NVIDIA et MediaTek renforcent leur partenariat pour développer conjointement de nouvelles plateformes d’intelligence artificielle couvrant les centres de données, les ordinateurs personnels et l’automobile. L’accord comporte aussi un volet financier conséquent : NVIDIA a investi 3,5 milliards de dollars en obligations convertibles émises par MediaTek, pendant que le fabricant taïwanais intègre NVLink Fusion à son offre de silicium personnalisé pour l’infrastructure IA.

Le partenariat NVIDIA-MediaTek en 30 secondes

Il ne s’agit pas d’une acquisition, ni d’un contrôle direct de NVIDIA sur MediaTek : le véhicule d’investissement retenu est une obligation convertible, une dette qui peut, sous certaines conditions, se transformer en actions. Les conditions précises de conversion, échéances ou prix ne figurent pas dans le communiqué. Ce mouvement prolonge une relation technologique déjà ancienne : MediaTek a participé au GB10 Grace Blackwell Superchip utilisé par DGX Spark, contribue à RTX Spark, et travaille déjà avec des technologies NVIDIA pour l’automobile et les centres de données. Cette coopération s’approfondit maintenant dans un secteur en plein essor : les accélérateurs personnalisés.

MediaTek s’installe dans le modèle d’accélérateurs personnalisés de NVIDIA

L’élément central pour les centres de données s’appelle NVLink Fusion. NVIDIA a lancé cette plateforme pour permettre à des tiers de concevoir des CPU et XPU sur mesure capables de s’intégrer dans son architecture d’infrastructure. Plutôt que d’imposer des processeurs NVIDIA sur chaque composant principal du système, l’entreprise fournit les technologies qui relient des siliciums tiers à son réseau NVLink. NVIDIA pousse d’ailleurs ce modèle au-delà de ses propres partenaires, en invitant même des puces concurrentes à rejoindre NVLink.

MediaTek utilisera désormais NVLink Fusion comme base pour proposer des accélérateurs personnalisés aux hyperscalers, fournisseurs cloud et créateurs de grands modèles IA. Un client pourra apporter son propre design de XPU à MediaTek et ajuster mémoire, connectivité, encapsulation, puissance et performance selon ses besoins. MediaTek apporte son expertise en ASIC et SoC, NVIDIA fournit l’infrastructure qui permet d’intégrer ces processeurs dans des systèmes IA à l’échelle du rack.

L’offre s’appuie sur trois briques. Le chiplet NVLink Fusion relie le XPU personnalisé au réseau NVLink via des interconnexions électriques ou photoniques. NVLink-C2C gère la communication à haut débit entre processeurs à l’intérieur du système, y compris pour les futurs CPU NVIDIA Rosa. NVHBM permet de personnaliser la mémoire à très haut débit selon les besoins de l’accélérateur. L’objectif dépasse la simple conception d’un ASIC IA : transformer cette puce en produit prêt à fabriquer, encapsuler, connecter et déployer dans un rack complet.

Concevoir l’XPU n’est qu’une étape

Les grands fournisseurs cloud multiplient depuis plusieurs années leurs investissements dans leurs propres processeurs. L’intérêt est évident : une GPU généraliste doit gérer des charges très diverses, alors qu’un accélérateur personnalisé se conçoit pour un ensemble précis d’opérations avec des objectifs ciblés de performance, de consommation ou de coût. Mais concevoir l’unité mathématique n’est qu’une partie du défi : un accélérateur moderne demande de la HBM, des interfaces haute vitesse, des SerDes, un encapsulage avancé, des communications inter-chips, des réseaux pour la scalabilité entre nœuds, et une fabrication capable de produire en volume.

MediaTek vise précisément cette couche. Sa division centres de données propose déjà du développement d’ASIC sur mesure et conçoit le rack comme la nouvelle unité d’infrastructure IA, en intégrant à la fois des interconnexions ouvertes comme UALink et UEC, et des technologies propriétaires comme NVLink. Grâce à cet accord, elle obtient une voie plus directe vers l’infrastructure NVIDIA.

DomaineContribution principale
XPU personnaliséConception et adaptation par MediaTek
InterconnexionNVLink Fusion et NVLink-C2C
MémoireIntégration avec NVHBM
EncapsulationDesign multi-die et technologies avancées
ScalabilitéInfrastructure NVLink et architecture MGX
Application finaleSystèmes IA à l’échelle du rack

Pour NVIDIA, l’accord a aussi une dimension stratégique claire : permettre à des processeurs personnalisés d’exister sans perdre pour autant la présence de sa technologie dans leur environnement. Une entreprise peut vouloir développer son propre XPU plutôt que d’acheter uniquement des GPU NVIDIA, tout en continuant à utiliser NVLink, la mémoire, les CPU, les commutateurs et l’architecture de racks maison. NVLink Fusion transforme ainsi la personnalisation du silicium en extension de l’écosystème NVIDIA, plutôt qu’en alternative à ses GPU.

De DGX Spark à plusieurs générations de RTX Spark

Le second volet de l’accord concerne le PC et les stations de travail. MediaTek a déjà participé au développement du GB10 Grace Blackwell Superchip de DGX Spark, qui combine CPU Grace et GPU Blackwell via NVLink-C2C pour les développeurs voulant exécuter des modèles IA en local. Le partenariat s’est ensuite étendu à RTX Spark, présenté en juin 2026 pour une nouvelle génération d’ordinateurs Windows 11 orientés IA locale, agents, création de contenus et jeu vidéo. Les deux sociétés confirment que cette collaboration se poursuivra sur plusieurs générations, un détail qui compte : ça transforme la coopération en partenariat de long terme, bien au-delà du développement d’un seul processeur.

MediaTek apporte son expertise en CPU, connectivité et SoC à faible consommation, un domaine où elle travaille depuis des années pour les smartphones. NVIDIA apporte ses GPU, ses technologies RTX et sa plateforme logicielle IA. Cette complémentarité permet à NVIDIA d’investir des segments où l’efficacité énergétique, l’intégration et l’autonomie comptent autant que la puissance brute, et élargit du même coup l’activité de MediaTek au-delà des processeurs mobiles traditionnels.

NVIDIA et MediaTek poursuivent leur collaboration dans l’automobile

Le troisième volet touche le secteur automobile. MediaTek intègre des technologies NVIDIA dans sa famille Dimensity Auto, destinée aux véhicules définis par logiciel et aux systèmes intelligents de cabine, des plateformes qui peuvent aussi s’associer à NVIDIA DRIVE AGX pour répartir les différentes fonctions informatiques du véhicule. Les deux entreprises ont confirmé qu’elles développeront conjointement plusieurs générations futures, sans donner de détails sur les spécifications, échéances ou constructeurs partenaires à ce stade. MediaTek avait déjà annoncé en juin une collaboration avec Foxconn pour utiliser sa plateforme Dimensity AX C-X1, intégrant des technologies GPU et IA de NVIDIA dans des solutions automobiles. L’intérêt commun dépasse le simple système multimédia : les véhicules modernes intègrent de plus en plus de traitement local pour l’assistance, la reconnaissance vocale, les interfaces graphiques, la vision et d’autres fonctions IA.

Ce que changent vraiment les 3,5 milliards

L’investissement de NVIDIA distingue probablement le plus cette annonce des accords précédents entre les deux acteurs. 3,5 milliards de dollars en obligations convertibles représentent un engagement financier significatif, mais il faut distinguer ce fait de ses conséquences potentielles à l’avenir : NVIDIA et MediaTek n’ont annoncé aucune acquisition ni précisé le pourcentage de contrôle que NVIDIA pourrait obtenir en cas de conversion. Les conditions financières complètes n’ont pas été rendues publiques.

Ce qui est certain, c’est l’investissement réalisé et l’extension simultanée de la coopération technologique. Pour MediaTek, l’accord renforce son entrée sur un marché à plus forte valeur ajoutée que les puces grand public traditionnelles, celui du silicium personnalisé pour l’IA en centre de données. Pour NVIDIA, il s’agit de consolider sa relation avec une société capable de développer CPU, SoC et XPU sur mesure pour des clients qui veulent sortir du cadre des composants standard, une logique proche de l’alliance nouée plus tôt avec Marvell autour de 2 milliards de dollars.

Le centre de données IA cesse peu à peu d’être conçu comme une simple collection de serveurs séparés. Le rack complet devient une unité d’ingénierie où processeurs, mémoire, réseaux, refroidissement et consommation se planifient ensemble. NVLink Fusion répond à cette évolution : NVIDIA autorise la personnalisation de certains composants par ses clients, tout en gardant une architecture commune de connectivité, de mémoire et de scalabilité autour de ces choix, et MediaTek apporte sa capacité à transformer ces besoins en silicium concret. L’alliance couvre aussi bien le très haut de gamme que les petits ordinateurs qui exécutent des modèles en local, sans oublier les véhicules, ce qui explique mieux l’envergure de cet accord que la seule injection financière : NVIDIA et MediaTek construisent une relation qui va du silicium personnalisé pour centres de données à la puce de PC ou de voiture, sur plusieurs générations de produits dans chaque segment.

Questions fréquentes

Combien NVIDIA a-t-elle investi dans MediaTek ?

NVIDIA a investi 3,5 milliards de dollars en obligations convertibles émises par MediaTek. Les conditions complètes de conversion n’ont pas été publiées.

NVIDIA a-t-elle acheté MediaTek ?

Non. L’accord porte sur un investissement via obligations convertibles et une extension du partenariat technologique. Aucune acquisition n’a été annoncée.

Qu’est-ce que NVLink Fusion ?

Une plateforme qui permet d’intégrer des CPU et XPU personnalisés de tiers dans des systèmes IA connectés par NVLink. MediaTek l’utilisera comme base pour développer des accélérateurs sur mesure pour ses clients.

Quels produits NVIDIA et MediaTek développent-ils ensemble ?

La collaboration couvre l’infrastructure IA et les XPU sur mesure, plusieurs générations de RTX Spark et DGX Spark, ainsi que des plateformes Dimensity Auto pour véhicules définis par logiciel.

Source : nvidianews.nvidia