Dans de nombreuses infrastructures virtualisées, la sensation de « lenteur » d’une machine virtuelle ne provient pas toujours d’un manque de CPU ou de RAM, mais plutôt de la gestion des accès au disque. Sur Proxmox VE, l’une des configurations les plus mal interprétées — et en même temps très utile lorsqu’elle est appliquée avec discernement — est la l’émulation SSD : une option qui permet au système d’exploitation invité de percevoir le disque virtuel comme un véritable disque SSD.
Le principe repose sur le fait qu’il ne faut pas tomber dans le simplisme : activer l’émulation SSD ne transforme pas un HDD en NVMe. À la place, cette option simule un type de média (flash contre rotation) pour le système invité, ce qui lui permet d’adopter des stratégies plus adaptées telles que la gestion de TRIM, discard, la réorganisation des files d’attente d’E/S, ou certaines routines de maintenance. Dans des environnements hybrides — stockage combinant SSD et HDD, ou backends robustes avec des couches de thin provisioning — ce petit drapeau peut faire toute la différence entre une VM laborieuse et une autre réactive.
Qu’est-ce que l’émulation SSD et pourquoi est-ce important (sans illusions magiques)
Concrètement, Proxmox peut présenter un disque virtuel comme « non rotatif » à l’OS invité. Ce signal influence directement les décisions du système d’exploitation (par exemple, comment il regroupe les petites écritures ou gère l’entretien interne). Cela explique la notion de « performance perçue améliorée » : l’optimisation porte sur le comportement du stack logiciel, non sur le support physique.
Ce réglage devient crucial pour deux raisons principales :
Les systèmes d’exploitation modernes adaptent leur comportement en détectant un SSD (ex. politiques d’entretien, optimisations d’écriture, reclamation de blocs).
TRIM/discard (lorsqu’il est supporté) permet de libérer de l’espace dans un stockage en thin provisioning, tout en maintenant les performances du SSD en évitant du travail interne inutile.
Le triptyque essentiel : émulation SSD, TRIM et discard
Une confusion fréquente dans la majorité des guides concerne TRIM et discard, qui sont souvent mêlés comme s’ils étaient identiques.
TRIM correspond au mécanisme par lequel l’invité (le système d’exploitation de la VM) marque certaines blocs comme « inutilisés » dans son système de fichiers.
Discard désigne la façon dont le hyperviseur/backend reçoit et traite ces demandes pour que le stockage sous-jacent puisse réutiliser ces blocs ou, dans le cas du thin provisioning, libérer réellement de l’espace.
Par exemple, sous Linux, une vérification habituelle consiste à tester la prise en charge de discard, puis à lancer fstrim (pour émettre un TRIM manuel ou à programmer en tâche régulière). Il est important de noter qu’activer discard sans que le backend ne supporte bien cette fonction peut n’apporter aucun avantage (voire augmenter la charge d’E/S dans certains cas).
Ce que Proxmox permet (et ses limites) : contrôle et options « grises »
Toutes les combinaisons de bus ou contrôleurs ne proposent pas les mêmes capacités. Il est fréquent que, selon le type de périphérique virtualisé, l’option d’émulation SSD soit désactivée. Dans la communauté Proxmox, on constate que, par exemple, avec VirtIO Block, cette option n’est pas toujours disponible ; il est souvent conseillé d’utiliser VirtIO SCSI, voire en mode virtio-scsi-single, pour isoler les files d’attente ou activer des options avancées liées au chemin d’E/S.
En pratique : si l’objectif est d’obtenir une performance optimale pour des charges sensibles à la latence (bases de données, systèmes de queues, microservices à nombreuses petites écritures), il est prudent de revoir d’abord le bus ou le contrôleur avant de toucher aux flags.
Configuration recommandée : une approche prudente, itérative et réversible
En environnement de production, la démarche la plus saine consiste à faire des modifications par étape : changer une configuration, mesurer l’impact, puis valider et documenter.
1) Choisir le bon bus ou contrôleur
Pour optimiser les performances et assurer une compatibilité, VirtIO SCSI est souvent privilégié dans Proxmox.
Pour activer des options avancées comme IOThreads, il est généralement recommandé d’utiliser virtio-scsi-single, surtout pour éviter que les disques ne partagent une seule file d’attente, ce qui peut limiter la performance.
2) Activer « SSD emulation » (ssd=1)
Cette option indique au système invité que le disque virtuel doit être considéré comme un SSD. Elle est particulièrement utile si :
Le backend est un vrai SSD/NVMe.
Vous souhaitez que l’OS applique des politiques spécifiques aux SSD (gestion de TRIM, maintenance, etc.).
Vous souhaitez activer TRIM/discard lorsque cela est pertinent.
3) Activer « Discard » (discard=on) uniquement si le backend le supporte efficacement
Le support de discard est critique dans certains cas :
Thin provisioning, pour permettre la récupération d’espace réel lors de la suppression ou de la déallocation.
SSD, pour maintenir un bon rendement en permettant au système d’exploiter totalement les capacités du SSD.
4) IOThreads : répartir le traitement des E/S pour réduire la contention
Les IOThreads visent à paralléliser le traitement des E/S afin d’éviter qu’une seule file ou thread ne devienne un goulet d’étranglement lorsque le nombre d’opérations augmente. Des études techniques montrent que, dans certains cas, cette configuration peut améliorer la performance, mais l’impact dépend fortement du workload spécifique.
5) Modes de cache : équilibre performance vs risque
Ce paramètre nécessite une vigilance particulière, car il implique un compromis :
Writeback : améliore la latence percevée, mais augmente le risque en cas de coupure de courant si aucune protection (UPS, stockage fiable) n’est en place. Les débats techniques insistent sur le fait que les options plus rapides ne sont pas toujours les plus sécurisées.
Writethrough / Pas de cache / Synchronisation directe : privilégient la cohérence mais au prix d’un rendement moindre.
De plus, sous ZFS ou autres backend avancés, il faut faire attention à la présence de caches doubles (au niveau hôte et invité), qui peuvent compliquer la cohérence et les performances si mal gérées.
Tableau synthétique : quoi activer selon l’usage
Cas d’usage typique
SSD emulation
Discard/TRIM
IOThreads
Cache conseillé (indicatif)
VM sur SSD/NVMe, workload général
Oui
Oui (si supporté)
Optionnel
Prudence par défaut
Bases de données avec nombreuses petites écritures
Oui
Oui (si backend compatible)
Oui
Prudence, tests recommandés
Backend HDD (rotation), priorité à la cohérence
Optionnel
Normalement non critique
Optionnel
Prudence
Thin provisioning, besoin de libérer de l’espace
Oui
Oui
Optionnel
Selon backend
ZFS focalisé sur l’intégrité
Oui (si avantage pour le guest)
Variable selon version/politique
Optionnel
Éviter la double cache sans justification
Note éditoriale : ce tableau sert de guide de décision. En production, la compréhension de votre environnement — backend, alimentation électrique, politiques de sauvegarde, tests sous charge — doit primer.
Vérification : comment s’assurer que TRIM/discard fonctionne
Une fois la configuration déployée, le bon réflexe est de procéder à une vérification « bout en bout » :
Sur le système invité (Linux), vérifier la prise en charge de discard puis exécuter fstrim pour s’assurer que des blocs sont bien libérés.
Généralement, s’assurer que l’OS détecte le disque comme SSD (via outils natifs) et que la configuration reste cohérente après redémarrage ou migration.
En Windows, il s’agit souvent de confirmer que la détection indique un SSD et que les options d’optimisation sont actives (attention à ne pas confondre défragmentation et optimisation SSD, qui sont deux notions différentes).
Risques et nuances importantes à connaître
La prise en charge de discard varie selon le backend : l’activer par habitude ne garantit pas nécessairement un gain.
Modifier la configuration de disque d’une VM existante doit se faire avec précaution, lors d’une fenêtre de maintenance, avec sauvegarde et plan de rollback.
Le passthrough (attribution directe de disque) peut être adéquat pour une performance minimale et une exposition native, mais réduit la flexibilité (migration, clonage) et nécessite une gestion rigoureuse.
Le « ressenti » de performance s’améliore grâce à une meilleure signalisation et gestion, pas par la transformation physique du support.
Questions fréquentes
Que réalise exactement l’émulation SSD dans Proxmox, et pourquoi cela peut accélérer une VM ? Elle indique à l’OS invité de considérer le disque virtuel comme un SSD. Ce changement permet à l’invité d’adopter des stratégies d’E/S plus optimisées, notamment en facilitant l’utilisation de TRIM/discard si le backend le supporte.
Quand est-il pertinent d’activer discard / TRIM pour libérer de l’espace réel dans Proxmox ? Particulièrement utile en thin provisioning ou lorsque le backend peut réutiliser des blocs libérés. Vérifiez toujours la compatibilité du backend et la prise en charge côté invité avant activation.
Quelle contrôleur privilégier pour l’émulation SSD et IOThreads dans Proxmox ? Pour une performance et des options avancées, VirtIO SCSI (notamment virtio-scsi-single) est généralement recommandé, offrant plus de contrôle et une meilleure compatibilité.
Activer le cache en writeback est-il « sûr » pour maximiser la performance sous Proxmox ? Cela dépend du maintien électrique (UPS), de la fiabilité du stockage et du niveau de tolérance au risque. Bien que cela améliore la vitesse, cela peut augmenter le risque de perte de données en cas de coupure si la protection n’est pas suffisante.
Émulation de SSD dans Proxmox : ce qui change vraiment et comment profiter de TRIM et de l’I/O dans vos VM
Dans de nombreuses infrastructures virtualisées, la sensation de « lenteur » d’une machine virtuelle ne provient pas toujours d’un manque de CPU ou de RAM, mais plutôt de la gestion des accès au disque. Sur Proxmox VE, l’une des configurations les plus mal interprétées — et en même temps très utile lorsqu’elle est appliquée avec discernement — est la l’émulation SSD : une option qui permet au système d’exploitation invité de percevoir le disque virtuel comme un véritable disque SSD.
Le principe repose sur le fait qu’il ne faut pas tomber dans le simplisme : activer l’émulation SSD ne transforme pas un HDD en NVMe. À la place, cette option simule un type de média (flash contre rotation) pour le système invité, ce qui lui permet d’adopter des stratégies plus adaptées telles que la gestion de TRIM, discard, la réorganisation des files d’attente d’E/S, ou certaines routines de maintenance. Dans des environnements hybrides — stockage combinant SSD et HDD, ou backends robustes avec des couches de thin provisioning — ce petit drapeau peut faire toute la différence entre une VM laborieuse et une autre réactive.
Qu’est-ce que l’émulation SSD et pourquoi est-ce important (sans illusions magiques)
Concrètement, Proxmox peut présenter un disque virtuel comme « non rotatif » à l’OS invité. Ce signal influence directement les décisions du système d’exploitation (par exemple, comment il regroupe les petites écritures ou gère l’entretien interne). Cela explique la notion de « performance perçue améliorée » : l’optimisation porte sur le comportement du stack logiciel, non sur le support physique.
Ce réglage devient crucial pour deux raisons principales :
Le triptyque essentiel : émulation SSD, TRIM et discard
Une confusion fréquente dans la majorité des guides concerne TRIM et discard, qui sont souvent mêlés comme s’ils étaient identiques.
Par exemple, sous Linux, une vérification habituelle consiste à tester la prise en charge de discard, puis à lancer
fstrim(pour émettre un TRIM manuel ou à programmer en tâche régulière). Il est important de noter qu’activer discard sans que le backend ne supporte bien cette fonction peut n’apporter aucun avantage (voire augmenter la charge d’E/S dans certains cas).Ce que Proxmox permet (et ses limites) : contrôle et options « grises »
Toutes les combinaisons de bus ou contrôleurs ne proposent pas les mêmes capacités. Il est fréquent que, selon le type de périphérique virtualisé, l’option d’émulation SSD soit désactivée. Dans la communauté Proxmox, on constate que, par exemple, avec VirtIO Block, cette option n’est pas toujours disponible ; il est souvent conseillé d’utiliser VirtIO SCSI, voire en mode virtio-scsi-single, pour isoler les files d’attente ou activer des options avancées liées au chemin d’E/S.
En pratique : si l’objectif est d’obtenir une performance optimale pour des charges sensibles à la latence (bases de données, systèmes de queues, microservices à nombreuses petites écritures), il est prudent de revoir d’abord le bus ou le contrôleur avant de toucher aux flags.
Configuration recommandée : une approche prudente, itérative et réversible
En environnement de production, la démarche la plus saine consiste à faire des modifications par étape : changer une configuration, mesurer l’impact, puis valider et documenter.
1) Choisir le bon bus ou contrôleur
2) Activer « SSD emulation » (ssd=1)
Cette option indique au système invité que le disque virtuel doit être considéré comme un SSD. Elle est particulièrement utile si :
3) Activer « Discard » (discard=on) uniquement si le backend le supporte efficacement
Le support de discard est critique dans certains cas :
4) IOThreads : répartir le traitement des E/S pour réduire la contention
Les IOThreads visent à paralléliser le traitement des E/S afin d’éviter qu’une seule file ou thread ne devienne un goulet d’étranglement lorsque le nombre d’opérations augmente. Des études techniques montrent que, dans certains cas, cette configuration peut améliorer la performance, mais l’impact dépend fortement du workload spécifique.
5) Modes de cache : équilibre performance vs risque
Ce paramètre nécessite une vigilance particulière, car il implique un compromis :
De plus, sous ZFS ou autres backend avancés, il faut faire attention à la présence de caches doubles (au niveau hôte et invité), qui peuvent compliquer la cohérence et les performances si mal gérées.
Tableau synthétique : quoi activer selon l’usage
Note éditoriale : ce tableau sert de guide de décision. En production, la compréhension de votre environnement — backend, alimentation électrique, politiques de sauvegarde, tests sous charge — doit primer.
Vérification : comment s’assurer que TRIM/discard fonctionne
Une fois la configuration déployée, le bon réflexe est de procéder à une vérification « bout en bout » :
fstrimpour s’assurer que des blocs sont bien libérés.En Windows, il s’agit souvent de confirmer que la détection indique un SSD et que les options d’optimisation sont actives (attention à ne pas confondre défragmentation et optimisation SSD, qui sont deux notions différentes).
Risques et nuances importantes à connaître
Questions fréquentes
Que réalise exactement l’émulation SSD dans Proxmox, et pourquoi cela peut accélérer une VM ?
Elle indique à l’OS invité de considérer le disque virtuel comme un SSD. Ce changement permet à l’invité d’adopter des stratégies d’E/S plus optimisées, notamment en facilitant l’utilisation de TRIM/discard si le backend le supporte.
Quand est-il pertinent d’activer discard / TRIM pour libérer de l’espace réel dans Proxmox ?
Particulièrement utile en thin provisioning ou lorsque le backend peut réutiliser des blocs libérés. Vérifiez toujours la compatibilité du backend et la prise en charge côté invité avant activation.
Quelle contrôleur privilégier pour l’émulation SSD et IOThreads dans Proxmox ?
Pour une performance et des options avancées, VirtIO SCSI (notamment virtio-scsi-single) est généralement recommandé, offrant plus de contrôle et une meilleure compatibilité.
Activer le cache en writeback est-il « sûr » pour maximiser la performance sous Proxmox ?
Cela dépend du maintien électrique (UPS), de la fiabilité du stockage et du niveau de tolérance au risque. Bien que cela améliore la vitesse, cela peut augmenter le risque de perte de données en cas de coupure si la protection n’est pas suffisante.
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