IBM lance Enterprise Advantage : conseil « basé sur les actifs » pour faire évoluer l’intelligence artificielle agentive avec une gouvernance et des normes réutilisables

IBM lance Enterprise Advantage : conseil « basé sur les actifs » pour faire évoluer l'intelligence artificielle agentive avec une gouvernance et des normes réutilisables

IBM a annoncé IBM Enterprise Advantage, un nouveau service de conseil conçu pour accompagner les entreprises dans la construction, la gouvernance et l’exploitation d’une plateforme interne d’Intelligence Artificielle agissante « à l’échelle », en combinant expertise sectorielle avec actifs réutilisables et un cadre de travail commun. Présentée le 19 janvier 2026, cette initiative vise à répondre à une problématique récurrente sur le marché : de nombreuses organisations ont déjà investi dans des modèles et pilotes, mais rencontrent encore des difficultés lorsqu’il s’agit de mettre ces cas d’usage en production de manière sécurisée, répétable et avec un impact mesurable.

Le principe d’IBM est clair : faire évoluer l’Intelligence Artificielle en entreprise ne consiste pas simplement à « connecter un modèle », mais à redessiner les processus, intégrer les données et systèmes existants, et établir un gouvernement opérationnel permettant de déployer des agents sans repartir de zéro à chaque projet. Dans ce cadre, Enterprise Advantage se positionne comme un service « unique en son genre » (selon IBM) par son approche basée sur des actifs, c’est-à-dire fondée sur des ressources partagées — standards, composants réutilisables et artefacts prêts à l’emploi — conçus pour accélérer le cycle de l’idée au déploiement.

Une approche « agnostique »: sans forcer le changement de cloud, modèle ou infrastructure

Un message clé de cette annonce est que les organisations peuvent utiliser Enterprise Advantage pour concevoir de nouveaux flux de travail, connecter l’Intelligence Artificielle à des systèmes existants et développer des applications agissant dans l’échelle sans avoir à changer de fournisseur cloud, de modèle ou d’infrastructure centrale. La communication officielle mentionne une compatibilité avec Amazon Web Services, Google Cloud, Microsoft Azure, ainsi qu’avec l’écosystème watsonx d’IBM, et avec des modèles open source et propriétaires.

Concrètement, IBM souhaite positionner ce service comme une couche d’orchestration et de gouvernance au-dessus de la diversité réelle des systèmes et environnements : multiclouds, outils variés, équipes diversos, avec des exigences croissantes en matière de sécurité et de conformité. L’enjeu est crucial : lorsque l’on déploie des agents capables d’exécuter des actions (et pas seulement de répondre à des questions), le contrôle d’accès, la traçabilité et les garde-fous deviennent indispensables, plus qu’un simple « bonus ».

De plateforme interne à offre client : le « playbook » d’IBM Consulting Advantage

IBM relie Enterprise Advantage à IBM Consulting Advantage, sa plateforme interne de déploiement assisté par l’Intelligence Artificielle dans le cadre de IBM Consulting. Selon la société, cette plateforme — qui dispose d’un marketplace croissant d’agents et d’applications par secteur — a déjà soutenu plus de 150 projets clients et aurait permis d’augmenter la productivité de ses consultants jusqu’à 50 %, avec pour objectif d’obtenir des résultats plus rapides.

La stratégie est évident : IBM cherche à « industrialiser » sa méthode, en transposant aux clients l’approche qu’elle a elle-même expérimentée en interne. Plutôt que de vendre uniquement des heures de conseil, elle propose un modèle où une partie de la valeur est encapsulée dans des actifs réutilisables (modèles, agents, standards d’implémentation, ressources de gouvernance) adaptables à chaque contexte client. Cela s’inscrit dans l’évolution des services professionnels liés à l’Intelligence Artificielle, qui deviennent moins artisanaux et plus industrialisés.

Cas d’usage cités : Pearson et un fabricant adoptant une stratégie « plateforme-first »

IBM évoque Pearson comme exemple d’adoption : l’entreprise éducative aurait utilisé le service pour bâtir une plateforme sur mesure combinant expertise humaine et assistants agissants destinés à accompagner le travail et la prise de décision quotidienne. Aucun détail technique précis n’a été communiqué sur le déploiement, mais le cas illustre l’objectif : intégrer les assistants dans les opérations courantes sans que cela se limite à une collection de pilotes isolés.

On cite également le cas d’une entreprise manufacturière (sans nom) qui aurait exploité Enterprise Advantage pour orchestrer sa stratégie d’Intelligence Artificielle générative : identifier des cas d’usage à fort potentiel, valider des prototypes, et aligner la direction autour d’une démarche « platform-first ». Dans ce contexte, IBM indique que le client déploie des assistants utilisant diverses technologies dans un environnement sécurisé et gouverné, comme socle pour étendre cette adoption à toute l’organisation.

« Beaucoup investissent, peu passent à l’échelle » : le vrai défi de la valeur à l’échelle de l’entreprise

Mohamad Ali, Vice-Président Senior et Responsable d’IBM Consulting, résume la situation : investir dans l’Intelligence Artificielle est relativement simple ; en tirer une valeur réelle à grande échelle est ce qui pose problème. Dans son message, IBM affirme avoir résolu une partie de ces défis en interne et souhaite désormais transférer cette expérience à ses clients, en « combinant expertise humaine, collaborateurs numériques et actifs prêts à l’emploi ».

Pour beaucoup d’organisations, le véritable verrou n’est plus la disponibilité des modèles, mais leur opérationnalisation : intégration aux systèmes legacy, gestion des identités et autorisations, contrôle qualité, gestion des risques, surveillance, et gouvernance du changement. C’est pourquoi IBM présente Enterprise Advantage comme une solution pour « naviguer » dans le marché des agents et, simultanément, bâtir une plateforme interne dotée de contrôles et standards dès le départ.

Disponibilité et positionnement : une offre « déjà accessible »

IBM indique que Enterprise Advantage est dès à présent disponible, soulignant qu’il ne s’agit pas d’un concept en phase de prototype ou de recherche, mais d’une offre commerciale bâtie sur les enseignements recueillis auprès d’IBM Consulting Advantage.


Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’intelligence artificielle agissante et pourquoi complique-t-elle la gouvernance en entreprise ?

L’intelligence artificielle agissante vise à créer des assistants capables non seulement de répondre, mais aussi d’exécuter des tâches et de coordonner des actions dans des flux de travail. Cela augmente considérablement les exigences en matière de contrôle d’accès, traçabilité, audit et garde-fous, car l’impact dépasse désormais le domaine de l’information pour toucher la sphère opérationnelle.

Que signifie « consulting basée sur des actifs » dans Enterprise Advantage ?

IBM décrit Enterprise Advantage comme un service combinant conseil et actifs réutilisables (standards partagés, composants, ressources prêtes à l’emploi) pour accélérer la création et l’exploitation d’une plateforme interne d’Intelligence Artificielle.

L’offre peut-elle être utilisée sans changer de fournisseur cloud ou de modèle ?

Selon IBM, le service est conçue pour faire évoluer des applications agissantes sans imposer de changement de fournisseur cloud, de modèle ou d’infrastructure centrale, avec une compatibilité affichée avec AWS, Google Cloud, Microsoft Azure, watsonx d’IBM, et des modèles open source ou propriétaires.

Quelles organisations ont généralement besoin d’une plateforme interne gouvernée pour gérer des assistants et agents ?

En général, les entreprises avec multiples unités de business, des exigences de conformité strictes, et une nécessité de standardiser le déploiement (sécurité, gestion des identités, intégration) ont tendance à rechercher une approche « platform-first » pour éviter que chaque assistant devienne un projet isolé.

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