En juillet 2026, l’Europe a enregistré au moins une vingtaine d’annonces liées à de nouveaux centres de données, à des extensions et à d’importants investissements dans l’infrastructure numérique, avec un portefeuille exceeding 3,2 GW selon la collecte de BtMData. La France, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne et les pays nordiques concentrent une grande partie de ces projets, tandis que la demande en infrastructures préparées pour l’intelligence artificielle élève tant la taille des campus que leurs besoins électriques.

Les clés du rayonnement des centres de données en Europe en 20 secondes

  • BtMData a recensé 20 annonces européennes en juillet, représentant plus de 3,2 GW de capacité potentielle.
  • L’Espagne apparaît avec des projets à Madrid, en Aragon, à Alicante, à Tolède et en Catalogne.
  • La Croatie se distingue avec un campus d’IA projeté de 1 GW.
  • La Finlande, la Norvège, la France, l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni enregistrent aussi d’importants développements.
  • D’autres projets de juillet augmentent encore le portefeuille, bien que tous ne précisent pas leur capacité en MW IT comparables.

Il convient de manier ces chiffres avec prudence. Les projets recensés sont à des phases très différentes, et les mégawatts annoncés ne représentent pas toujours la même chose. Certaines entreprises communiquent la puissance informatique (IT), d’autres la capacité électrique du campus, l’accès à la réseau ou simplement la taille maximale que pourrait atteindre une installation lors de futures extensions.

De plus, tous les milliards annoncés ne se traduisent pas forcément par des investissements déjà réalisés ou engagés. Pour des projets qui mettront des années à se concrétiser, le chiffre indiqué correspond généralement au coût estimé de toutes les phases de construction.

Malgré ces précautions, la concentration d’annonces en seulement un mois reflète l’ampleur que prend l’infrastructure numérique en Europe.

De 60 MW chez Ferrovial à Madrid à l’1 GW projeté en Croatie

L’un des projets les plus importants identifiés en juillet se situe en Croatie.

Pantheon Atlas a obtenu l’autorisation de raccordement auprès de l’opérateur croate de transport électrique HOPS pour développer un campus d’intelligence artificielle pouvant atteindre 1 GW.

Le projet prévoit également une centrale photovoltaïque de 500 MW et un système de stockage par batteries (BESS) de 8 000 MWh. Les promoteurs estiment l’investissement potentiel à environ 50 milliards d’euros, avec un début des travaux prévu en 2027.

Ce sont des dimensions extraordinaires, mais elles doivent être comprises comme la capacité totale prévue pour le développement complet de la plateforme, et non comme une capacité opérationnelle immédiate.

En Finlande, Pure Data Centres Group a annoncé un investissement initial de 1,5 milliard d’euros pour un campus d’IA de 110 MW à Seinäjoki, avec des perspectives de dépasser ensuite 550 MW. La première phase a obtenu également un financement sénior d’environ 1,3 milliard.

La Norvège apparaît dans deux autres initiatives.

Nscale et Nordkraft ont créé Nordscale Operations pour exploiter des infrastructures d’IA à Narvik, tandis que Polar Data Centers a annoncé DRA02, une extension de 40 MW de son campus de Drangedal.

Au Royaume-Uni, plusieurs projets concentrent l’attention.

Clearstone Energy a présenté un campus d’IA de 300 MW à Ebbsfleet, et DC01UK a obtenu l’autorisation d’urbanisme pour un projet d’environ 4 milliards de livres dans le Hertsmere. À Reading, une proposition envisage également de transformer une partie de l’ancien campus Microsoft à Thames Valley Park en centre de données de 72 MW.

À ces projets s’ajoute VIRTUS Data Centres, qui a annoncé en juillet LONDON19, un centre de données de 32,5 MW prévu à Slough.

L’accumulation de projets autour de Londres reflète aussi un des défis de cette croissance : la recherche de sites disposant d’un approvisionnement électrique suffisant pour construire de nouvelles installations.

L’Espagne enchaîne les projets, de Madrid à la Catalogne

L’Espagne occupe une place particulièrement visible dans le panorama de juillet.

Ferrovial a annoncé le développement d’un campus de centres de données à Alcobendas, Madrid, avec un investissement total prévu proche de 1 milliard d’euros.

La première phase, MAD01, comprend un centre de données de 60 MW de puissance totale et 40 MW de charge IT, avec un investissement initial de 153 millions d’euros.

Ce n’est pas le seul projet espagnol.

Promoteur Localisation Projet annoncé
Ferrovial Alcobendas, Madrid 60 MW première phase
Krolmap E&S Aragon Jusqu’à 150 MW
Valfortec Elche, Alicante Autour de 60 MW
DC MALPICA AI Mora, Tolède Campus d’IA de 300 MW
Rubix Data Centers / Submer Flix, Catalogne Campus d’IA d’un milliard d’euros
Apto / IGNIS Fuenlabrada, Madrid 82 MW d’accès et de raccordement

Krolmap E&S a présenté un campus technologique en Aragón avec une capacité prévue pouvant atteindre 150 MW, destiné à l’IA, au calcul haute performance (HPC) et aux services cloud.

À Elche, Valfortec a annoncé un campus proche de 60 MW avec un investissement estimé à environ 300 millions d’euros.

DC MALPICA AI continue la procédure pour un campus d’IA de 300 MW à Mora (Tolède).

En Catalogne, le projet de Rubix Data Centers, associé à Submer, vise à transformer les terrains de l’ancienne usine chimique d’Ercros à Flix en un campus d’intelligence artificielle. L’investissement annoncé tourne autour de 1 milliard d’euros.

Une autre initiative publiée en juillet concerne un accord entre Apto et IGNIS pour le projet de Fuenlabrada.

Dans ce cas, il ne faut pas considérer les 82 MW comme une capacité informatique immédiate. Ce chiffre correspond à l’accès électrique et au raccordement liés au développement, ainsi qu’à l’infrastructure énergétique et à l’approvisionnement en énergie renouvelable.

Cette distinction peut sembler technique, mais elle est essentielle pour estimer précisément la capacité effective des centres de données en cours de réalisation.

L’énergie électrique devient le critère déterminant des nouveaux projets

La carte européenne montre que la course à la construction de centres de données est de plus en plus liée à la disponibilité en électricité.

Microsoft, par exemple, a annoncé l’acquisition de terrains à Grevenbroich, en Allemagne, pour étendre sa infrastructure régionale. Une telle annonce indique un développement futur, mais l’achat de terrains ne correspond pas encore à un centre de données opérationnel.

Au Pays-Bas, un exemple encore plus instructif.

Equinix a obtenu l’autorisation de développer deux nouvelles installations à Amsterdam, AM9 et AM10, avec une connexion pouvant atteindre 80 MW. Cependant, la congestion du réseau électrique limite actuellement la capacité de développement initiale.

En France, les projets de cette ampleur s’accumulent également.

SEGRO et Pure Data Centres Group travaillent sur un centre de 48 MW dans la région parisienne pour un client hyperscale. Par ailleurs, Aether Infrastructure a annoncé deux centres à Strasbourg, avec une capacité initiale de 42 MW, pouvant atteindre 400 MW.

Orange et Morrison ont également convenu de développer conjointement cinq centres de données en France, pour une capacité totale prévue de 400 MW.

En Italie, environ 220 MW sont prévus par QTS Data Centers à Vimercate, près de Milan, avec un investissement potentiel pouvant atteindre 2,3 milliards d’euros, ainsi que 120 MW supplémentaires annoncés par Edge Gate et The Blossom Avenue Partners en Lombardie.

Il existe aussi une dimension multinationalisée. CerebraSystem a annoncé des plans pour déployer jusqu’à 200 MW d’infrastructure d’IA en Europe avant 2027, en privilégiant la France, la Finlande et la Norvège.

Au-dessus des projets individuels, se dessine aussi l’initiative des AI Gigafactories de la Commission Européenne, comprenant jusqu’à sept grands complexes de calcul pour l’IA et mobilisant plus de 30 milliards d’euros d’investissement.

L’objectif européen est d’accroître la capacité disponible pour entraîner et faire fonctionner des modèles avancés sans dépendre entièrement d’infrastructures extérieures à l’Union.

Ce développement ne se limitera cependant pas à la construction de bâtiments.

Les nouveaux campus nécessitent des connexions électriques pouvant atteindre des centaines de mégawatts, de la fibre optique, des terrains adaptés, des systèmes de refroidissement, des transformateurs, des sous-stations, et de plus en plus souvent, un accès à un grand nombre d’accélérateurs d’IA.

C’est pourquoi une portefeuille annoncé de plus de 3,2 GW ne signifie pas que l’Europe disposera automatiquement de 3,2 GW de capacité opérationnelle.

Entre une annonce et un centre opérationnel, il existe des démarches administratives, des financements, la construction et, surtout, la disponibilité en énergie.

Juillet 2026 illustre parfaitement cette réalité : l’Europe possède de nombreux projets prêts à absorber des milliards d’euros pour bâtir une infrastructure d’IA, mais la capacité électrique disponible commence à déterminer quels projets peuvent passer du plan à la réalité.

Questions Fréquentes

Quelle est la nouvelle capacité de centres de données annoncée en Europe en juillet 2026 ?

La collecte de BtMData recense plus de 3,2 GW liés à une vingtaine d’annonces. Ce chiffre est indicatif, car il regroupe des projets à des stades très variés et exprimant la capacité de différentes façons.

Quels pays concentrent le plus de projets ?

Le Royaume-Uni, l’Espagne, la France, l’Italie, l’Allemagne, la Finlande, la Norvège et la Croatie figurent parmi les marchés avec des annonces significatives en juillet.

Quels sont les principaux projets de centres de données en Espagne ?

Parmi les projets phares, citons Ferrovial à Alcobendas, Krolmap E&S en Aragon, Valfortec à Elche, DC MALPICA AI à Mora, et Rubix Data Centers/Submer à Flix. Un accord entre Apto et IGNIS concernant 82 MW d’accès électrique et de raccordement à Fuenlabrada a également été annoncé.

Pourquoi ne peut-on pas additionner directement tous les MW annoncés ?

Car les entreprises utilisent des métriques différentes : un projet peut mentionner la charge IT, la puissance totale du campus, la capacité de raccordement ou la capacité maximale future. Ces chiffres ne sont pas directement comparables.