ExaGrid a dévoilé la version 8.1 de sa plateforme de stockage pour sauvegardes, une mise à jour focalisée sur trois axes principaux : la compatibilité avec Cohesity DataProtect, le chiffrement des transferts via Network File System (NFS) et un système de quotas destiné aux fournisseurs de services managés. Cette nouvelle version, désormais disponible, offre des options élargies pour combiner différentes solutions de sauvegarde sur une même infrastructure.
Les points clés d’ExaGrid 8.1 en 30 secondes
- Support intégré pour Cohesity DataProtect via le protocole S3.
- Intégration compatible avec Cohesity CloudArchive Direct et les environnements hybrides incluant NetBackup.
- Le constructeur affirme pouvoir réduire d’environ la moitié l’espace occupé par les données déjà dédupliquées par Cohesity.
- La version 8.1 chiffre la taille des copies transférées via NFS lorsque l’application de sauvegarde le permet.
- Les MSP peuvent attribuer des quotas par client et recevoir des alertes sans interrompre les sauvegardes.
Cette mise à jour n’altère pas l’architecture générale d’ExaGrid, qui repose sur une organisation hiérarchique du stockage conçue spécifiquement pour les sauvegardes. Les données les plus récentes arrivent en priorité dans une zone de disque appelée Landing Zone, optimisée pour accélérer les écritures et restaurations, tandis que les copies à long terme sont déplacées vers une autre couche où s’appliquent déduplication et politiques de rétention.
Ce modèle vise à empêcher que la déduplication n’entrave la rapidité de récupération des sauvegardes récentes. Par ailleurs, la société a intégré des mécanismes visant à limiter l’impact d’attaques de ransomware, tels que la suppression retardée, les objets inaltérables et une couche de stockage non exposée directement à Internet.
Intégration de Cohesity DataProtect dans ExaGrid
La principale nouveauté fonctionnelle de la version 8.1 est la compatibilité avec Cohesity DataProtect, la plateforme de protection et de récupération de données de Cohesity.
L’intégration s’appuie sur le protocole S3, ce qui permet à ExaGrid d’agir comme destination de stockage adaptée aux objets pour les sauvegardes générées par DataProtect. Elle supporte également Cohesity CloudArchive Direct, qui permet d’archiver des données dans des clouds publics ou des destinations compatibles S3.
Cela offre la possibilité d’utiliser ExaGrid comme dépôt d’archivage pour des copies gérées via Cohesity, sans que l’organisation ait à remplacer nécessairement son logiciel de sauvegarde.
ExaGrid affirme que son système peut ré-dédoubler des données déjà dédupliquées par Cohesity, réduisant ainsi leur empreinte de stockage d’environ 50 %. Il s’agit d’une estimation du fabricant, dont le résultat réel dépendra du type d’informations protégées, du taux de modifications, de la durée de conservation et de la compression appliquée avant que les données n’arrivent à destination.
La déduplication élimine les blocs répétitifs afin d’éviter de stocker plusieurs fois la même information. Son efficacité est généralement élevée dans des environnements avec de nombreuses machines virtuelles, des systèmes d’exploitation similaires ou des sauvegardes périodiques avec peu de modifications. En revanche, pour des données chiffrées, comprimées ou peu répétitives, la réduction peut être moindre.
La nouvelle version prend aussi en compte des environnements où coexistent Cohesity DataProtect et Cohesity NetBackup. Cette compatibilité est utile pour les organisations en migration ou celles qui maintiennent différentes plateformes de protection selon la charge de travail.
NetBackup demeure une solution très répandue dans les grandes entreprises, tandis que DataProtect offre une plateforme unifiée pour protéger machines virtuelles, bases de données, stockage NAS, services cloud, applications SaaS et certains dépôts d’intelligence artificielle. ExaGrid vise à fonctionner comme une destination commune pour ces deux produits.
Le chiffrement NFS en transit
ExaGrid 8.1 intègre désormais le chiffrement des données transférées via NFS, à condition que l’application de sauvegarde utilisée supporte ce mode de protection.
NFS est un protocole courant pour partager des systèmes de fichiers entre serveurs, notamment dans les environnements Linux et Unix. Il est également employé pour transférer des copies vers des dispositifs de stockage accessibles via réseau.
Le chiffrement en transit assure la sécurité des données durant leur déplacement entre l’application de sauvegarde et le stockage ExaGrid. Cela évite à une personne malveillante d’intercepter et de lire le contenu des copies en capturant le trafic réseau.
Il ne faut pas confondre cette nouvelle fonction avec le chiffrement des données stockées. Une organisation peut protéger ses données lors de leur transfert, après leur sauvegarde, ou dans les deux cas. La configuration dépendra de l’application de sauvegarde, de la configuration d’ExaGrid et des politiques de sécurité en vigueur.
Déjà, ExaGrid supportait des communications chiffrées via d’autres moyens, notamment Veeam Data Mover, CIFS et S3. L’ajout du chiffrement NFS ouvre une option encore utilisée dans de nombreux centres de données et plateformes de sauvegarde.
L’annonce ne précise pas quels logiciels de sauvegarde sont compatibles dès le lancement ni les versions ou mécanismes cryptographiques requis. Les administrateurs devront vérifier la compatibilité avant activation, car ExaGrid conditionne cette fonction au support apporté par le logiciel de sauvegarde d’origine.
Il ne faut pas non plus sous-estimer l’impact potentiel de l’activation du chiffrement : consommation accrue du processeur, vitesse de transfert et comportement en réseaux à haute capacité dépendront du protocole, du matériel et du volume de données échangées.
Nouveaux quotas pour les fournisseurs de services managés
La troisième nouveauté concerne les fournisseurs de services managés (MSP) utilisant une infrastructure unique d’ExaGrid pour protéger plusieurs clients.
Jusqu’à présent, la plateforme mesurait déjà le volume de données stocké sur chaque partage. Avec la version 8.1, le MSP peut assigner une limite de capacité spécifique à chaque client, en lien avec leur contrat.
Lorsque le volume dépasse ce seuil, ExaGrid envoie une alerte. La sauvegarde n’est pas interrompue automatiquement, ce qui évite de mettre en danger la protection du client pour cause de dépassement de capacité.
Ce comportement favorise la continuité de la sauvegarde, mais oblige le prestataire à agir suite à l’alerte. Il pourra par exemple augmenter la capacité du contrat, réviser la politique de rétention, supprimer des données obsolètes ou analyser les raisons de l’augmentation du volume.
Ce système permet de lier l’utilisation technique à la facturation. Un MSP peut ainsi vérifier si chaque client reste dans la capacité allouée et détecter des dépassements avant qu’ils n’impactent la gestion globale ou la planification du stockage.
Il ne s’agit pas d’un mécanisme d’isolement strict. La simple alerte ne bloque pas la capacité consommée : le client peut continuer à utiliser la capacité. La surveillance intégrée doit être complétée par des processus de gestion pour réagir efficacement en cas d’excès.
Une plateforme compatible avec plusieurs applications de sauvegarde
ExaGrid affirme que son équipement fonctionne avec plus de 25 applications de sauvegarde et accepte de recevoir simultanément des données provenant de plusieurs d’entre elles.
Ce positionnement vise à séparer la gestion des sauvegardes de la plateforme de stockage elle-même. Ainsi, une organisation peut continuer à utiliser ses logiciels de sauvegarde existants en changeant ou en complétant la destination sans retoucher entièrement sa procédure.
Il est aussi possible pour une entreprise d’employer différents produits pour différentes charges : une plateforme pour VMware, une autre pour Microsoft 365, une troisième pour des bases de données, tout en centralisant tout dans un seul système de stockage.
Le principal avantage est une réduction de la dépendance vis-à-vis d’un seul logiciel. Cependant, chaque intégration doit être vérifiée en détail car ses fonctionnalités de déduplication, restauration, immutabilité ou chiffrement peuvent différer.
ExaGrid propose également une architecture évolutive horizontale : quand la quantité de données augmente, on ajoute des dispositifs complets équipés de capacité de stockage, capacité de traitement, mémoire et connectivité. Cette conception vise à éviter que les fenêtres de sauvegarde ne s’allongent avec la croissance de l’information protégée.
Toutefois, cet aspect dépendra de la planification et du dimensionnement. La performance finale sera influencée par la configuration du réseau, le nombre de flux simultanés, la rapidité des sources de sauvegarde et le débit des données échangées.
La version 8.1 reste une mise à jour progressive, mais répond à des besoins spécifiques. La compatibilité avec Cohesity élargit le nombre de plateformes pouvant utiliser ExaGrid comme dépôt, le chiffrement NFS sécurise une voie de transfert courante et le système de quotas facilite la gestion commerciale des services partagés.
Foire aux questions
Quels sont les éléments ajoutés par ExaGrid 8.1 ?
Support pour Cohesity DataProtect, chiffrement en transit via NFS, ainsi que des quotas configurables par partage pour les fournisseurs de services managés.
Comment Cohesity DataProtect se connecte-t-il à ExaGrid ?
Via le protocole S3, compatible avec Cohesity CloudArchive Direct. Elle supporte aussi les environnements combinant DataProtect et NetBackup.
Les sauvegardes se interrompent-elles si un client dépasse son quota ?
Non. ExaGrid envoie une alerte au fournisseur mais ne bloque pas la sauvegarde pour continuer à assurer la protection des données.
Le chiffrement NFS fonctionne-t-il avec toutes les applications de sauvegarde ?
Pas nécessairement. l’application doit supporter NFS chiffré ; il est donc essentiel de vérifier sa compatibilité et la version utilisée.
Via : exagrid