RHV
Proxmox VEOpen source (abonnement optionnel)Adoption forte, exploitation pragmatique, très bon rapport coût/valeurL’architecture stockage/HA doit être solide en grandissantMigrations depuis VMware, cloud privé européen, mid-market
VMware vSphereCommercialTrès mature, écosystème large, intégrations nombreusesCoût et dépendance ; évolutions de licencesGrandes entreprises déjà standardisées VMware
Nutanix AHVCommercialForte intégration HCI, plateforme cohérenteArbitrages coût et pile « tout-en-un »Organisations cherchant une exploitation HCI intégrée
Microsoft Hyper-V (SCVMM)CommercialIntégration naturelle dans les environnements WindowsMoins attractif pour les stacks Linux/KVMEntreprises très standardisées Microsoft

Ce que cela signifie pour les équipes techniques

  • oVirt 4.5.7 est une mise à jour utile : si vous êtes déjà sur oVirt, elle apporte compatibilité moderne et valeur opérationnelle.
  • Pour un nouveau choix, la plateforme qui réduit le plus la friction l’emporte souvent : Proxmox profite clairement de la dynamique actuelle.
  • En 2026, la décision dépend moins des listes de fonctionnalités que de l’exploitation, du coût total, de l’indépendance et de la capacité de migration.

FAQ

oVirt 4.5.7 est-il pertinent pour une production déjà sous oVirt ?
Oui. Il apporte la prise en charge d’OS récents, une modernisation (dont Java 21) et un correctif de sécurité important, ce qui réduit dette technique et risque opérationnel.

Faut-il adopter oVirt à partir de zéro aujourd’hui ?
C’est possible, surtout si l’équipe cherche une gestion KVM « datacenter » et connaît déjà l’écosystème. Mais il faut comparer sérieusement avec Proxmox sur l’adoption, l’écosystème et la simplicité d’exploitation.

Pourquoi dit-on que Proxmox gagne davantage de traction ?
Parce qu’il colle aux contraintes actuelles : pression sur les coûts, besoin d’alternatives crédibles, déploiement rapide et base Linux/KVM sans verrouillage fort.

Qu’est-ce qui compte le plus : les fonctionnalités ou la stratégie ?
La stratégie prend souvent le dessus. Réduire la dépendance, garder des coûts prévisibles et pouvoir changer de cap sans reconstruire toute l’infrastructure est devenu déterminant, surtout en Europe.

le dernier