Le marché des PC envoie depuis plusieurs mois des signaux inhabituels : lorsque la nouvelle génération devient trop coûteuse, les utilisateurs ne se résignent pas toujours à payer le prix. Parfois, ils reculent simplement. Cela commence à se refléter en Chine, où la hausse des coûts de la mémoire DDR4 et DDR5 stimule la demande pour des cartes mères DDR3, marquant un « retour en arrière » vers le premier semestre des années 2010, une tendance impensable en pleine explosion de l’intelligence artificielle.
Selon la presse spécialisée, dans l’écosystème chinois du montage en DIY (faites-le vous-même), les ventes de cartes DDR3 auraient été multipliées par deux ou trois, portées par des budgets restreints et par la hausse généralisée des prix des composants clés. Ce phénomène ne vient pas seul : on observe également une forte demande pour des packs combinant une carte mère et un CPU Intel de 6e à 9e génération, une option visant à prolonger la durée de vie du matériel et à contourner les prix élevés du hardware moderne « mainstream ».
Une augmentation des prix qui modifie les choix d’achat
Le facteur déclencheur est clair : la mémoire est devenue un goulet d’étranglement au niveau des prix. Selon PC Gamer, le prix moyen en “spot” des modules DDR4 grand public aurait bondi de 9,64 % en une seule semaine, passant de 25,407 $ US à 27,857 $ US (entre le 7 et le 14 janvier 2026). Sur un composant aussi fondamental, une telle hausse génère un effet domino sur l’ensemble du budget d’un PC.
Face à cette pression, le marché adopte une stratégie collective de « plan B » : faire avec ce qu’on a, acheter d’occasion ou se tourner vers des plateformes anciennes avec stock, pièces recyclées et configurations économiques.
DDR3 : ce n’est pas « mieux », c’est « plus abordable »
Ce retour ne signifie pas que la DDR3 soit plus performante que la DDR5. La lecture correcte est autre : la DDR3 est une solution de dépannage lorsque la hausse des prix étrangle la scalier des générations. Pour de nombreux usages quotidiens — bureautique, jeux légers, eSports avec réglages faibles, équipements pour enfants, PC d’étude — une plateforme ancienne peut encore faire l’affaire, même avec ses limites évidentes.
Comparatif rapide (indicatif) entre générations de RAM
| Génération | Époque typique | Avantage principal aujourd’hui | Principal inconvénient aujourd’hui |
|---|---|---|---|
| DDR3 | 2010–2015 | Coût faible sur le marché de l’occasion et en DIY | Performance/ efficacité inférieures ; plateforme ancienne |
| DDR4 | 2014–2024 | Bon équilibre si le prix est correct | Lorsque le prix grimpe, elle perd son attrait « qualité/prix » |
| DDR5 | 2020– | Plus grande bande passante et potentiel futur | Prix élevé et coûts de construction plus importants |
Les fabricants se tournent aussi vers le passé
Ce qui est intéressant, c’est que ce n’est pas seulement l’utilisateur qui improvise : certaines marques relancent ou étendent leur offre autour de plateformes plus anciennes pour couvrir la demande de configurations abordables. Tom’s Hardware a souligné des mouvements dans cette optique avec de nouvelles cartes DDR4 et une augmentation de l’intérêt pour des alternatives « dernière génération » afin de maîtriser le coût total du PC lorsque la mémoire devient chère.
En résumé : lorsque la composante « pas chère » devient coûteuse, le marché ne se limite pas à un déplacement vers le haut (DDR5), mais peut aussi reculer (DDR4 ou même DDR3).
Le revers de la médaille : risques, limites et « facture cachée »
Ce genre de tendance comporte des inconvénients :
- CPU et plateformes discontinuées : le support, le BIOS et la disponibilité réelle dépendent largement du vendeur et du marché de seconde main.
- Efficacité énergétique : un PC ancien peut sembler moins cher à l’achat, mais coûter plus cher à faire fonctionner sur le long terme si utilisé intensément.
- Compatibilité moderne : technologies actuelles (stockage, connectivité, instructions CPU, sécurité) pouvant ne pas répondre aux exigences des logiciels et jeux récents.
- Fiabilité : dans des packs économiques, une partie du matériel peut provenir d’un usage intensif ou avoir un historique incertain.
Pourtant, la logique économique prévaut : si le passage à la DDR5 implique de tout refondre, la tentation d’opter pour une plateforme ancienne « suffisante » devient crédible.
Ce que cela signifie pour 2026
Ce regain d’intérêt pour la DDR3 ne semble pas une mode « romantique », mais plutôt un symptôme de tension : lorsque les prix de la mémoire et d’autres composants grimpent, le marché cherche des solutions alternatives. En Chine, en raison de son volume, de son écosystème industriel et de sa culture DIY, ces mouvements ont tendance à anticiper ou amplifier des tendances qui se feront sentir ailleurs.
Si les prix de la DDR4 et DDR5 restent volatils, il est probable que ce phénomène s’installe comme un « couloir parallèle » de solutions économiques : PC recyclés, bundles, plateformes anciennes et pièces reconditionnées. Pas parce que ce sera idéal, mais parce que, pour beaucoup, c’est la seule option compatible avec leur budget.
Questions fréquentes
Pourquoi le retour de la DDR3 alors qu’elle est beaucoup plus lente que la DDR5 ?
Parce que pour de nombreux montages économiques, le prix prime sur la performance : si DDR4/DDR5 devient hors de prix, la DDR3 devient une alternative « suffisante » pour des usages basiques.
Est-ce pertinent d’assembler un PC neuf avec de la DDR3 en 2026 ?
Seulement dans des cas très précis : budget très limité, machine secondaire, bureautique / étude, ou si l’on trouve un pack fiable et peu coûteux. Pour des jeux exigeants ou du travail professionnel, cela ne vaut généralement pas le coup.
Quelles options quand la DDR5 est trop chère ?
Se tourner vers des plateformes DDR4 à bon prix (y compris le marché de seconde main), privilégier les upgrades partiels (par exemple SSD ou GPU avant de changer toute la plateforme), ou attendre des périodes de baisse des prix.
Quels risques à acheter des packs de carte mère + CPU anciens ?
Compatibilité limitée, moindre efficacité, support BIOS/firmware aléatoire, et risques liés à l’occasion (usure, provenance, garanties réduites).