Check Point Software a présenté AI Network Firewall, une nouvelle génération de pare-feu intégrée à la version R82.20 de sa plateforme, dotée de capacités spécifiques pour assurer la sécurité de l’utilisation de l’intelligence artificielle au sein des réseaux d’entreprise. La société affirme que les pare-feu traditionnels n’ont pas été conçus pour inspecter le trafic généré par des modèles d’IA, des agents autonomes ou des protocoles tels que Model Context Protocol (MCP). Ce déficit, qu’elle souhaite combler sans déploiement d’infrastructures supplémentaires.
Les enjeux du AI Network Firewall de Check Point en 20 secondes
- Check Point intègre une protection spécifique pour l’intelligence artificielle dans sa plateforme de pare-feu R82.20.
- La solution identifie les applications d’IA, les agents, les serveurs MCP et le trafic associé aux grands modèles de langage (LLM).
- Elle fonctionne sur les pare-feu déjà déployés chez ses clients, sans nécessité d’ajouter de nouveaux équipements.
- Ce lancement s’inscrit dans la stratégie AI Defense Plane, visant à protéger réseaux, terminaux, applications et API.
- Check Point alerte que entre 87 % et 93 % des organisations enregistrent chaque mois au moins une interaction à risque élevé avec une IA générative.
La rapide adoption d’outils comme ChatGPT, Microsoft Copilot, Claude, Gemini ou d’assistants internes modifie le flux de trafic traversant les réseaux d’entreprises. Les utilisateurs ne se contentent plus de naviguer sur des pages Web ou d’utiliser des applications SaaS, ils envoient des prompts, partagent des documents avec des modèles d’IA, exécutent des agents autonomes et connectent des applications via des protocoles tels que MCP.
Pour les fabricants de solutions de cybersécurité, cette évolution ouvre un nouveau front : il faut inspecter ce trafic sans entraver la capacité des organisations à exploiter les avantages de l’intelligence artificielle.
Le pare-feu veut devenir le point de contrôle de l’IA
La principale innovation proposée par Check Point consiste à utiliser le pare-feu comme point d’inspection du trafic lié à l’intelligence artificielle.
Au lieu de déployer une passerelle ou un pare-feu spécifique à l’IA, la société assure que ses clients pourront intégrer ces capacités directement dans leurs équipements physiques ou virtuels existants, que ce soit en centres de données, en succursales, dans le cloud ou en architectures multicloud.
Selon l’entreprise, le système permet d’agir dans trois grands domaines :
- L’utilisation de l’IA par les employés, en identifiant les applications autorisées, les outils de shadow AI et en appliquant des politiques pour éviter la fuite de données sensibles.
- Les serveurs et outils MCP (Model Context Protocol), en offrant de la visibilité sur les communications et en contrôlant l’accès à ces environnements.
- Les applications basées sur de grands modèles de langage (LLM), avec des mécanismes pour détecter les tentatives de prompt injection et autres attaques avant qu’elles n’atteignent le modèle.
L’objectif est de fournir un point unique pour appliquer des politiques de sécurité face au volume croissant de trafic généré par les applications d’IA.
Check Point mise sur le MCP et la croissance des agents d’IA
Une des nouveautés majeures est l’ajout de capacités spécifiques pour Model Context Protocol (MCP), protocole initialement lancé par Anthropic et adopté par un nombre croissant de plateformes pour connecter modèles d’IA, outils externes et sources de données.
Selon Check Point Research, 40 % des 10 000 serveurs MCP analysés présentent des faiblesses de sécurité.
De plus, l’organisation indique que les entreprises utilisent en moyenne dix applications d’IA différentes chaque mois, beaucoup sans supervision ou validation formelle par leurs équipes de sécurité.
Ce phénomène, appelé shadow AI, devient une préoccupation majeure pour les responsables de la cybersécurité, car employés et départements adoptent de nouvelles outils sans respecter les processus classiques de validation technologique.
Du pare-feu au AI Defense Plane
Ce nouveau pare-feu s’inscrit dans une stratégie plus large baptisée AI Defense Plane, présentée par Check Point comme une plateforme unifiée pour la protection de l’intelligence artificielle à différents niveaux de l’infrastructure.
En plus du pare-feu, cette architecture prévoit d’autres points de contrôle pour :
- Les terminaux (endpoints).
- Les API.
- Les applications d’IA.
- Les conteneurs.
- Les environnements cloud publics et privés.
- Les agents d’IA locaux et SaaS.
L’objectif étant d’offrir une politique de sécurité cohérente, quels que soient le lieu ou la plateforme où les modèles ou agents sont déployés.
Gestion centralisée pour des environnements hybrides
En parallèle de ce lancement, Check Point élargit aussi ses capacités de gestion centralisée des politiques de sécurité.
La plateforme permettra de gérer depuis une seule console :
- Les pare-feu locaux.
- Les pare-feu déployés dans le cloud.
- Les pare-feu natifs d’AWS.
- Les infrastructures SD-WAN.
- Les services SASE.
Elle intègre également des compatibilités avec des solutions de microsegmentations, comme Illumio, pour maintenir à jour les politiques d’accès dans des environnements hybrides.
L’objectif est de réduire la fragmentation souvent observée lorsque des outils indépendants sont gérés pour le réseau, la connectivité et la sécurité.
Repenser le rôle du pare-feu face à l’IA
Ce lancement traduit une évolution manifeste dans le secteur de la cybersécurité. Si pendant de nombreuses années le pare-feu a évolué pour inspecter applications, trafic chiffré ou services cloud, il doit désormais s’adapter à la croissance exponentielle de l’intelligence artificielle générative.
Les organisations ont un besoin accru de contrôler quels assistants employés utilisent, quelles données ils partagent avec des modèles externes, quels agents autonomes interagissent avec leurs systèmes, et quels serveurs MCP interviennent dans leurs processus.
Check Point insiste sur le fait que le pare-feu reste le point central où convergent toutes ces communications, faisant de lui le lieu idéal pour appliquer des contrôles de sécurité. Toutefois, il conviendra de vérifier, une fois déployée en conditions réelles, jusqu’à quel point ces capacités assurent une visibilité continue dans un écosystème d’IA en rapide évolution, avec de nouveaux models, agents et protocoles apparaissant presque chaque semaine.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le AI Network Firewall ?
Il s’agit d’une nouvelle fonctionnalité intégrée à la plateforme de pare-feu de Check Point, ajoutant des contrôles spécifiques pour protéger l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les réseaux d’entreprise.
Quelles menaces vise-t-elle à détecter ?
Elle cherche notamment à repérer les applications d’IA non autorisées, les communications via MCP, les tentatives de prompt injection, la fuite de données sensibles et autres risques liés à l’usage des grands modèles de langage.
Faut-il installer de nouveaux dispositifs ?
Selon Check Point, le AI Network Firewall fonctionne sur les pare-feu physiques et virtuels déjà en place chez ses clients, sans nécessiter d’infrastructure supplémentaire.
Qu’est-ce que l’AI Defense Plane ?
Il s’agit de l’architecture de sécurité pour l’IA proposée par Check Point, intégrant une protection unifiée en réseau, sur les terminaux, les applications, les API, les conteneurs et dans les environnements cloud.
source : checkpoint