Microsoft renforcera sa présence sur Azure avec le déploiement d’Helios, une plateforme complète pour centres de données intégrant des accélérateurs Instinct MI455X, des processeurs EPYC de sixième génération, des réseaux Pensando et le logiciel ROCm. La livraison des premiers systèmes est prévue pour la seconde moitié de 2026, principalement pour exécuter des modèles avancés d’intelligence artificielle.
Les grands points de l’accord entre Microsoft et AMD en 20 secondes
- Azure déploiera des racks Helios équipés de 72 accélérateurs AMD Instinct MI455X.
- Microsoft destine principalement ces systèmes à l’inférence de modèles avancés.
- De nouvelles machines virtuelles avec processeurs EPYC Venice seront également lancées.
- AMD Pensando renforcera les réseaux internes et plusieurs services Azure.
- L’accord élargit les options de Microsoft face à la domination de NVIDIA.
Ce partenariat va au-delà de l’intégration d’une nouvelle génération de GPU dans le catalogue Azure. Microsoft et AMD orchestrent processeurs, accélérateurs, réseaux, systèmes et logiciels pour fournir une infrastructure conçue comme un tout cohérent. Cette approche, de plus en plus courante face à la taille et la consommation des nouvelles plates-formes IA, vise à optimiser la performance et l’efficacité.
Microsoft a confirmé trois futures familles de services : des machines virtuelles ND MI455X v7 pour l’inférence, HDv2 pour l’intelligence artificielle axée sur les agents et le traitement des données, et HXv2 pour l’automatisation de la conception électronique. Les deux dernières utiliseront des processeurs AMD EPYC Venice, basés sur l’architecture Zen 6.
Helios transforme le rack entier en une plateforme d’IA
Helios représente l’ambition d’AMD de concurrencer sur le marché des systèmes complets pour l’intelligence artificielle. Plutôt que de vendre simplement des accélérateurs, la société propose un design de rack intégrant calcul, mémoire, réseau et logiciel, élaboré pour fonctionner en harmonie.
Chaque rack comprendra 72 accélérateurs Instinct MI455X, des processeurs EPYC Venice, et des adaptateurs réseau Pensando Vulcano. La communication interne se fera via UALink, une technologie ouverte développée pour relier les accélérateurs avec une latence minimale.
AMD attribue à chaque rack une puissance pouvant atteindre 2,9 exaflops en calculs FP4, format basse précision utilisé dans certains chargements IA. Bien que cette capacité ne permette pas une comparaison directe avec des supercalculateurs ou systèmes classiques, elle illustre la densité de calcul que l’entreprise vise à concentrer dans une seule unité.
L’architecture vise aussi bien l’entraînement que l’inférence, avec une mise en avant particulière par Microsoft pour l’exécution de modèles avancés, services Azure AI et applications clients.
L’inférence correspond à la phase où un modèle déjà entraîné répond à des requêtes, génère des images, résume des documents ou accomplit d’autres tâches. Sa part dans la gestion des centres de données augmente à mesure que les entreprises déploient la IA de projets pilotes vers des usages continus.
Cette charge ne nécessite pas toujours la même infrastructure que l’entraînement : le temps de réponse, le coût par requête, la capacité d’accueil de nombreux utilisateurs et la consommation énergétique peuvent primer sur le maximum de performance à court terme.
Microsoft n’a pas encore communiqué le volume de racks commandés, les régions Azure où ils seront déployés en priorité, ni la date de disponibilité commerciale. AMD indique simplement que l’envoi débutera dans la seconde moitié de 2026.
AMD gagne du terrain dans un Azure multi-silice
Cet accord renforce la position d’AMD comme fournisseur d’infrastructure pour Microsoft, sans pour autant faire d’Helios la seule plateforme IA sur Azure.
Microsoft continue d’utiliser des accélérateurs NVIDIA, tout en développant ses propres chipsets, comme la famille Maia. Sa stratégie consiste à combiner plusieurs architectures pour répondre à divers besoins, tout en minimisant la dépendance à un seul fabricant.
Pour AMD, intégrer un rack complet dans Azure représente une étape plus stratégique que de simplement vendre un lot supplémentaire de GPU. Les grands fournisseurs de cloud prennent en compte la totalité de l’écosystème : réseaux internes, efficacité énergétique, refroidissement, disponibilité mémoire, facilité de maintenance et maturité logicielle.
NVIDIA a su asseoir sa domination grâce à cette intégration verticale : GPU, interconnexions NVLink, réseaux, serveurs de référence, environnement CUDA. AMD doit prouver que ROCm et ses plateformes ouvertes peuvent offrir une alternative crédible à grande échelle.
Le déploiement par Microsoft pourrait accélérer cette démarche, en imposant Helios dans des conditions réelles avec des modèles imposants et des services ciblés. Il constitue également une référence commerciale que AMD pourra valoriser auprès d’autres entreprises et fournisseurs cloud.
Azure Foundry Managed Compute offrira un accès partiel à cette infrastructure, permettant aux organisations de déployer et d’étendre leurs charges IA sans gérer directement tous les composants physiques. La disponibilité, les prix et les configurations restent à préciser.
EPYC Venice et Pensando, une stratégie plus large que la seule GPU
L’accord inclut deux nouvelles séries de machines virtuelles basées sur AMD EPYC Venice. HDv2 sera dédiée aux flux de données, à la préparation d’informations et à l’IA axée sur les agents, tandis que HXv2 visera le conception de semi-conducteurs et autres charges d’ingénierie.
L’automatisation de la conception électronique, ou EDA, demande de vastes quantités de mémoire, une capacité de calcul importante, et des connexions rapides entre serveurs. Ce secteur, réservé aux spécialistes, voit les fournisseurs cloud rivaliser pour attirer fabricants de puces et entreprises réalisant des simulations sans construire leurs propres centres.
L’intégration de Venice montre que la croissance de la IA ne dépend pas uniquement des accélérateurs. Les CPU jouent aussi un rôle crucial en traitant les données, pilotant GPU, gestionnant stockage et réseaux, exécutant des bases de données et supportant des applications non adaptées aux accélérateurs.
Microsoft et AMD étendent aussi l’usage des unités Pensando, des DPUs (Data Processing Units), pour décharger la CPU de tâches telles que la gestion des paquets, la sécurité, le stockage et la gestion des connexions.
Azure les intègre déjà dans une partie de son infrastructure. La nouvelle étape est l’intégration avec Azure Boost, permettant de transférer des opérations réseau et stockage du virtualisé vers du matériel spécialisé.
L’objectif : libérer les ressources CPU pour l’exécution des applications, tout en maintenant un haut niveau de performance dans un environnement de milliers de serveurs échangeant des données simultanément. Une insuffisance réseau pourrait ainsi limiter les accélérateurs coûteux, en les empêchant de réaliser toute leur puissance.
Une nouvelle option pour l’infrastructure IA
L’annonce ne fournit pas de prévisions de revenus ni d’évaluation financière précise du contrat. Elle n’indique pas non plus si AMD pourra rapidement réduire l’écart avec NVIDIA, dont l’écosystème logiciel et la forte implantation restent un défi de taille.
Helios montre que la compétition se déplace du seul GPU à la conception globale du rack. Avoir une GPU performante ne suffit plus : le fournisseur doit aussi assurer la connectivité avec de nombreux accélérateurs, la gestion des flux de données, le refroidissement, et des outils pour exécuter sans complexité des modèles avancés.
Microsoft gagne ainsi une nouvelle carte pour étoffer Azure et négocier ses approvisionnements sur un marché où la demande en accélérateurs reste forte. AMD, de son côté, bénéficie d’un client de grande envergure pour faire valider conjointement ses GPU, CPU, réseaux et logiciels.
La véritable démonstration se jouera lorsque Azure annoncera ses configurations commerciales et publiera ses premiers résultats en termes de performance, disponibilité et coûts. Jusqu’alors, bon nombre de ces capacités restent des objectifs, non des résultats réels en services publics.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’AMD Helios ?
AMD Helios est une plateforme d’intelligence artificielle à l’échelle d’un rack. Elle combine 72 accélérateurs Instinct MI455X, des processeurs EPYC Venice, des réseaux Pensando et le logiciel ROCm.
Quand sera disponible AMD Helios sur Microsoft Azure ?
Le début des livraisons est prévu pour la seconde moitié de 2026. Microsoft n’a pas encore fixé la date de disponibilité commerciale ni précisé dans quelles régions Azure ils seront déployés en priorité.
Comment Microsoft utilisera-t-elle les accélérateurs MI455X ?
Ils seront principalement destinés à l’inférence de modèles avancés, aux services IA de Microsoft et aux applications clients. La plateforme est aussi conçue pour l’entraînement de modèles.
Helios remplacera-t-il les GPU NVIDIA sur Azure ?
Aucune substitution n’a été annoncée. Microsoft étend son portefeuille avec du hardware AMD tout en conservant d’autres options, notamment des accélérateurs NVIDIA et ses propres chips.