La Formule 1 renforce son « cerveau » de retransmission avec refroidissement liquide : Lenovo déploie Neptune pour augmenter la HPC avec jusqu’à 40 % d’efficacité en plus

La Formule 1 renforce son « cerveau » de retransmission avec refroidissement liquide : Lenovo déploie Neptune pour augmenter la HPC avec jusqu’à 40 % d’efficacité en plus

La Formule 1 ne se limite pas à la compétition sur la piste. Elle se joue également dans les centres de données. Dans un sport où chaque caméra, chaque radio d’équipe, chaque télémétrie et chaque donnée sur les pneus font partie intégrante du spectacle global, l’infrastructure technologique devient un élément critique pour garantir l’instantanéité, la qualité et la fiabilité des retransmissions. Dans ce contexte, la Formule 1 et Lenovo ont annoncé le déploiement de Lenovo Neptune® Liquid Cooling, une technologie de refroidissement liquide conçue pour optimiser la performance tout en réduisant la consommation énergétique liée à l’expansion de l’environnement de calcul haute performance (HPC).

Selon les deux organisations, cette initiative s’inscrit dans leur collaboration globale et vise un objectif précis : faire évoluer la capacité de calcul pour les flux de données et l’Intelligence Artificielle, sans augmenter l’empreinte énergétique. Ce message répond à une réalité croissante : chaque saison voit augmenter le volume de données généré et traité, et la retransmission moderne requiert davantage de traitement en temps réel, plus d’automatisation, plus d’analyses et d’outils de production avancés.

Biggin Hill, le centre névralgique où se prépare le spectacle

Le déploiement se concentre dans le Media & Technology Centre (M&TC) de la Formule 1 à Biggin Hill (Royaume-Uni), un complexe qui sert de centre opérationnel pour la diffusion et le traitement des données. La propre Formule 1 indique qu’un week-end de course peut générer environ 600 To de données en direct entre le Event Technical Centre (ETC), l’installation technique mobile installée près du circuit, et le M&TC. Ce dernier gère également plus de 180 systèmes logiciels développés sur mesure, totalisant plus de 4 millions de lignes de code, soutenus par l’infrastructure Lenovo.

Ce n’est pas un simple déploiement « cosmétique ». Avec le M&TC modernisé, qui prend en charge la majorité du traitement durant le week-end, la Formule 1 souhaite continuer à augmenter ses capacités de production et d’analyse, tout en évitant que le coût énergétique du refroidissement des serveurs denses devienne un obstacle.

Ce que Neptune apporte : refroidissement à « niveau processeur » avec de l’eau tiède

Lenovo présente Neptune comme une solution de refroidissement liquide conçue pour extraire la chaleur au plus proche, directement au niveau des composants clés, grâce à eau tiède. Au lieu de dépendre de grands débits d’air froid et d’accroître la puissance des ventilateurs ou de la climatisation des centres de données, cette approche conduit la chaleur vers un circuit d’eau, réduisant ainsi la consommation d’énergie consacrée à la refroidir, un enjeu crucial dans le cas de serveurs à haute densité.

L’intégration de cette technologie concerne principalement les serveurs Lenovo ThinkSystem SD665-N V3. Lenovo annonce une amélioration de l’efficacité énergétique pouvant atteindre 40%. La société affirme que cette méthode permet d’accroître la capacité de calcul pour les flux de données et l’Intelligence Artificielle sans augmenter proportionnellement la consommation globale, un point stratégique pour les organisations souhaitant croître tout en respectant les limites de puissance, de refroidissement et de durabilité.

La durabilité avant tout : une exigence d’ingénierie, pas un simple slogan

La Formule 1 s’est fixé comme objectif le Net Zéro d’ici 2030, et la technologie joue un rôle direct dans cette démarche. Lors d’interventions liées à l’annonce, Chris Roberts, directeur informatique de la F1, considère Neptune comme une décision alignée avec ces ambitions : une manière de réduire l’empreinte environnementale du HPC tout en continuant d’innover, en intégrant notamment le refroidissement dans un centre de données existant, refroidi à l’air, avec des charges en local.

Du côté de Lenovo, le Dr Tolga Kurtoglu, CTO de l’entreprise, décrit ce déploiement comme une étape « fondamentale » pour renforcer l’infrastructure technique de la F1, lui permettant de supporter des charges accrues et une plus grande rapidité, tout en réalisant des économies d’énergie significatives. En résumé : plus de capacité pour la diffusion et le traitement de données, avec une efficacité permettant de soutenir la croissance dans un cadre durable.

Ce positionnement concorde avec la communication officielle de la Formule 1 concernant ses efforts en faveur de l’environnement : elle affirme avancer vers le Net Zéro 2030, avec des progrès mesurés par rapport à une ligne de base de 2018. Dans un sport qui s’est aussi développé en calendrier et en audience, chaque amélioration en matière d’efficacité dans ses installations techniques — comme les centres technologiques et les opérations de production — a une importance capitale.

Une alliance qui dépasse le centre de données : plus de 600 employés soutenus par la technologie Lenovo

Le partenariat souligne aussi l’étendue de la collaboration : plus de 600 employés de la Formule 1 utilisent des serveurs et équipements « Ready AI » de Lenovo — allant des ordinateurs portables avec capacités IA, aux moniteurs, stations de travail, tablettes et smartphones Motorola — pour collaborer et gérer les opérations à l’échelle mondiale. La F1 relie ses émissions et sa complexité opérationnelle à un public massif : plus de 820 millions de fans suivent les courses en direct, avec une audience annuelle totale estimée à 1,6 milliard de personnes.

Lors d’un week-end de course, l’ETC fonctionne comme une installation technique mobile rassemblant et organisant des données essentielles : chronométrage, télémétrie, pneus, radios d’écurie, caméras et son. La virtualisation et la puissance de calcul soutiennent cette opération, tandis que le M&TC assure le traitement final et la production. Dans cette chaîne, la refroidissement devient une stratégie clé : sans stabilité thermique, la densité de calcul impose des limites en consommation, risques opérationnels et coûts.

Pourquoi cette décision trace-t-elle une tendance ?

Hors du contexte de la Formule 1, cet exemple illustre une tendance claire dans le secteur : la refroidissement liquide devient incontournable dans le domaine du calcul haute performance. La simple ventilation par air, devenant insuffisante ou trop coûteuse face à la densité croissante de calculs, voit sa place diminuer. Avec la croissance des besoins en traitement en temps réel et en IA, la problématique ne se limite plus à l’achat de serveurs, mais concerne leur alimentation et refroidissement de façon durable.

La Formule 1, avec sa quête d’efficience et de performance, s’affirme comme un laboratoire à ciel ouvert : si le sport doit accroître ses capacités de calcul pour la diffusion et la gestion des données sans multiplier son empreinte énergétique, la solution s’apparente de plus en plus à celle adoptée par les centres de supercalcul et grands centres de données : acheminer l’eau jusqu’au processeur.


Questions fréquentes (FAQ)

Qu’est-ce que la refroidissement liquide direct (DWC) et pourquoi est-il utilisé dans les serveurs HPC à haute densité ?
Il s’agit d’un système qui évacue la chaleur directement au niveau du processeur et des composants critiques, en utilisant de l’eau tiède, réduisant la dépendance à l’air froid, aux ventilateurs et à la climatisation intensive, notamment lorsque l’intensité de calcul par rack augmente.

Comment Lenovo Neptune contribue-t-il à diminuer la consommation d’énergie dans un centre de données déjà ventilé à l’air ?
En évacuant la chaleur à la source, au niveau du processeur, et en réduisant la charge thermique à gérer par le système de refroidissement par air, ce dispositif permet de diminuer la consommation liée à la climatisation et d’améliorer la stabilité thermique globale.

Quel rôle joue le Media & Technology Centre de Biggin Hill dans la diffusion de la Formule 1 ?
Il sert de centre de traitement et de production : il reçoit d’énormes volumes de données en provenance du circuit, exécute des centaines de systèmes logiciels, et centralise la majorité des traitements techniques convertissant données et signaux en une diffusion mondiale.

Pourquoi la diffusion de la Formule 1 requiert-elle de plus en plus d’IA et de calcul en temps réel ?
Parce que le volume de signaux (vidéo, radio, télémétrie) s’accroît, tout comme l’exigence de produire instantanément : plus d’automatisation, d’analyses, d’outils de soutien éditorial et technique, avec une capacité à maintenir une latence faible et une qualité constante.

via : news.lenovo

le dernier