L’écosystème de licensing en nuage de Microsoft évolue à nouveau, cette fois avec une date clé pour les distributeurs, partenaires et équipes d’achats : le 1er avril 2026. À partir de cette date, la société supprimera le période de grâce gratuite qui permettait jusqu’ici de maintenir l’accès temporaire aux services lorsque qu’une abonnement arrivait à expiration sans renouvellement, et la remplacera par un nouveau modèle appelé Extended Service Term (EST) : une extension payante permettant de continuer à opérer sans interruption.
Ce changement concerne le fonctionnement quotidien de milliers de clients utilisant le programme Microsoft Cloud Solution Provider (CSP), notamment dans des scénarios courants : renouvellements retardés par des démarches internes, approbations de budgets par retard, ou abonnements avec auto-renouvellement désactivé “pour contrôle” et qui expirent sans que personne ne détecte le problème à temps. Jusqu’à présent, le système offrait une marge de manœuvre sans coût ; à partir d’avril 2026, cette marge aura un prix.
De « expiré avec accès » à trois options : renouveler, couper ou payer
Le nouveau schéma modifie le comportement par défaut. Lorsqu’un abonnement arrive à échéance, clients et partenaires devront faire un choix clair :
- Renouveler pour une nouvelle période, en conservant le service comme d’habitude.
- Annuler à la fin de la période, ce qui implique une perte immédiate d’accès à l’expiration.
- Entrer dans l’EST, une extension mensuelle payante qui maintient le service actif pendant que la décision est prise.
En pratique, Microsoft cherche à réduire la zone grise où une abonnement non renouvelé continuait à fonctionner “pendant un certain temps” sans frais. Ce “temps” était utile pour de nombreuses organisations, mais constituait aussi une source de friction : consommation du service sans renouvellement formel, processus internes décalés, facturation souvent tardive. Dorénavant, tout cela aura un coût.
Qu’est-ce que précisément l’Extended Service Term et quel en est le coût ?
L’EST se présente comme une extension flexible pour éviter la coupure du service suite à un simple retard administratif. Cependant, il comporte deux implications majeures :
- Facturation mensuelle, « mois par mois », tant que l’extension est active.
- Un supplément de coût : la tarification mensuelle en vigueur plus 3 %, pouvant atteindre 23 % dans certains cas si aucune offre mensuelle standard n’est disponible pour ce produit ou plan.
De plus, durant la période EST, des limitations opérationnelles seront probablement appliquées, principalement pour assurer la stabilité : l’objectif n’est pas de reconfigurer la souscription, mais de la maintenir en vie en attendant la renewal ou la résiliation définitive.
Tableau 1. Évolutions CSP à partir du 1er avril 2026
| Situation à l’expiration | Jusqu’à présent | Depuis le 1er avril 2026 |
|---|---|---|
| Abonnement non renouvelé | Période de grâce gratuite (accès temporaire) | Pas de période gratuite : renouveler, annuler ou entrer en EST |
| Risque pour le client | Interruption si la fenêtre est dépassée | Frais supplémentaires si actif en EST ou coupure immédiate si annulé | Impact pour le partenaire | Moins de pression opérationnelle | Plus de contrôle et plus de pression pour éviter des coûts imprévus |
Tableau 2. Coût indicatif de l’EST (selon la documentation du Partner Center)
| Cas | Règle tarifaire |
|---|---|
| Existe un plan mensuel standard | Tarif mensuel + 3 % |
| Pas de plan mensuel standard | Tarif équivalent avec supplément pouvant aller jusqu’à 23 % |
Qui est concerné : trois conditions déclenchant le changement
Ce n’est pas applicable à toutes les abonnements historiques sans exception. Le modèle repose sur un ensemble de conditions qui, si elles sont remplies simultanément, enclenchent le passage à l’EST au moment de l’expiration :
Tableau 3. Abonnements impactés par le changement (CSP)
| Condition | Requis |
|---|---|
| Achats ou renouvellements | Effectués à partir du 1er avril 2025 |
| Date d’expiration | À partir du 1er avril 2026 |
| Auto-renouvellement | Désactivé |
Ce point est crucial pour les organisations disposant d’un portefeuille important : elles auront à gérer à la fois des abonnements “anciens” selon les anciennes règles, et des abonnements “nouveaux” intégrant déjà la logique de l’EST. Pour éviter les mauvaises surprises, il est indispensable de réaliser un inventaire précis et une mise à jour des renouvellements.
Un changement d’habitudes : achats, IT et partenaires devront collaborer étroitement
Bien que présenté comme une amélioration en termes de “ contrôle et de prévisibilité ”, cette mesure a un effet direct : le coût de la désorganisation est transféré au client. Là où auparavant un délai gratuit permettait de gérer les petites frictions internes, il faudra désormais prévoir un budget pour les extensions payantes.
Cela impacte particulièrement les secteurs aux cycles d’approbation longs — administration, éducation, grandes entreprises avec processus centralisés — ainsi que celles ayant adopté une politique conservatrice, comme désactiver l’auto-renouvellement pour mieux contrôler le budget. Ce dernier changement impose une discipline accrue : si le délai d’auto-renouvellement est coupé, il faudra anticiper le renouvellement ou accepter le risque de passer en EST.
Les partenaires et distributeurs devront également renforcer leurs alertes et procédures, car un client qui “néglige” la procédure pourrait non seulement subir une coupure, mais aussi payer un supplément inattendu, ce qui peut entraîner des frictions commerciales.
Ce que les entreprises doivent commencer à vérifier dès maintenant
Avec le calendrier en main, la stratégie recommandée est moins technologique et plus de gouvernance interne :
- Vérifier quelles abonnements ont l’auto-renouvellement désactivé et leur date d’expiration.
- Mettre en place des rappels internes (60/90 jours) pour les renouvellements et approbations.
- Définir une politique claire : soit renouveler avec marge, soit annuler à la fin de la période si le renouvellement n’est pas souhaité.
- Aligner achats et IT pour que la gestion des licences ne dépende pas d’un “délai de grâce” improvisé.
Le principe est simple : avec l’EST, “procrastiner” ne sera plus neutre en coûts.
Questions fréquentes
Que signifie la suppression de la période de grâce pour Microsoft CSP en 2026 ?
Que tout abonnement arrivant à expiration sans renouvellement ne bénéficiera plus d’un accès gratuit temporaire : il faut soit renouveler, soit annuler pour une coupure immédiate, soit opter pour une période étendue payante (EST).
Qu’est-ce que l’Extended Service Term (EST) et comment est-il facturé ?
C’est une extension mensuelle payante qui maintient le service actif après l’expiration. La facturation se fait à la tarif mensuel en vigueur, augmentée de 3 %, pouvant aller jusqu’à 23 % dans certains cas où aucun plan standard mensuel n’est disponible.
Comment éviter des frais inattendus liés à l’EST pour des abonnements Microsoft 365 ou Dynamics sous CSP ?
La méthode la plus simple est de renouveler avant la date limite ou, si la poursuite n’est pas souhaitée, de configurer la résiliation en fin de contrat. Désactiver l’auto-renouvellement impose une gestion rigoureuse des renouvellements.
Quels sont les abonnements concernés par ce changement à partir du 1er avril 2026 ?
Ceux qui remplissent trois conditions : achetés ou renouvelés depuis le 1er avril 2025, expiran à partir du 1er avril 2026, et avec auto-renouvellement désactivé.