Google confirme « Projet Mica » : lance son deuxième grand campus de centres de données à Kansas City

Google confirme « Projet Mica » : lance son deuxième grand campus de centres de données à Kansas City

Google a commencé la construction d’un second campus de centres de données dans la région de Kansas City (Missouri), une étape qui confirme l’importance croissante de cette région en tant que polo d’infrastructure numérique aux États-Unis. Le projet, connu publiquement sous le nom de « Projet Mica », s’implante sur un terrain d’environ 500 acres dans le comté de Clay, à l’intersection de l’I-435 et de la US-169. Il est conçu pour accueillir cinq bâtiments de centres de données totalisant 1,56 million de pieds carrés (soit environ 144 928 m²) et une puissance associée pouvant atteindre 700 MW, selon les chiffres communiqués par les autorités portuaires et les médias du secteur.

Bien que Google n’ait pas encore fourni un calendrier précis, l’entreprise a rappelé un schéma habituel pour ce type de développement : quand les projets avancent à un rythme « normal », ils prennent généralement entre 18 à 24 mois. La durée dépend de plusieurs facteurs tels que la disponibilité de la main-d’œuvre, la chaîne d’approvisionnement, les conditions climatiques et les délais d’accès à l’électricité. Par ailleurs, la société poursuit également la construction de son premier campus dans le Missouri, annoncé en 2024 et encore en cours, ce qui montre que Kansas City n’est pas un simple « test », mais une stratégie de capacité à grande échelle.

Le nouveau goulot d’étranglement : la puissance, les contrats et les « tarifs pour grandes charges »

Cette annonce intervient alors que le secteur des centres de données se redéfinit autour d’un facteur qui, auparavant, était considéré comme une simple infrastructure : l’électricité. La magnitude des charges prévues (des centaines de MW) pousse les fournisseurs d’électricité et les régulateurs à mettre en place des tarifs spécifiques pour les grands consommateurs, avec des mécanismes visant à éviter que les coûts d’extension du réseau et de nouvelle génération ne soient répercutés de manière disproportionnée sur les autres clients.

Dans la région, Evergy (l’un des principaux fournisseurs d’électricité) a lancé des cadres pour les grandes charges qui, en général, exigent des engagements à long terme, transférant les coûts directs d’infrastructure vers le grand consommateur et intégrant des composantes pour financer le renforcement du réseau et la capacité de production. Ce modèle se retrouve dans plusieurs États situés dans le « cercle » des centres de données et s’inscrit dans une tendance plus large : si ces centres veulent une puissance rapidement et à grande échelle, ils doivent aussi accepter des règles plus strictes concernant la permanence et la rémunération selon la capacité.

Les incitations financières et la rentabilité locale : la bataille du discours

Comme dans d’autres mégaprojets de cette taille, l’incitation publique occupe une place centrale dans le débat. Dans le cas du Projet Mica, l’Autorité portuaire de Kansas City (Port KC) a approuvé une structure d’incentives et de financements qui, selon la presse locale, pourrait représenter jusqu’à 10 milliards de dollars en instruments liés au développement, comprenant de importantes exonérations fiscales à long terme (y compris des réductions considérables de taxes foncières pour plusieurs décennies) et des exonérations concernant les matériaux et équipements lors de la construction. En échange, le projet s’engage à contribuer à des institutions éducatives et de formation professionnelle de la région.

Pour Google, le message est clair : ce campus ne se limite pas à alimenter des services numériques ; il cherche aussi à se positionner comme un moteur d’emploi, de travaux publics, d’embauches locales et de « croissance économique », un discours que l’on retrouve dans presque toutes les annonces concernant des centres de données depuis que la demande en IA a favorisé les projets d’expansion.

Le contexte politique : qui paie la facture de l’essor de l’IA

Avec la demande électrique générée par l’IA placée au centre des préoccupations, la pression politique s’accroît également. Plusieurs propositions législatives voient le jour aux États-Unis pour protégier les consommateurs face au risque que les coûts liés aux nouvelles infrastructures électriques, motivés par les centres de données, finissent par être répercutés sur les ménages et les petites entreprises. Un exemple récent est l’initiative du sénateur Josh Hawley, visant à limiter la transférabilité des coûts énergétiques des centres de données vers les consommateurs, témoignant d’un climat réglementaire de plus en plus sensible à l’impact de l’« explosion » de l’IA sur la facture électrique.

Kansas City, de plus en plus un « cold spot » pour les centres de données

Le Projet Mica n’est pas une exception. Google avait déjà demandé (et obtenu) des permis pour développer un autre vaste terrain dans le nord de Kansas City ces dernières années. Le marché associe depuis longtemps la compagnie à davantage de terrains et de projets en préparation dans la région. Entre permis, terrains et projets baptisés « code name », le schéma se répète : la région offre des espaces, une connectivité performante et un environnement favorable, mais la vitesse réelle de mise en œuvre dépend d’un facteur crucial : quand sera-t-elle alimentée en puissance (et dans quelles conditions contractuelles).

En résumé, le lancement du second campus confirme une tendance qui ne se limite plus à la « cloud » mais qui s’étend à l’IA et aux flux de données à l’échelle industrielle. Le centre de données n’est plus simplement un bâtiment technique, mais devient un atout stratégique où convergent économie locale, politique énergétique, incitations fiscales et compétition technologique mondiale.


Questions fréquentes

Qu’est-ce que « Projet Mica » et pourquoi est-ce important ?
C’est le nom donné au second campus de centres de données de Google à Kansas City. Son importance réside dans sa taille (plusieurs bâtiments, grande superficie, forte demande en électricité) et dans le contexte énergétique et réglementaire qui l’entoure.

Qu’implique un campus de jusqu’à 700 MW ?
Cela représente une demande énergétique comparable à celle de grandes installations industrielles, obligeant à planifier le réseau, les sous-stations et la capacité de production ou les contrats d’approvisionnement avec des exigences plus strictes.

Pourquoi les centres de données bénéficient-ils d’incitations fiscales ?
Les autorités justifient souvent ces soutiens par leurs investissements, la création d’emplois directs et indirects, leur contribution à l’économie locale et leur activité. Cependant, ces incitations suscitent un débat, en particulier si la communauté perçoit des impacts (bruit, travaux, pression sur les services) sans bénéfices proportionnels.

Ce qui change dans la réglementation électrique avec l’expansion de l’IA ?
L’émergence de nouvelles tarifs spécifiques pour les « grandes charges » (centres de données) vise à faire en sorte que ces grands consommateurs prennent en charge directement leurs coûts de connexion et de renforcement du réseau, et des initiatives politiques tendent à empêcher que ces coûts soient répercutés sur les consommateurs finaux.

Sources : kshb

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