Fastly, la plateforme edge cloud reconnue pour accélérer et sécuriser les applications Web, a clôturé le quatrième trimestre 2025 avec des chiffres record, adressant un message clair au marché : l’intelligence artificielle (IA) ne consomme pas seulement davantage d’infrastructures, elle redéfinit aussi le paysage du trafic qui circule sur le réseau.
La société a annoncé des revenus de 172,6 millions de dollars pour le trimestre, en progression de 23 % par rapport à l’année précédente, tout en améliorant significativement sa rentabilité opérationnelle. Parallèlement, son CEO, Charles “Kip” Compton, a décrit l’IA comme un « vent favorable » croissant pour l’activité de Fastly, en particulier en raison de l’augmentation du trafic généré par les agents automatiques et de la nécessité de gérer avec précision les bots et crawlers.
Une transformation financière qui séduit le marché
Sur le plan strictement comptable, Fastly a enchaîné plusieurs jalons : des records de revenus trimestriels, une amélioration des marges et un bénéfice opérationnel ajusté. La société affiche désormais un marge brute GAAP de 61,4 % (contre 53,4 % l’année précédente) et une marge brute non-GAAP de 64,0 %.
Ce regain de « vigueur » s’est également traduit dans le résultat par action ajusté : 0,12 dollars (non-GAAP, dilué), contre des pertes ajustées l’année précédente.
En réaction, les marchés ont été immédiats : après la publication des chiffres, le cours de l’action a connu un fort bond lors de la séance hors heures, témoignant d’une perception d’un tournant positif dans la trajectoire de croissance de l’entreprise.
L’IA comme moteur : plus « machine à machine », plus de pression… mais aussi plus d’opportunités
Au-delà du trimestre, l’aspect crucial réside dans les raisons pour lesquelles Fastly considère que l’IA catalyse sa croissance.
Compton a expliqué que l’on observe une hausse du trafic lié aux agents automatiques (ce qui était auparavant appelé « machine à machine »), car les outils d’IA ont tendance à effectuer plus de requêtes et de vérifications sur divers sites pour répondre à des tâches ou les exécuter. Pour Fastly, ce comportement se traduit par davantage d’appels traversant son réseau, au profit de clients exigeants en performance et disponibilité.
Le second vecteur concerne la charge de travail IA en périphérie (edge) : allant des processus liés aux datasets d’entraînement jusqu’à l’inférence et autres tâches requérant une capacité proche de l’utilisateur ou une faible latence. La société voit cela comme une évolution naturelle : si l’IA s’intègre dans les produits et workflows quotidiens, une partie du traitement informatique et de la surveillance se rapproche du « bord » du réseau.
Enfin, le troisième aspect, quasi inévitable, est la nécessité de distinguer les bots « légitimes » des bots malveillants : face à la croissance du trafic automatisé, il faut être capable de filtrer et de neutraliser ceux qui dégradent la performance, augmentent les coûts ou présentent des risques. Fastly insiste sur le fait que de nombreux clients souhaitent « être présents » dans l’écosystème IA (en autorisant certains crawlers ou fetchers), tout en bloquant ceux qui nuisent.
Ce compromis est concret : dans son Threat Insights Report, Fastly met en avant la part essentielle des bots « appréciés » (crawlers et fetchers) et dresse un portrait précis des crawlers IA. Par exemple, l’entreprise souligne que Meta et ChatGPT concentrent une part significative du trafic IA de crawler/fetcher analysé.
Les indicateurs clés : contrats, clients et fidélisation
Dans le domaine des infrastructures, le succès ne se mesure pas uniquement sur le court terme. Fastly a clôturé avec un RPO (Remaining Performance Obligations) de 353,8 millions de dollars, en hausse de 55 % par rapport à l’année précédente, un indicateur de revenus futurs plus solides. La société a également porté à 628 son nombre de clients enterprise et la taux de rétention nette sur 12 mois a augmenté à 110 %.
En résumé, la thèse de croissance ne repose pas uniquement sur l’IA, mais sur une plateforme avec une « meilleure » qualité de portefeuille, où l’expansion des dépenses des clients existants confirme la solidité de la stratégie.
Perspectives 2026 : la barre s’élève
Pour 2026, Fastly prévoit des revenus compris entre 700 et 720 millions de dollars pour l’année, avec un bénéfice opérationnel non-GAAP de 50 à 60 millions et un BPA ajusté (non-GAAP) de 0,23 à 0,29 dollars. Pour le premier trimestre, la société anticipe des revenus de 168 à 174 millions.
Le message sous-jacent est clair : l’entreprise ne se contente pas de « résister » au changement qu’implique l’évolution d’Internet ; elle cherche à en tirer parti : plus d’automatisation, plus d’agents, plus d’IA. Ce mouvement implique une demande accrue pour l’edge, la sécurité et le contrôle du trafic.
Foire aux questions (FAQ)
Qu’est-ce que Fastly et pourquoi est-elle considérée comme une plateforme « edge cloud » ?
Fastly gère une infrastructure distribuée pour accélérer le contenu, exécuter des fonctions en périphérie (edge compute) et renforcer la sécurité ainsi que la visibilité des applications Web.
Pourquoi l’Intelligence Artificielle augmente-t-elle le trafic réseau ?
Les agents et outils IA effectuent souvent plus de vérifications automatiques (crawling, fetchings, vérification de sources), ce qui génère une augmentation des requêtes « machine à machine » par rapport au trafic traditionnel humain.
Que signifie « AI bot mitigation » et pourquoi est-ce important pour les entreprises et médias ?
Il s’agit des techniques permettant d’autoriser les bots légitimes (indexation, fetchers utiles) tout en bloquant la automatisation malveillante ou abusive pouvant entraîner des dysfonctionnements, fraudes, scraping intensif ou coûts accrus.
Qu’est-ce que le RPO et pourquoi revient-il souvent dans les résultats financiers ?
Le RPO (Remaining Performance Obligations) représente les revenus engagés dans des contrats en cours encore non reconnus, servant d’indicateur de la visibilité commerciale et de la demande future.
Source : investors.fastly