OpenNebula Systems et IONOS ont validé une architecture conjointe pour déployer des cloud privés, hybrides et distribués sur une infrastructure européenne. La proposition associe la plateforme open source de gestion cloud d’OpenNebula avec des serveurs bare metal d’IONOS, dans le cadre des travaux du IPCEI-CIS, le projet européen visant à développer une infrastructure cloud-edge interopérable et moins dépendante des plateformes propriétaires.
Les clés du partenariat entre OpenNebula et IONOS en 20 secondes
- OpenNebula a certifié une architecture de référence pour exécuter sa plateforme sur des serveurs bare metal d’IONOS.
- Les données peuvent être hébergées dans les centres de données d’IONOS situés au sein de l’Union Européenne.
- La solution prend en charge des clouds privés hébergés, hybrides et distribués.
- Le design vise à réduire la dépendance à un seul fournisseur.
- L’architecture est alignée avec les spécifications du programme européen IPCEI-CIS.
Cette collaboration transforme en offre déployable une partie des efforts qu’OpenNebula et IONOS consacrent depuis longtemps à la souveraineté numérique européenne. Les deux entreprises ont participé à des initiatives liées à IPCEI-CIS et Virt8ra, où divers fournisseurs européens ont expérimenté la fédération de ressources cloud et edge.
Ce qui change aujourd’hui, c’est qu’une organisation peut utiliser une architecture certifiée par OpenNebula sur l’infrastructure d’IONOS comme point de départ pour construire sa propre cloud hébergé, plutôt que de limiter le projet à des environnements expérimentaux de fédération.
OpenNebula sur serveurs bare metal d’IONOS
L’architecture combine deux couches clairement distinctes. IONOS fournit les ressources physiques et OpenNebula offre la plateforme chargée de les gérer comme infrastructure cloud.
OpenNebula peut fonctionner directement sur des serveurs bare metal, permettant d’accéder aux ressources physiques sans ajouter de couche de virtualisation supplémentaire entre la plateforme et le matériel. Cela ne signifie pas que toutes les charges doivent forcément s’exécuter sans virtualisation : OpenNebula gère des machines virtuelles, des conteneurs et Kubernetes.
Ce modèle présenté par l’entreprise espagnole combine le contrôle associé à un serveur dédié avec des fonctionnalités classiques d’une plateforme cloud, telles que l’approvisionnement, la gestion centralisée et la gestion de différents environnements.
La architecture certifiée prévoit également plusieurs modes de déploiement. Une entreprise peut bâtir une cloud privée hébergée chez IONOS, connecter des ressources externes ou développer des configurations hybrides et distribuées.
Cette capacité est essentielle parce que la souveraineté cloud ne dépend pas uniquement du pays où se trouve un centre de données.
D’autres facteurs entrent en jeu, tels que qui contrôle la couche de gestion, la possibilité de déplacer les charges, la législation applicable, l’accès aux données, les technologies utilisées, et le degré de dépendance technique et contractuelle à un fournisseur précis.
Dans la proposition conjointe, les données peuvent rester dans des centres de données d’IONOS situés dans l’Union Européenne, tandis qu’OpenNebula fournit une plateforme européenne et open source pour gérer l’infrastructure.
OpenNebula insiste en outre sur l’absence de dépendance à une plateforme propriétaire spécifique comme un argument-clé de cette architecture. L’utilisation de technologies ouvertes facilite la portabilité, mais ne supprime pas automatiquement tous les coûts ou difficultés liés à une migration : applications, réseaux, stockage, services managés et architectures particulières peuvent continuer à engendrer des dépendances techniques.
Du IPCEI-CIS à une architecture que les entreprises peuvent déployer
Cette collaboration s’inscrit dans un projet européen bien plus large.
En décembre 2023, la Commission européenne a approuvé le Important Project of Common European Interest on Next Generation Cloud Infrastructure and Services (IPCEI-CIS), premier projet d’intérêt commun européen dédié spécifiquement au cloud et à l’edge.
L’objectif est de développer un écosystème européen de traitement de données ouvert, interopérable et capable de fonctionner entre plusieurs fournisseurs, depuis de grands centres de données jusqu’aux infrastructures edge.
La Commission a autorisé jusqu’à 1 200 millions d’euros d’aides publiques, avec une prévision initiale de mobiliser 1 400 millions d’investissement privé. Certaines communications ultérieures du même écosystème IPCEI-CIS rassemblent la financement public et privé associé, portant la somme totale à plus de 3 milliards d’euros. Il convient donc de différencier ces références des montants précis arrêtés dans la décision initiale de la Commission.
OpenNebula participe activement à ces travaux et préside le groupe de facilitation industrielle de l’IPCEI-CIS.
Un de ses projets phares est Virt8ra, une infrastructure cloud-edge fédérée utilisant des technologies européennes, qui a permis de tester la connexion de ressources provenant de différents opérateurs.
Lors de l’une de ses phases, Virt8ra a mobilisé des ressources de cinq fournisseurs européens de services cloud : Arsys, IONOS, OVHcloud, Scaleway et Stackscale. L’environnement fédéré a permis d’étendre dix zones de disponibilité réparties dans huit pays.
L’initiative poursuit précisément l’un des objectifs présents dans l’architecture conjointe avec IONOS : que la couche de gestion puisse se défaire en grande partie du fournisseur qui fournit les ressources physiques.
Ce concept s’accorde également avec la référence d’architecture du IPCEI-CIS, conçue pour établir des bases communes sur lesquelles bâtir des infrastructures cloud et edge fédérées.
La souveraineté cloud européenne cherche des alternatives concrètes
L’Europe tente depuis plusieurs années de réduire ses dépendances technologiques, mais la réflexion sur la souveraineté cloud évolue peu à peu, passant des déclarations politiques aux décisions concrètes sur l’architecture.
Une entreprise peut vouloir garder ses données dans l’UE tout en bénéficiant de virtualisation, Kubernetes, automatisation, gestion centralisée et extension de l’infrastructure à d’autres sites.
La combinaison d’OpenNebula et IONOS vise précisément à répondre à ces attentes, sans construire une plateforme entièrement nouvelle.
IONOS fournit des serveurs dédiés et des centres de données européens. OpenNebula y ajoute une couche commune pour gérer l’infrastructure et les charges. La architecture certifiée cherche à réduire le travail de validation préalable nécessaire à cette combinaison.
IONOS publie déjà une documentation technique pour déployer OpenNebula sur des serveurs Linux. En configurations classiques, une installation utilise un nœud de gestion frontal et plusieurs serveurs exécutant des machines virtuelles via KVM. Pour la production, le design final dépendra des besoins en redondance, stockage, réseaux, sécurité et disponibilité.
Cette nouvelle proposition va au-delà d’une installation basique, en proposant une architecture de référence validée spécifiquement pour combiner ces deux technologies dans un contexte de cloud souverain.
Il ne s’agit pas que d’IONOS et d’OpenNebula aient créé un cloud européen public équivalent aux grands hyperscalers. La proposition s’adresse plutôt à des organisations souhaitant construire ou héberger une infrastructure privée avec un contrôle accru sur la couche technologique et la localisation de leurs données.
Ce point est essentiel : la souveraineté numérique ne se résume pas à remplacer le nom d’un fournisseur américain par un européen. Il faut analyser où se trouvent les données, quel logiciel contrôle l’infrastructure, quelles juridictions s’appliquent, et jusqu’à quel point une organisation peut migrer ses charges si ses besoins changent.
L’architecture certifiée d’OpenNebula sur IONOS offre une nouvelle option sur ce marché, en permettant à une partie des travaux liés à IPCEI-CIS d’être directement utilisables par des entreprises et administrations européennes.
Foire aux questions
Que viennent annoncer OpenNebula et IONOS ?
Les deux entreprises proposent une architecture intégrée et validée combinant OpenNebula avec l’infrastructure bare metal d’IONOS pour déployer des clouds privés, hybrides et distribués en Europe.
Où sont stockées les données ?
Les données peuvent être hébergées dans les centres de données d’IONOS situés dans l’Union Européenne. La gestion de l’infrastructure repose sur la technologie open source d’OpenNebula.
Quel rapport avec IPCEI-CIS ?
L’architecture est en ligne avec les spécifications d’IPCEI-CIS pour des environnements cloud-edge fédérés. OpenNebula et IONOS participent également à d’autres initiatives liées à ce programme européen.
Qu’est-ce que Virt8ra ?
Virt8ra est une initiative pilotée par OpenNebula dans le cadre de l’écosystème IPCEI-CIS, pour développer et valider une infrastructure cloud-edge souveraine, ouverte et multi-fournisseurs utilisant des technologies européennes.