Cellnex réserve la vente de Towerlink France à Vauban Infra Fibre pour 391 millions : accent sur l’« infra core » et une rotation disciplinée des actifs

Cellnex réserve la vente de Towerlink France à Vauban Infra Fibre pour 391 millions : accent sur l’« infra core » et une rotation disciplinée des actifs

Cellnex a conclu, par l’intermédiaire de sa filiale Cellnex France, S.A.S., un accord de “put” avec Vauban Infra Fibre (VIF), lui permettant de céder 99,99 % du capital de Towerlink France, S.A.S., société regroupant les principales opérations du Groupe en matière de centres de données en France. La transaktion envisagée s’élève à 391 millions d’euros, est entièrement payée en liquide et reste soumise au processus d’information et de consultation avec les représentants du personnel en France, ainsi qu’aux approbations réglementaires et autres conditions habituelles à ce type d’opération.

Ce mouvement s’inscrit dans le plan stratégique de l’opérateur de tours, axé sur le renforcement de son noyau d’infrastructures de télécommunications — en particulier les tours et sites partagés — et sur une allocation disciplinée du capital. “Nous restons engagés envers l’excellence opérationnelle et une allocation de capital disciplinée, dans le but de soutenir une croissance durable et de créer de la valeur à long terme pour nos actionnaires”, a souligné Marco Patuano, PDG de Cellnex.

Du côté de l’acheteur, Steve Ledoux, PDG de VIF, a commenté la négociation : “Towerlink prospérera au sein de VIF en accélérant notre développement sur le marché des centres de données et en réalisant des synergies avec d’autres centres de données et actifs numériques de notre portefeuille. Nous accompagnerons la société dans le déploiement d’un portfolio de haute qualité à travers toute la France”.


Ce qui est vendu et pourquoi cela compte

Towerlink France regroupe l’activité de centres de données du groupe sur le territoire national, un domaine adjacent à l’activité traditionnelle des tours de télécommunications. Concrètement, l’accord d’option de vente (put) ne consiste pas en le transfert immédiat de la société, mais en un droit de Cellnex d’effectuer la vente selon les conditions convenues si, après les démarches administratives et réglementaires, elle décide de la réaliser. Le prix de référence391 millions d’euros — offre une visibilité sur la valeur que le marché attribue à ces actifs en France.

Une rotation sélective d’actifs n’est pas nouvelle dans le secteur : elle permet de réduire la dette, de libérer du capital pour des investissements prioritaires et d’affiner le périmètre vers l’infrastructure “cœur” (tours, rooftops, small cells, backhaul et edge lorsque cela s’insère opérationnellement). Dans ce cas précis, Cellnex précise que la vente renforcerait cette approche.


Qui est Vauban Infra Fibre (VIF)

VIF est une société française soutenue par Vauban Infrastructure Partners, Crédit Agricole Assurances et Raffles (filiale de GIC). Présente sur plusieurs sites en France, avec plusieurs déjà opérationnels, la société repose sur une thèse combinant infrastructures numériques (y compris centres de données) avec capillarité locale et synergies industrielles. Cette intégration avec d’autres actifs — physiques ou commerciaux — est, selon son PDG, ce qui devrait accélérer le développement de Towerlink sous sa bannière.


Une directive stratégique : recentrer l’activité

Le message qui ressort du communiqué est clair : mise au centre. Cellnex insiste sur le fait que cette opération “s’inscrit dans la feuille de route stratégique” et que, grâce à elle, le Groupe continuera à concentrer ses ressources sur ses domaines d’activité principaux. En pratique, cela implique :

  • Simplifier le périmètre pour les activités non essentielles (centres de données nonstrictement indispensables au cœur des tours).
  • Accélérer la désinvestissement dans les actifs adjacents lorsque le marché et le prix reconnaissent leur valeur.
  • Réorienter le capex vers le déploiement et la modernisation de l’infra telco partagée, où Cellnex bénéficie d’économies d’échelle et d’gestion.

L’objectif est un double gain : une discipline financière et une concentration accrue sur l’activité où le opérateur européen de tours offre plus d’efficience (partage, tenancy ratio, exploitation) aux opérateurs mobiles et fournisseurs de services.


Calendrier et conditions de clôture

Conformément à la réglementation française, toute vente requiert au préalable une étape d’information et de consultation auprès des représentants du personnel. Ensuite, la transaction reste soumise aux approbations réglementaires et au respect des conditions standard propres à ce genre d’opérations (clausules contractuelles, autorisations administratives). Jusqu’à ce stade, il ne s’agit que d’une vente envisagée sous un accord d’option.


Conseillers pour cette opération

Cellnex a désigné BBVA et Crédit Agricole CIB (CACIB) comme conseillers en M&A; HSFK en tant que conseiller juridique et fiscal; et Analysys Mason comme conseiller commercial.


Impact stratégique en France

La France figure parmi les marchés clés de Cellnex en Europe. La désinvesitssion de Towerlink France envoie un message clair : celui de prioriser la réseau d’emplacements et de services d’infrastructure télécom partagée comme atout central. La société veut confier les centres de données à un investisseur spécialisé disposant d’une forte présence nationale et d’un portefeuille synergique. Pour VIF, cet actif constitue une plateforme pour accélérer ses déploiements et optimiser sa gamme de centres de données et actifs numériques.


Cellnex, en chiffres et en portée

Cellnex est le plus grand opérateur de tours et d’infrastructures de télécommunications en Europe. Son modèle permet aux opérateurs d’accéder à un réseau partagé, réduisant ainsi les barrières et améliorant la couverture, y compris dans des zones éloignées. La société gère plus de 110 000 sites, avec des engagements de déploiement jusqu’en 2030, dans 10 pays européens, notamment en Espagne, France, Royaume-Uni, Italie et Pologne. Cotée en Bourse en Espagne, elle fait partie de l’IBEX 35 et de l’Euro Stoxx 100, et figure dans des indices de durabilité tels que FTSE4Good, MSCI et DJSI Europe.


Analyse pour les investisseurs : discipline de capital et focus sectoriel

Sur un plan financier, la somme en liquide — 391 millions d’euros — si elle est réalisée, renforcerait la flexibilité du groupe pour réduire sa dette, recirculer du capital ou investir dans sa ligne principale. Stratégiquement, cette opération clarifie le périmètre en France et envoie un signal clair au marché : priorité aux actifs de télécommunications “purs”, où Cellnex détient une position de leader.


Ce que dit l’acheteur (et ses attentes)

VIF se définit comme un investisseur industriel en infrastructures numériques, avec une forte implantation locale. Dans sa déclaration, il met en avant :

  • Alignement stratégique : “Conforme à notre stratégie d’investissement”.
  • Croissance : “Accélérer notre développement sur le marché des centres de données”.
  • Synergies : “synergies attractives” avec d’autres centres de données et actifs numériques dans son portefeuille français.
  • Plan industriel : Soutenir Towerlink dans sa mise en œuvre de qualité partout en France.

La thèse est claire : acquérir un opérateur de centres de données à fort potentiel de croissance, le soutenir via le réseau et la clientèle de VIF, et capturer la demande croissante en capacité et en services numériques sur le territoire.


Perspective : pourquoi ce type de rotation s’inscrit dans la stratégie

Le secteur des tours repose sur trois leviers :

  1. Échelle et partage : plus il y a de locataires par site, plus l’efficacité de capital et le retour sur investissement sont importants.
  2. Gestion industrielle : standardisation, opération et maintenance avec une haute disponibilité.
  3. Discipline : vente d’actifs non stratégiques pour renforcer le périmètre principal.

Ce cadre explique que la vente de Towerlink France à un spécialiste en infra digitale et centres de données comme VIF clarifie la division claire entre chaque acteur : Cellnex en tours et infra telco, VIF en centres de données et actifs numériques complémentaires.


Ce qu’il reste à clarifier

Plusieurs points clés restent à définir :

  • Calendrier de communication et consultation avec les représentants du personnel en France.
  • Délai et conditions pour obtenir les approbations réglementaires.
  • Détails sur le périmètre de la transaction (actifs, contrats, personnel) après finalisation des processus internes.
  • Destination des fonds perçus (dette, investissements, etc.), un aspect encore non précisé par la société.

Jusqu’à cette étape, l’accord reste une option de vente envisagée, sans engagement ferme de réalisation immédiate, mais qui laisse ouverte la possibilité.


Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un accord de “put” et comment cela influence-t-il la vente de Towerlink France ?
Un accord de “put” donne à Cellnex le droit (sans obligation) de vendre 99,99 % de Towerlink France à VIF dans les conditions convenues. La réalisation dépend de l’achèvement des démarches sociales en France et des approbations réglementaires et contractuelles habituelles.

Quel est le montant et comment sera-t-il payé ?
La transaktion envisagée s’élève à 391 millions d’euros, entièrement en liquide. La transaction n’aura pas lieu avant l’accomplissement des démarches préalables.

Pourquoi Cellnex vend-elle ses data centers en France ?
L’entreprise justifie cette opération par sa feuille de route stratégique centrée sur ses infra de télécommunications “pures”. La rotation permet d’optimiser l’utilisation du capital et de se concentrer sur ses axes principaux, notamment les tours et sites partagés.

Qui est Vauban Infra Fibre et que vise-t-il avec Towerlink ?
VIF est une société française soutenue par Vauban Infrastructure Partners, Crédit Agricole Assurances et Raffles (GIC). Son objectif est d’accélérer le développement de Towerlink sur le marché français des centres de données, en exploitant des synergies avec d’autres actifs numériques de sa plateforme.

Source : cellnex

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