Equinix, à nouveau dans le quadrant des « Leaders » du IDC MarketScape : pourquoi la colocation et l’interconnexion deviennent critiques avec l’IA

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La concurrence pour l’infrastructure numérique ne se limite pas au cloud public. Dans les coulisses — où résident les centres de données, l’énergie, la réfrigération et surtout l’interconnexion — le marché continue de croître « à un rythme soutenu », stimulé par la demande des entreprises, des hyper-scalers, des fournisseurs cloud et des opérateurs de réseau. Dans ce contexte, IDC a publié son évaluation mondiale des fournisseurs de services de centres de données pour 2023, plaçant Equinix en catégorie de « Leaders » selon sa méthodologie IDC MarketScape.

Bien que ces rapports soient souvent perçus comme des « classements », l’essentiel est de comprendre ce que IDC mesure : les services de colocation et d’interconnexion (installations tierces où le client héberge son infrastructure et se connecte à des écosystèmes de réseaux, cloud et services numériques), plutôt que la simple utilisation du cloud en tant que logiciel.

Ce que évalue IDC MarketScape (et comment interpréter le graphique)

IDC MarketScape divise l’évaluation selon deux axes :

  • Capacités (axe Y) : ce que le fournisseur peut offrir « aujourd’hui », son catalogue réel et son alignment avec les besoins actuels.
  • Stratégie (axe X) : dans quelle mesure son plan à 3–5 ans correspond aux attentes des clients.

De plus, la taille de l’icône représente la part de marché dans le segment évalué. Sur la figure du rapport, Equinix apparaît dans la zone « Leaders » aux côtés d’autres acteurs majeurs du secteur, comme Digital Realty et NTT.

Ce mode de lecture est important : un fournisseur peut se distinguer par ses capacités actuelles, par sa vision stratégique, ou par les deux. IDC tente de refléter cet équilibre, et non simplement la taille.

Pourquoi Equinix en sort renforcée : empreinte globale et densité d’écosystème

Dans le profil succinct du fournisseur, IDC décrit Equinix comme un acteur consolidé dans l’infrastructure numérique, avec un réseau couvrant six continents et une présence dans 71 zones métropolitaines de 32 pays. En juin 2023, l’entreprise comptait 248 centres de données (dont xScale pour le segment hyper-scalas et gros opérateurs), plus de 10 000 clients et environ 452 000 interconnexions à l’échelle mondiale.

Mieux que les chiffres, la nuance réside dans la « densité » de l’écosystème : IDC souligne qu’Equinix maintient une base client comprenant des milliers de réseaux et fournisseurs cloud/IT, ainsi qu’une part significative de grandes entreprises et acteurs digitaux. Concrètement, cela se traduit en un avantage opérationnel : plus réseaux, clouds et services sont proches, plus il est facile de bâtir des architectures hybrides et multicloud à faible latence et avec une moindre complexité contractuelle.

Trois niveaux d’offre : centres de données, interconnexion et services numériques

IDC structure l’offre d’Equinix en couches dans Platform Equinix :

1) Services de centres de données (colocation « retail » et « wholesale »)

Le rapport détaille les capacités classiques de colocation (sécurité, supervision, services à distance, cages et options personnalisées) et mentionne des initiatives comme xScale, orientée hyper-scaling et gros volumes, avec des plans de capacité à grande échelle.

2) L’interconnexion comme colonne vertébrale

IDC met en avant Equinix Fabric comme un réseau d’interconnexion défini par logiciel, accessible dans de nombreuses zones métropolitaines, avec une connectivité de niveau 2 et 3, supportant des ports haute capacité, ainsi que des services d’échange et d’interconnexion entre centres. La conviction est claire : l’intérêt n’est plus uniquement de « louer de l’espace », mais d’interconnecter efficacement et de manière flexible.

3) Services numériques pour exploiter réseaux et charges hybrides

Le rapport évoque aussi des offres comme Network Edge (fonctions réseaux virtualisées à la demande, via partenaires) et Equinix Metal (bare metal en mode service), témoignant de l’évolution vers une infrastructure plus automatisée et à la consommation à la demande.

L’essor de l’IA change tout : densité, puissance et refroidissement

Le rapport d’IDC ne se limite pas à une photographie du marché. Il met en lumière une tendance devenue chronique : l’IA générative et les charges à haute densité redessinent les exigences physiques des centres de données, avec une réalité qui a déjà commencé à s’imposer en 2026.

IDC affirme que les fournisseurs doivent accélérer la création de hubs régionaux capables de faire passer la densité de 10–20 kW par rack dans la norme à des scénarios atteignant 70 kW par rack, voire 200–300 kW par rack, selon l’usage, avec un besoin accru de refroidissement avancé, une meilleure dissipation thermique et une attention sérieuse à la gestion de l’énergie.

Parallèlement, IDC insiste sur le fait que la durabilité n’est plus un slogan mais une nécessité mesurable : réduction de la consommation d’eau, bâtiments plus efficients et recours accru aux énergies renouvelables. À ce sujet, le rapport mentionne qu’Equinix a atteint une couverture de 96 % d’énergie renouvelable dans ses centres de données (donnée indiquée dans le rapport lui-même).

Y a-t-il une « petite lettre » ? Oui : « le global » n’est pas toujours ce que l’on recherche

IDC présente aussi une nuance importante : aussi solide soit-elle, une empreinte mondiale ne sera pas toujours adaptée à toutes les organisations, qui préfèreront un fournisseur régional local. Toutefois, sa recommandation pour « quand choisir Equinix » cible des profils précis : entreprises de taille moyenne à grande, plateformes TI orientées cloud et opérateurs de réseau cherchant à optimiser leur infrastructure numérique en se connectant à un vaste écosystème de partenaires et de services.

En résumé : le leadership ne se résume pas à « être le meilleur pour tous », mais à « être le meilleur pour ceux qui ont besoin d’opérer à grande échelle, avec une connectivité hybride et un réseau dense d’interconnexion ».


Questions fréquentes

Qu’est-ce que IDC MarketScape et pourquoi tant d’entreprises l’utilisent-elles pour comparer des fournisseurs ?

IDC MarketScape est une méthodologie d’évaluation qui positionne les fournisseurs selon leurs capacités actuelles et leur stratégie à 3–5 ans, à partir de critères qualitatifs et quantitatifs. Son graphique facilite la comparaison des approches et leur adéquation aux besoins des clients.

Quelle est la différence entre colocation « retail » et « wholesale » ?

La colocation retail s’affranchit généralement dans de petits espaces, avec des contrats plus courts, et une puissance partagée ; alors que la colocation wholesale concerne souvent des suites ou bâtiments entiers, avec davantage de personnalisation, destinés à des hyper-scalers, contenus ou grands opérateurs, pour une capacité à grande échelle.

Pourquoi l’interconnexion est-elle si cruciale dans les stratégies multicloud hybrides ?

Parce qu’elle réduit la friction : elle permet de relier réseaux, clouds et services avec moins de latence, plus de contrôle et souvent de meilleurs coûts et gouvernance que si tout passait par Internet public avec des architectures « longues ».

Quelles exigences la IA générative impose-t-elle aux centres de données en termes de puissance et de refroidissement ?

IDC anticipe un saut de densité pouvant dépasser largement les plages traditionnelles, nécessitant refroidissement avancé, meilleure dissipation thermique et une planification énergétique rigoureuse ; dans certains cas, ces besoins peuvent dépasser ceux des centres classiques.

Source : equinix

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