Kyndryl mise sur l’IA agissante pour accélérer la modernisation de SAP et réduire la dette technique

SAP renforce son offre de cloud souverain en Europe avec un accent sur l'innovation en IA

La course à la modernisation de SAP s’est transformée en un véritable défi pour des milliers d’organisations qui continuent de fonctionner avec des environnements hérités, des personnalisations historiques et des processus difficiles à transférer sans prendre de risques. Dans ce contexte, Kyndryl a présenté une nouvelle approche pour transformer les systèmes SAP en faisant une promesse claire : réduire les délais, diminuer l’effort manuel et alléger la complexité accumulée grâce à de l’IA agéntique appliquée à la migration de SAP ECC vers SAP S/4HANA.

Annonce faite le 21 janvier 2026 à New York, cette initiative porte un nom : Clean Field. La démarche s’articule comme un cheminement “discipliné” vers un cœur propre (clean core) permettant de moderniser sans hériter d’un héritage lourd de code et de dépendances, qui dans de nombreux projets constitue souvent le principal frein à la transformation. Selon Kyndryl, cette approche repose sur une collaboration avec Nova Intelligence pour appliquer l’IA agéntique à des tâches particulièrement coûteuses : analyser, adapter et remédier au code SAP durant la migration.

Ce que vise à résoudre Clean Field : le goulot d’étranglement du code et des personnalisations

La modernisation de SAP échoue rarement par manque d’intention. Ce qui la complique souvent, ce sont les détails : personnalisations, développements ABAP, intégrations ad hoc, processus “historiques” et dépendances entre systèmes que personne ne souhaite toucher par crainte de compromettre des opérations critiques. Dans ces environnements, la transformation peut devenir lente, rigide et coûteuse.

Kyndryl propose Clean Field comme une approche pour construire une base numérique plus flexible tout en avançant vers S/4HANA avec un meilleur contrôle de l’étendue. La vision de l’entreprise est que le client migre ses données, ses processus et ses systèmes avec un cœur plus épuré, moins endetté techniquement, avec une architecture plus modulaire et prête aux évolutions futures.

La distinction ne réside pas seulement dans la destination (S/4HANA), mais surtout dans la manière d’y parvenir : Kyndryl affirme que l’IA agéntique permet d’automatiser une partie du travail de remédiation qui traditionnellement nécessite des équipes importantes, de longs cycles de tests et une vérification manuelle approfondie.

L’IA agéntique dans SAP : de l’automatisation à la “gestion orchestrée” des tâches

L’expression “IA agéntique” est devenue courante pour décrire des systèmes capables de décomposer un objectif en tâches, de les exécuter avec une certaine autonomie et de coordonner les étapes avec des validations intermédiaires. Appliqué à un projet SAP, l’intérêt réside dans la capacité d’enchaîner des activités traditionnellement réalisées “à la main” : inspection de code, identification d’incompatibilités avec le cœur propre, refactorisations, génération d’artefacts et soutien aux tests.

Kyndryl a également publié un cas d’usage concret illustrant cet impact : avec la technologie de Nova Intelligence, plus de 33 000 lignes de code ABAP ont été modernisées en 10 jours, avec une réduction notable de l’effort manuel comparé aux méthodes traditionnelles (comparatif fourni par la société elle-même).
Si ces chiffres se confirment dans d’autres projets clients, cela indiquera un changement significatif : le véritable goulot d’étranglement — le travail répétitif sur le legacy — pourrait ainsi passer de semaines à quelques jours pour certains composants.

Le “pack” SAP : données, processus et architecture pour soutenir la modernisation

Au-delà de la simple remédiation du code, Kyndryl positionne Clean Field dans une collaboration étendue avec SAP, en s’appuyant sur plusieurs solutions que SAP promeut comme fondamentales pour l’analytique, la gouvernance et l’automatisation :

  • SAP Business Data Cloud (BDC) : Kyndryl indique utiliser cet outil pour harmoniser les données SAP et non SAP, avec une intégration à Databricks afin d’entraîner des modèles et d’alimenter des cas d’usage IA (incluant SAP Joule) sur une plateforme de données fiable.
  • SAP Cloud ERP : la proposition de Kyndryl consiste à introduire l’IA agéntique lors des phases clés de la transformation, telles que l’analyse de compatibilité, la migration de données ou l’optimisation en post-déploiement.
  • SAP Signavio : considéré comme un outil pour acquérir une visibilité sur les processus, détecter les inefficacités et atténuer les risques lors du passage de l’étude à la conception.
  • SAP LeanIX : présenté comme un soutien à la planification et à la gouvernance de la transformation, en automatisant certaines tâches de documentation et de découverte.

Par ailleurs, la collaboration entre Kyndryl et SAP se renforce avec le positionnement de Kyndryl en tant que partenaire mondial de livraison de RISE with SAP, soulignant ainsi son rôle dans l’industrialisation des migrations complexes.

Les enjeux : la pression pour moderniser et faire “bien dès la première fois”

Ce lancement intervient à un moment où de nombreuses organisations cherchent à concilier deux objectifs difficiles : moderniser SAP pour permettre une analytique avancée et une automatisation, sans transformer leur projet en une réécriture interminable. Clean Field s’inscrit dans une tendance croissante : moins de transformations “héroïques” et plus de transformation industrielle, basée sur des modèles, de l’automatisation et une gestion rigoureuse du changement.

Cependant, le secteur sait aussi que l’IA ne dissout pas magiquement tous les risques. Dans les migrations SAP, le succès repose sur des éléments qui dépassent le simple code : qualité des données, responsabilité des processus, tests réalistes, maîtrise des intégrations, sécurité, séparation des tâches et conformité. Sur ces aspects, l’IA agéntique peut accélérer, mais nécessite aussi discipline : automatiser sans cadre robuste de validation pourrait engendrer des coûts d’erreur élevés.

Le véritable enjeu de Clean Field — si cette démarche s’implante durablement — ne serait pas simplement “migrer plus vite”, mais plutôt réduire la probabilité d’obtenir un S/4HANA en apparence moderne, mais toujours lourd de la complexité d’hier. Selon Kyndryl, il ne suffit plus de déplacer le système : il faut nettoyer le cœur pour le préparer à la nouvelle vague d’innovations.


Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une approche “Clean Field” dans une migration SAP ECC vers SAP S/4HANA ?
Il s’agit d’une stratégie visant à atteindre S/4HANA avec un cœur épuré, en réduisant la dépendance aux personnalisations et à l’endettement technique, tout en construisant une architecture plus modulaire et prête à évoluer.

Comment l’IA agéntique peut-elle aider à moderniser le code ABAP dans les projets SAP ?
Elle permet d’automatiser des tâches répétitives comme l’analyse de compatibilité, la remédiation, la refactorisation et la génération d’artefacts, en coordonnant ces étapes avec des validations pour diminuer l’effort manuel.

Quel rôle joue SAP Business Data Cloud avec Databricks dans la modernisation de SAP ?
BDC centralise les données SAP et non SAP ; couplé à Databricks, il facilite l’analytique et l’IA sur une base fiable, permettant d’élaborer des cas d’usage IA avec des données de qualité.

Que signifie “core propre” et pourquoi est-ce crucial pour la pérennité de SAP ?
Cela consiste à maintenir le cœur de SAP aussi standard que possible, en évitant des personnalisations invasives, ce qui facilite les mises à jour, réduit la complexité opérationnelle et permet d’intégrer plus facilement de nouvelles fonctionnalités.

Source : kyndryl

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