L’entreprise néerlandaise Nebul renforce son offre d’infrastructure souveraine pour l’intelligence artificielle avec un modèle qui couvre l’accès direct aux GPU, la formation, l’ajustement de modèles et l’inférence. La plateforme fonctionne depuis des centres de données européens et est un partenaire élite NVIDIA, avec une infrastructure basée sur des accélérateurs tels que H200, B200 et les nouveaux B300. Selon elle, les charges intensives d’IA nécessitent une architecture différente de celle du cloud généraliste.

Les clés de l’engagement de Nebul en 30 secondes

  • Nebul est une entreprise néerlandaise spécialisée dans l’infrastructure cloud pour l’IA et la computation accélérée.
  • Sa plateforme permet de louer des GPU et des clusters dédiés jusqu’à la formation, le fine-tuning et l’inférence gérée.
  • Elle opère des centres de données en Europe et met en avant la souveraineté européenne comme pilier de sa proposition.
  • Partenaire NVIDIA élite, elle travaille avec les architectures Hopper et Blackwell.
  • L’entreprise souhaite se différencier du cloud généraliste par une infrastructure conçue spécifiquement pour des charges continues d’IA.

La proposition répond à un problème émergent à mesure que les projets d’intelligence artificielle quittent la phase expérimentale. Une application effectuant quelques appels API à un modèle a des besoins très différents d’une entreprise entraînant des modèles, maintenant des agents en fonctionnement continu ou servant une inférence à des milliers d’utilisateurs.

Dans ce second scénario, GPU, mémoire, stockage et réseau ne sont plus des ressources indépendantes. La performance dépend du fonctionnement global et, surtout, du maintien de l’activité des accélérateurs le plus longtemps possible.

De la location d’une seule GPU à une plateforme complète d’IA

Nebul structure son offre en différentes couches afin que les entreprises n’aient pas nécessairement à souscrire toute la plateforme.

En bas de l’échelle se trouve l’infrastructure accélérée. La société offre un accès à des GPU et clusters dédiés à la formation, l’ajustement et l’inférence, en plus des CPU, du stockage et des services cloud classiques.

Pour les organisations souhaitant travailler directement sur le matériel, ce niveau permet de déployer des charges de travail sur une infrastructure NVIDIA sans obligatoirement utiliser tous les services supérieurs du fournisseur.

Au-dessus, on trouve sa solution appelée European NeoCloud, intégrant des services de calcul, Kubernetes, bases de données, stockage et outils pour développeurs.

La couche suivante est directement orientée vers les modèles. Son AI Engine propose la formation, le fine-tuning, l’inférence dédiée et des services d’inférence à la demande. Enfin, AI Studio ajoute des fonctionnalités liées à la personnalisation, à l’observabilité, à la récupération d’informations d’entreprise via RAG (Retrieval-Augmented Generation), à la sécurité et aux contrôles sur les modèles.

Selon la société, la différence par rapport à un cloud traditionnel réside dans la conception, dès le départ, d’une infrastructure pensée pour des charges GPU soutenues.

Nebul affirme que ses clusters suivent des architectures de référence NVIDIA pour offrir une performance prévisible lors de charges continues, contrairement à des modèles d’infrastructure partagée dont la performance peut dépendre largement de la disponibilité des ressources. Il s’agit d’une déclaration commerciale et l’avantage concret dépendra de la charge de travail et de l’alternative comparée.

Le matériel proposé inclut différentes générations de NVIDIA.

En avril 2025, Nebul a déployé un super-cluster basé sur Supermicro HGX B200, présenté comme le plus grand de ce type dans la région Benelux. Les systèmes utilisent des GPU Blackwell B200, NVLink 5.0 et NVIDIA BlueField-3. La société propose également des H200 et H100 basés sur Hopper, ainsi que des L40S et L4 pour d’autres charges accélérées.

Son catalogue inclut aussi actuellement des systèmes NVIDIA B300 NVL8 refroidés par liquide, destinés aux charges d’IA nécessitant une grande mémoire et puissance de calcul.

La souveraineté européenne va au-delà de l’hébergement des données en Europe

Le second élément par lequel Nebul souhaite différencier son offre est la souveraineté.

Garder physiquement les données dans l’Union européenne n’est qu’une partie du problème. Il est également crucial de savoir qui contrôle l’entreprise fournissant le service et sous quelle juridiction elle opère.

Nebul se présente comme une société fondée et financée en Europe, avec des centres de données européens et une plateforme développée et opérée dans le continent. La société affirme aussi ne pas dépendre des hyper-géants américains pour fournir son infrastructure souveraine.

Cette approche vise notamment les administrations publiques, entreprises régulées et organisations manipulant de la propriété intellectuelle ou des données sensibles.

Le souci ne réside pas uniquement dans l’emplacement du serveur.

Une entreprise européenne peut héberger ses données dans un centre en UE tout en souscrivant un service à un fournisseur dont la société mère est située sous une autre juridiction. Cette différence prend de l’importance dans le débat européen sur la souveraineté numérique.

Nebul utilise cet argument pour présenter sa plateforme comme une alternative aux grands fournisseurs américains. Elle garantit que son infrastructure est conçue en conformité avec le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), le Règlement européen sur l’Intelligence Artificielle et d’autres cadres européens. Toutefois, la conformité concrète dépend aussi de la façon dont chaque client configure et utilise le service.

La souveraineté ne signifie pas nécessairement développer tous les composants technologiques en Europe.

Il s’agit là d’un point important. L’infrastructure de Nebul utilise largement la technologie NVIDIA, une entreprise américaine. Sa proposition de souveraineté se concentre principalement sur la propriété et l’exploitation du fournisseur cloud, la localisation de l’infrastructure, le traitement des données et le contrôle conservé par le client sur ses modèles et ses informations.

Nebul est partenaire NVIDIA Elite, partenaire DGX Cloud et fournisseur de solutions DGX.

Il s’agit donc d’une souveraineté portant sur l’infrastructure et les données, plutôt que sur une chaîne technologique entièrement européenne, depuis le semi-conducteur jusqu’à l’application.

L’inférence devient le prochain défi infrastructurel

La stratégie de Nebul reflète aussi un changement dans le marché de l’intelligence artificielle.

L’entraînement de grands modèles fut initialement la tâche principale. Mais à mesure que ces modèles entrent en production, l’inférence prend une importance croissante dans l’utilisation totale des infrastructures.

Chaque question envoyée à un assistant, chaque document traité ou tâche réalisée par un agent nécessite de faire à nouveau tourner le modèle.

Lorsque ce processus est répété des millions de fois, de petites différences dans l’utilisation de GPU, mémoire ou stockage peuvent avoir d’importantes implications sur le coût par token.

Nebul travaille précisément dans ce domaine en collaboration avec DDN et NVIDIA. En juillet, les trois entreprises ont annoncé une collaboration pour accélérer le KV cache, une mémoire utilisée durant l’inférence pour conserver les informations générées préalablement par le modèle et éviter certains calculs répétitifs.

L’objectif est d’augmenter l’utilisation effective des GPU, de réduire le délai jusqu’à la génération du premier token et de diminuer le coût d’inférence.

Cela illustre pourquoi exécuter de l’IA à grande échelle requiert aujourd’hui plus que de simples accélérateurs.

Un cluster peut incorporer des GPU très puissants, mais leur efficacité peut être compromise si les processeurs attendent des données provenant du stockage, de la mémoire ou du réseau.

C’est pourquoi les fournisseurs spécialisés tentent de se différencier en proposant une architecture complète et optimisée.

Nebul synthétise cette stratégie en permettant à ses clients de choisir leur mode d’entrée : infrastructure GPU pour une gestion directe des charges, services cloud et Kubernetes pour construire des plateformes, ou outils avancés pour déployer et personnaliser des modèles.

Elle propose également des modèles open source et laisse la possibilité aux clients d’utiliser leurs propres modèles. La plateforme couvre la formation, l’ajustement et le déploiement tout en conservant un contrôle total sur les modèles et les données.

Ce type d’offre contribue à étendre le marché européen de l’infrastructure IA, au-delà des hyper-géants.

Cela ne signifie pas pour autant que le cloud généraliste ne reste pas pertinent : AWS, Microsoft Azure, Google Cloud et d’autres offrent aussi de larges solutions GPU et des infrastructures dédiées à l’IA. Leur envergure mondiale, leur catalogue de services et leur disponibilité locale demeurent des avantages clés.

La vraie différence réside dans le modèle que des entreprises comme Nebul cherchent à proposer : une infrastructure spécialisée, opérée en Europe, avec différents niveaux de contrôle pour permettre à une organisation de décider jusqu’où elle souhaite gérer elle-même ses ressources.

Alors que l’IA passe de projets pilotes à des charges permanentes, ce choix devient une décision d’architecture. Il ne s’agit plus seulement de trouver une GPU disponible, mais de décider où les modèles seront exécutés, qui gérera l’infrastructure, sous quelle juridiction se trouvent les données, et combien de contrôle l’entreprise souhaite conserver sur sa propre technologie.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que Nebul ?

Nebul est une entreprise néerlandaise spécialisée dans l’infrastructure cloud et les plateformes privées pour l’intelligence artificielle. Elle propose des GPU, clusters, services cloud, formation, fine-tuning et inférence, le tout basé en Europe.

Quelle GPU propose Nebul pour l’IA ?

Sa offre inclut différentes générations de NVIDIA, notamment H100, H200, B200 et B300, ainsi que des accélérateurs comme L40S et L4 pour d’autres types de charges.

Nebul est-elle un fournisseur européen de cloud souverain ?

L’entreprise est fondée et opérée en Europe et affirme utiliser exclusivement des centres de données européens pour sa plateforme souveraine. Son infrastructure intègre notamment des accélérateurs NVIDIA, donc la souveraineté concerne principalement la propriété, l’exploitation, la juridiction, les données et le contrôle de la plateforme.

À quoi sert un cloud spécialisé en IA ?

Il permet d’exécuter la formation et l’inférence sur une infrastructure conçue spécifiquement pour des charges GPU. Il peut également fournir des outils pour Kubernetes, le déploiement de modèles, l’observabilité, RAG, le réglage fin de modèles et la gestion d’agents IA, sans que l’entreprise ait à construire toute la plateforme elle-même.