Le Ministère de la Transformation Numérique et de la Fonction Publique a lancé un nouvel appel à projets doté de 17,9 millions d’euros pour étendre les réseaux 5G Stand Alone (5G SA) dans les zones rurales encore dépourvues de couverture mobile avancée. Intitulé Réseaux 5G très rurales, ce programme financera les déploiements dans des localités où ni la 4G ni la 5G ne sont actuellement disponibles, et où les opérateurs ne prévoient pas d’investir dans les trois prochaines années. En nouveauté, peu courante pour ce type d’appels, les communes et les communautés autonomes pourront fournir terrains et infrastructures afin de réduire les coûts de déploiement.
Les points essentiels du programme Réseaux 5G très rurales en 30 secondes
- Le gouvernement alloue 17,9 millions d’euros pour déployer des réseaux 5G SA dans des zones sans couverture mobile.
- Les aides ciblent des zones dépourvues de 4G et 5G, sans projets d’investissement privé prévus dans les trois prochaines années.
- Les opérateurs pourront s’appuyer sur des sites proposés par les communes et les communautés autonomes.
- Depuis 2021, le gouvernement affirme avoir investi plus de 1 453 millions d’euros dans des programmes de connectivité.
- L’appel à projets sera ouvert jusqu’au 10 septembre.
Bien que le budget soit modeste comparé à des programmes antérieurs d’extension de la fibre optique, cette initiative a un objectif précis : couvrir ce qu’on appelle les « dernières zones blanches mobiles », c’est-à-dire ces municipalités où le marché n’offre pas une rentabilité suffisante pour déployer de nouvelles infrastructures.
Ce concours traduit aussi un changement d’approche. Après plusieurs années axées principalement sur l’expansion rapide de la couverture 5G, le défi actuel consiste à relier les territoires les plus isolés et à faire progresser le déploiement vers des réseaux 5G Stand Alone, architecture essentielle pour exploiter toutes les capacités de la 5G.
De l’expansion massive à la 5G Stand Alone
Ces dernières années, l’Espagne a accéléré le déploiement de la 5G principalement en s’appuyant sur des réseaux Non Stand Alone (NSA), une technologie utilisant le noyau de l’infrastructure 4G existante.
Ce modèle a permis d’étendre rapidement la couverture, mais n’offre pas toutes les fonctionnalités prévues pour la 5G.
La nouvelle opération exige le déploiement d’une infrastructure 5G Stand Alone, architecture entièrement native intégrant un noyau spécifique à la 5G, permettant d’exploiter des capacités telles que la faible latence, le network slicing, une meilleure efficacité spectrale ou la gestion massive des objets connectés (IoT).
Pour l’utilisateur particulier, la différence n’est pas forcément immédiate, puisque les deux modèles proposent déjà des vitesses élevées. Cependant, pour l’industrie et les services numériques, cela représente une avancée beaucoup plus significative.
Les applications telles que l’automatisation industrielle, l’agriculture de précision, les véhicules connectés, la télémédecine ou la gestion d’infrastructures critiques dépendent précisément de ces fonctionnalités avancées que seule une réseau 5G SA peut offrir.
Une incitation à déployer là où le marché ne suffit pas
Ce programme vise exclusivement des zones où ni la 4G ni la 5G ne sont actuellement disponibles, et où aucune dépense privée n’est prévue pour les trois prochaines années.
Ces zones ont été identifiées par une consultation publique menée par le ministère en mars dernier.
L’objectif est d’éviter la duplication des investissements privés et de concentrer les fonds publics sur les territoires où le retour économique n’est pas suffisant pour justifier un déploiement commercial.
Selon le gouvernement, ce programme prolonge les politiques de connectivité lancées depuis 2021, qui ont permis de mobiliser plus de 1 453 millions d’euros pour élargir la couverture numérique avec diverses technologies.
Les communes participent désormais au déploiement
L’une des innovations importantes de ce programme concerne la collaboration directe avec les administrations locales.
Avant l’ouverture de l’appel, le ministère a sollicité les communautés autonomes, départements et municipalités pour identifier des terrains municipaux, des tours existantes ou des bâtiments publics susceptibles d’accueillir des stations de base.
Cette consultation a recueilli 96 propositions provenant de municipalités de 25 provinces.
Les opérateurs pourront utiliser ces sites dans leurs projets, sans obligation de le faire.
Ce dispositif essaie de résoudre un des principaux obstacles du déploiement rural : la difficulté à trouver des emplacements adaptés et à obtenir les autorisations nécessaires dans des municipalités disposant de peu de ressources techniques.
De plus, l’appel crée une réserve de sites pour remplacer des emplacements lorsqu’apparaissent des problèmes administratifs, urbanistiques ou techniques empêchant la réalisation des travaux prévus.
Le déploiement ne consiste plus seulement en la couverture, mais en comblant la fracture territoriale
L’Espagne figure parmi les pays européens avec la plus grande disponibilité des réseaux 5G.
Selon les données du ministère, 99 % de la population bénéficie déjà de la couverture 5G, et dans les zones rurales, ce chiffre atteint 96 %, contre 26 % en 2021.
Cependant, ces indicateurs se référent à la couverture de la population et ne garantissent pas un accès équivalent sur tout le territoire.
Il existe encore de petites localités, routes, zones montagneuses et zones à très faible densité où la communication mobile reste limitée ou absente.
Ces zones constituent précisément l’objet de cette nouvelle opération.
Sur le plan budgétaire, les 17,9 millions d’euros représentent un investissement relativement modéré, surtout en comparaison avec d’anciens programmes d’extension de la fibre optique ou d’autres initiatives du Plan de Relance.
Néanmoins, le nombre limité d’emplacements à couvrir indique que l’effort financier nécessaire pour achever la couverture est aujourd’hui bien inférieur à celui d’il y a quelques années.
La prochaine étape : valoriser l’infrastructure existante
L’extension de la couverture n’est que la première phase.
Pour que ce déploiement ait un impact économique réel, il faudra que les administrations publiques, les entreprises et les secteurs productifs développent des applications exploitant pleinement les capacités du 5G SA.
L’agriculture intelligente, la digitalisation industrielle, les services de santé à distance ou la gestion d’infrastructures critiques sont parmi les principaux cas d’usage liés à cette technologie.
Le nouveau programme vise précisément à faire en sorte que ces possibilités ne restent pas réservées aux grandes villes, mais atteignent aussi les Municipalités jusque-là dépourvues de couverture mobile avancée.
Les demandes peuvent être soumises jusqu’au 10 septembre, date à laquelle sera entamée l’évaluation des projets présentés par les opérateurs intéressés.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le programme Réseaux très rurales 5G ?
Une initiative visant à financer des réseaux 5G Stand Alone dans des zones où aucune couverture mobile 4G ou 5G n’est en place et où aucune dépense privée n’est prévue.
Pourquoi exiger la 5G Stand Alone ?
Parce qu’il s’agit de la version complète de la 5G, avec un noyau de réseau dédié permettant d’offrir des fonctionnalités avancées telles que la faible latence, le network slicing et une capacité accrue pour les applications industrielles et l’Internet des Objets (IoT).
Quel rôle joueront les communes ?
Elles pourront fournir terrains, bâtiments publics et autres sites pour aider à réduire les coûts et accélérer le déploiement des infrastructures.
Quand se clôture l’appel à projets ?
Les demandes peuvent être soumises jusqu’au 10 septembre 2026.