L’entreprise britannique Nscale a signé un accord définitif pour l’acquisition d’Anyscale, la créatrice de la plateforme commerciale basée sur Ray, dans le but de proposer une infrastructure d’intelligence artificielle couvrant depuis les centres de données et GPU jusqu’à l’entraînement, l’inférence et le déploiement d’agents. Nscale n’a pas révélé le prix, bien que certains médias financiers estiment la transaction autour de 1 650 millions de dollars.
Les points clés de l’achat d’Anyscale en 30 secondes
- Nscale intégrera la plateforme d’Anyscale pour exécuter des charges d’IA distribuées sur des milliers de GPU.
- Le prix officiel n’a pas été divulgué, mais l’opération serait estimée à environ 1 650 millions de dollars.
- Anyscale conservera sa marque, ses clients et la possibilité de travailler avec des infrastructures de différents fournisseurs.
- Ses environ 200 employés seront intégrés à Nscale.
- Ray continuera en tant que projet open source sous la PyTorch Foundation.
L’opération reste soumise aux autorisations réglementaires et à d’autres conditions habituelles. Les deux sociétés espèrent la finaliser durant la seconde moitié de 2026. D’ici là, elles continueront à fonctionner comme des entités indépendantes.
Cette acquisition s’inscrit dans une tendance claire sur le marché des infrastructures pour l’intelligence artificielle. Louer des serveurs avec GPU ne suffit plus pour se différencier. Les fournisseurs cherchent aussi à maîtriser le logiciel qui répartit le travail, prépare les données, entraîne les modèles et maintient les applications en production.
Nscale veut cesser de vendre uniquement des capacités GPU
Nscale se présente comme une plateforme cloud d’IA intégrée verticalement. Son activité combine centres de données, accès à l’énergie, systèmes avec accélérateurs et services pour exécuter des charges d’entraînement et d’inférence.
L’acquisition d’Anyscale ajoute une couche logicielle qui se positionne au-dessus de cette infrastructure physique. Sa plateforme permet de distribuer des applications Python et des tâches d’intelligence artificielle entre différentes machines, clusters et GPU sans obliger les équipes à gérer chaque ressource individuellement.
Cette combinaison permet à Nscale de viser autre chose qu’une simple location d’heures de calcul. La société souhaite offrir un environnement complet où un client peut traiter des données, entraîner ou ajuster un modèle, le déployer pour l’inférence et exécuter des agents d’IA sans changer de plateforme.
Cette différence est significative sur un marché où plusieurs fournisseurs peuvent acheter les mêmes accélérateurs Nvidia. Le matériel reste rare et coûteux, mais disposer de GPU ne garantit pas une utilisation efficace par les clients. Il faut un logiciel pour répartir les tâches, récupérer des ressources en cas d’erreurs, faire évoluer les applications et coordonner des milliers de processus.
Nscale était estimée à 14,6 milliards de dollars après avoir annoncé en mars 2026 une levée de fonds Serie C de 2 milliards. La société a également recours à diverses méthodes de financement pour déployer des clusters en Europe et renforcer sa capacité internationale.
L’intégration d’Anyscale augmente la complexité de cette expansion. Nscale devra développer ses centres de données, sécuriser l’approvisionnement en énergie et en puces, gérer de grands contrats, tout en intégrant une entreprise de logiciels née aux États-Unis avec une communauté technique propre.
Ce que apporte Anyscale et pourquoi Ray est si précieux
Anyscale a été fondée par plusieurs des créateurs de Ray, un framework open source pour distribuer des applications Python et des charges d’IA.
Ray permet à un programme de passer d’une exécution sur un seul ordinateur à une distribution sur des centaines ou milliers de processeurs, sans que les développeurs aient à construire toute la logique de calcul distribué desde zéro. Sur cette base, on peut réaliser des processus de préparation de données, entraînement, apprentissage par renforcement, inférence et simulation.
La plateforme commerciale d’Anyscale ajoute des services gérés, des outils d’administration, d’observabilité et d’automatisation autour de Ray. Parmi ses clients figurent des entreprises comme Coinbase, Runway et Bedrock Robotics, selon les informations communiquées par la société.
Nscale obtient ainsi un accès à une technologie stratégique du secteur. Anyscale ne fabrique pas de puces ni n’émet des centres de données, mais son logiciel décide comment utiliser les ressources disponibles et comment faire évoluer une application entre elles.
L’achat suit une logique d’intégration verticale. Nscale fournit la capacité physique et Anyscale l’aide à la transformer en une plateforme que les équipes de développement peuvent exploiter sans gérer directement chaque serveur.
Pour ses clients, la promesse est de simplifier des projets qui dépendent aujourd’hui de plusieurs fournisseurs : un pour stocker et préparer les données, un autre pour louer les GPU, plusieurs outils open source, ainsi qu’une couche interne pour maintenir les modèles en production.
Anyscale conservera sa marque et pourra utiliser d’autres clouds
Nscale a indiqué qu’Anyscale continuera à opérer sous sa propre marque et à fournir des services à ses clients actuels. Elle conservera également la possibilité d’exécuter des charges sur des infrastructures de différents fournisseurs.
Ce dernier point est important car une partie de la valeur d’Anyscale réside dans le fait que son logiciel n’est pas lié à une seule plateforme cloud. Une entreprise peut utiliser Ray et la plateforme d’Anyscale sur plusieurs environnements, y compris ses propres centres de données.
Avec le temps, ces clients auront une option supplémentaire : exécuter la couche d’Anyscale sur l’infrastructure de Nscale. La société acquéreuse espère que cette intégration facilitera la vente conjointe de capacité physique et de services gérés.
Les environ 200 employés d’Anyscale, répartis entre États-Unis, Europe et Inde, rejoindront Nscale une fois l’acquisition finalisée. Les deux entreprises n’ont pas annoncé de suppressions ou de changements immédiats dans leur gouvernance.
Anyscale ne disparaît pas en tant que produit indépendant. Du moins, lors de la première étape, Nscale semble désireuse de préserver son identité, sa clientèle et ses liens avec la communauté des développeurs.
Ray restera en open source sous la PyTorch Foundation
Une des principales inconnues concerne l’avenir de Ray.
Anyscale a transféré le projet à la PyTorch Foundation en 2025. Cette organisation fait partie de la Linux Foundation et héberge également d’autres projets liés à l’infrastructure en IA, tels que PyTorch, vLLM et DeepSpeed.
Cela signifie que Nscale n’acquiert pas le contrôle exclusif du code open source Ray. Le projet continue à être gouverné par une communauté et peut être utilisé par les développeurs et entreprises sur d’autres infrastructures.
Nscale a annoncé qu’il rejoindra la PyTorch Foundation et qu’il soutiendra la continuité du projet. Cette structure réduit le risque que Ray devienne rapidement une technologie fermée ou liée exclusivement aux centres de données du nouvel acquéreur.
Cependant, la licence ouverte n’élimine pas tous les doutes. La société employant une partie importante des principaux développeurs peut influencer les priorités techniques, les optimisations et le rythme d’évolution du projet.
Nscale a donc un intérêt évident à ce que Ray fonctionne particulièrement bien sur sa propre infrastructure. Cette collaboration peut améliorer les performances pour ses clients, mais la communauté devra surveiller que la portabilité entre fournisseurs reste une priorité.
Le prix de 1.650 millions n’est pas confirmé officiellement par les entreprises
Le communiqué de Nscale ne comprend pas les détails financiers. Le chiffre de 1 650 millions de dollars provient d’informations publiées par Bloomberg et repris par d’autres médias, citant une personne proche de l’opération. Nscale a refusé de communiquer le montant exact.
Il convient donc de considérer ce prix comme une évaluation basée sur des sources proches de l’accord, et non comme une donnée confirmée par l’acheteur ou le vendeur.
Anyscale avait levé plus de 60 millions de dollars après sa série B en 2020, puis a étendu son financement par le biais de nouvelles levées. Sa valorisation ne dépend pas uniquement de ses revenus, mais aussi de son équipe, de ses clients et de sa position autour de Ray.
Pour Nscale, payer une somme de cette ampleur représente un pari sur le fait que la couche logicielle pourra augmenter les revenus par GPU installé. Plutôt que de se battre uniquement par prix, disponibilité ou localisation des centres de données, elle pourra offrir une plateforme complète et facturer des services à plus forte valeur ajoutée.
Le succès dépendra de sa capacité à intégrer ces deux activités sans compromettre la neutralité qui a favorisé l’adoption de Ray. Elle devra également démontrer qu’une demande d’entreprises suffisamment forte justifie une infrastructure mêlant investissements lourdement capitalistiques et développement continu d’une plateforme logicielle.
Cette acquisition illustre l’évolution de la concurrence entre ce que l’on nomme les néo-clouds. La prochaine bataille ne concerne pas uniquement la quantité de GPU déployés, mais aussi qui contrôle le logiciel qui décide de leur utilisation.
Questions fréquentes
Combien Nscale versera-t-elle pour Anyscale ?
Nscale n’a pas publié de détails financiers. Bloomberg et d’autres médias estiment le prix à environ 1 650 millions de dollars, mais cela reste non confirmé officiellement.
Qu’est-ce qu’Anyscale ?
Anyscale développe une plateforme pour exécuter et faire évoluer des charges d’IA distribuées. La société a été créée par les développeurs de Ray, l’un des frameworks open source les plus utilisés pour faire évoluer des applications Python et IA.
Ray deviendra-t-il la propriété exclusive de Nscale ?
Non. Ray est un projet open source hébergé par la PyTorch Foundation. L’acquisition concerne Anyscale et sa plateforme commerciale, mais le cadre open source conserve une gouvernance indépendante.
Quand l’acquisition sera-t-elle finalisée ?
Les sociétés espèrent conclure l’opération durant la seconde moitié de 2026, après avoir obtenu les autorisations réglementaires nécessaires et rempli les autres conditions du accord.