Cloudflare OS : la plateforme IA d’entreprise passe open source

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Des milliers d’employés de Cloudflare utilisent déjà en interne une plateforme capable de fouiller la documentation d’entreprise, d’automatiser des tâches répétitives et de générer de petites applications sur mesure. Cette semaine, l’entreprise a décidé d’en publier le code : Cloudflare OS devient un projet open source, accessible à n’importe quelle organisation qui veut déployer l’IA sans dépendre d’un chatbot générique.

Cloudflare OS en quatre points

  • Plateforme IA d’entreprise open source, née d’un usage interne chez Cloudflare.
  • Architecture Zero Trust : chaque agent et chaque employé passe par Cloudflare Access.
  • Compatible avec plusieurs modèles de langage via AI Gateway, avec suivi des coûts.
  • Système Gatekeepers pour fixer, département par département, ce qu’un agent peut lire ou modifier.

Le problème que Cloudflare dit avoir identifié

La plupart des assistants d’entreprise actuels connaissent bien le monde extérieur et mal l’organisation qui les emploie. À chaque conversation, l’employé doit réexpliquer les processus internes, la structure des équipes ou les règles maison, ce qu’un collègue humain n’aurait besoin d’entendre qu’une fois. Cloudflare part de ce constat pour justifier un changement d’approche : au lieu d’ajouter un assistant par-dessus les outils existants, l’IA devient une couche native de l’infrastructure, avec accès direct aux applications et aux données internes.

Cette plateforme n’est pas née pour être vendue. Elle a d’abord servi en interne, où elle sert aujourd’hui à rédiger des documents, retrouver des informations dispersées entre plusieurs systèmes et construire de petits outils métier. C’est cette version rodée en production que Cloudflare ouvre désormais au public.

La sécurité comme brique de départ, pas comme rustine

Cloudflare OS s’appuie sur le modèle Zero Trust de Cloudflare Access pour vérifier en continu l’identité de chaque utilisateur et valider chaque requête émise par un agent IA, avant même qu’elle n’atteigne une ressource interne. À cela s’ajoute Gatekeepers, un système qui connecte les applications d’entreprise selon des règles définies département par département : quelles informations un agent peut consulter, quelles actions il peut exécuter seul, et à partir de quand il doit demander une autorisation avant de toucher à une donnée ou de lancer un processus.

C’est précisément la question qui bloque beaucoup d’entreprises aujourd’hui : donner à l’IA accès à des informations sensibles sans perdre le contrôle sur les permissions ni la trace de ce qui a été fait. D’autres acteurs planchent sur des problèmes voisins, comme Red Hat avec son projet Asago, centré sur la gouvernance et l’audit automatisés de l’IA en entreprise.

Aucun fournisseur de modèle imposé

Cloudflare évite aussi d’enfermer ses clients chez un seul fournisseur de modèles fondamentaux. Grâce à AI Gateway, la plateforme route chaque tâche vers le modèle le plus adapté : les requêtes complexes vont aux modèles les plus puissants, les tâches courantes à des alternatives plus légères et moins chères. Un tableau de bord permet de suivre les dépenses par utilisateur, par département ou par application, et de fixer des plafonds budgétaires.

Cette logique de répartition des charges de calcul rejoint les travaux que Cloudflare mène par ailleurs sur l’efficacité des modèles ouverts. L’entreprise a récemment détaillé comment elle fait tourner Kimi K2.6 et GLM 5.2 avec moins de mémoire sur Workers AI, sans perdre en précision, un chantier qui va dans le même sens : réduire le coût réel de l’IA en production.

Open source : un choix stratégique autant que technique

En publiant le code de Cloudflare OS, l’entreprise met en avant un argument simple : les processus, applications et connaissances construits sur la plateforme restent la propriété de l’organisation qui les a créés, sans dépendance totale envers un fournisseur propriétaire. Le projet est déjà téléchargeable depuis son dépôt officiel. Cloudflare prévoit aussi une version gérée, déployée directement par ses soins ou via des intégrateurs comme Happy Cog et Presidio.

Le calendrier n’est pas neutre. Cloudflare a aussi présenté récemment Cloudflare Wallets et cloudflare.pay, deux briques pensées pour que des agents IA puissent payer et s’identifier en toute sécurité. Mises bout à bout, ces annonces dessinent une même ambition : couvrir l’ensemble du cycle de vie d’un agent d’entreprise, de l’accès aux données jusqu’au paiement, en passant par la gouvernance.

Ce que cela change pour les entreprises

Le lancement de Cloudflare OS confirme un déplacement du débat. Il ne s’agit plus seulement de brancher un assistant conversationnel sur un logiciel métier, mais de bâtir des plateformes où les agents accomplissent des tâches concrètes dans l’organisation, avec des garde-fous de sécurité, d’audit et de gouvernance intégrés dès le départ. Cloudflare joue ici sur ses points forts historiques, à savoir la connectivité réseau, le Zero Trust et l’infrastructure cloud, pour se positionner sur un marché où Microsoft, Google et une longue liste de startups avancent déjà leurs propres pions.

Reste une question ouverte : faire tourner une plateforme aussi ambitieuse demande des équipes techniques capables de configurer Gatekeepers, de gérer les accès Zero Trust et de suivre les coûts d’inférence au quotidien. Une PME sans équipe cloud dédiée aura sans doute plus de mal à en tirer parti qu’une grande entreprise déjà familière de l’écosystème Cloudflare.

Questions fréquentes

En quoi Cloudflare OS se distingue-t-il d’un chatbot d’entreprise ?

Il ne se limite pas à répondre à des questions. Il accède aux applications d’entreprise, automatise des processus, génère de petites applications et agit sur des systèmes internes, tout en respectant les politiques de sécurité définies par l’organisation.

Cloudflare OS est-il vraiment open source ?

Oui. Le code est publié sur un dépôt officiel et toute organisation peut le déployer et l’adapter à ses besoins, sans dépendre d’une offre propriétaire.

Quel rôle joue le modèle Zero Trust ?

Chaque requête, qu’elle vienne d’un utilisateur ou d’un agent IA, passe par une validation via Cloudflare Access avant d’atteindre une ressource interne.

Peut-on utiliser plusieurs modèles IA différents ?

Oui, via AI Gateway. La plateforme choisit le modèle adapté à chaque tâche et centralise le suivi des coûts, des permissions et de la consommation.

Qui peut déjà utiliser Cloudflare OS ?

Le projet est téléchargeable dès maintenant depuis son dépôt officiel. Une version gérée, déployée par Cloudflare ou par des intégrateurs partenaires comme Happy Cog et Presidio, doit suivre.

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