BYD devance Tesla en véhicules électriques purs en 2025 et riposte à Musk, 15 ans après

BYD devance Tesla en véhicules électriques purs en 2025 et riposte à Musk, 15 ans après

Quinze années dans le secteur technologique peuvent sembler une période géologique… jusqu’à ce qu’une vieille vidéo refasse surface et, soudainement, le passé devienne une actualité. En 2011, Elon Musk minimisait l’importance de BYD lors d’une interview, allant jusqu’à plaisanter en disant que l’entreprise devait « se concentrer à ne pas mourir » en Chine. En 2025, le constructeur chinois a répondu avec la seule métrique qui, dans l’automobile, a plus de poids que n’importe quelle phrase : le nombre de véhicules vendus.

Selon les données communiquées par BYD à ses investisseurs, la société a clôturé l’année 2025 avec 2 256 714 voitures entièrement électriques (BEV) vendues, face à 1 636 129 livraisons de Tesla sur l’ensemble de l’année. La différence s’élève à 620 585 véhicules, ce qui signifie que BYD a vendu environ un 37,9 % de véhicules électriques purs en plus que Tesla en 2025.

Ce dépassement n’est pas un détail mineur : pendant des années, Tesla est resté l’identité la plus associée à la voiture électrique dans le monde, tandis que BYD connaissait une croissance plus discrète en Occident. Cependant, la photographie de 2025 redistribue le classement lorsqu’on parle strictement de BEV (voitures à batterie).

Ce n’est pas qu’un chiffre : c’est le signe d’un changement d’ère

Les données de BYD permettent également d’éclaircir le contexte. Dans le même communiqué, la société détaille son univers « NEV » (véhicules de nouvelle énergie) — catégorie qui en Chine inclut généralement aussi bien les électriques purs que les hybrides rechargeables — et là, l’échelle devient encore plus frappante : 4 602 436 NEV vendus en 2025 parmi voitures particulières et véhicules commerciaux.

Au sein de ce total, la croissance de BYD n’est pas uniforme. Ses ventes de BEV augmentent de 27,86 % en un an (passant de 1 764 992 en 2024 à 2 256 714 en 2025), alors que ses hybrides rechargeables (PHEV) en voitures particulières connaissent une baisse annuelle dans le cumul (de 2 485 378 à 2 288 709, soit une baisse de -7,91 %). En d’autres termes : en 2025, la partie qui progresse le plus chez BYD est précisément celle qui concurrence « tête à tête » Tesla.

De son côté, Tesla clôture l’année avec une baisse claire par rapport à 2024 : de 1 808 581 livraisons en 2024 à 1 636 129 en 2025 (soit une baisse de -9,53 %). La société reste une référence dans le secteur, mais la donnée annuelle montre que le marché n’évolue plus uniquement au rythme de Tesla.

Comment expliquer ce dépassement ?

Avec ces chiffres en main, plusieurs analyses s’imposent, qui ne nécessitent pas d’épopée mais simplement une lecture de marché :

  • Échelle et gamme : le succès en volume repose souvent sur la disponibilité de nombreux modèles, de multiples niveaux d’équipement et une forte présence dans plusieurs segments, et pas seulement dans un ou deux.
  • Stratégie tarifaire et proposition de valeur : dans le cadre de l’adoption massive de la voiture électrique, le rapport entre prix, autonomie, équipement et coût d’usage est déterminant. En période d’inflation et de financement coûteux, la « valeur perçue » devient cruciale.
  • Exécution industrielle : dans l’automobile, produire efficacement et dans les délais est aussi essentiel qu’innover. L’avantage concurrentiel réside souvent dans la logistique, la chaîne d’approvisionnement et la capacité de livraison soutenue.

Par ailleurs, l’« effet Musk » joue également son rôle. Tesla n’est pas uniquement un constructeur : c’est une marque culturelle. Mais lorsque le marché atteint une certaine maturité, le focus se déplace du récit vers le produit, le financement, les coûts et la disponibilité réelle.

L’ironie de la vidéo de 2011

La référence à ce commentaire de 2011 est devenue un symbole parce qu’elle résume un phénomène courant dans l’industrie technologique : sous-estimer un concurrent « nouveau » a souvent un prix élevé . BYD non seulement ne s’est pas « effondré » ; en 2025, il s’est placé devant en termes de véhicules électriques purs, et a en plus consolidé un volume total dans le segment des « NEV » qui lui donne une marge stratégique pour faire face aux guerres de prix, aux changements réglementaires et aux cycles de demande.

L’enjeu pour 2026 dépasse le simple mème ou la anecdote : c’est une question fondamentale. Si le leader historique de la voiture électrique peut être dépassé en volume, quelles autres parties du secteur sont sur le point d’être reconfigurées ? L’Europe, les États-Unis et la Chine poussent simultanément (avec des politiques distinctes), et la compétition n’est plus uniquement technologique : elle devient industrielle, énergétique et géopolitique.


Questions fréquentes

BYD a-t-il dépassé Tesla en ventes de voitures électriques en 2025 ?
Oui, pour ce qui concerne les véhicules 100 % électriques (BEV) : BYD annonce 2 256 714 voitures BEV vendues en 2025, contre 1 636 129 livraisons de Tesla.

Que signifie « NEV » dans les chiffres de BYD ?
« NEV » désigne généralement les véhicules de nouvelle énergie, une catégorie comprenant électriques purs et hybrides rechargeables, pouvant également inclure des véhicules commerciaux selon les rapports.

Quelle différence entre une voiture 100 % électrique et une hybride rechargeable ?
Une BEV fonctionne uniquement avec une batterie et un moteur électrique. Un PHEV combine batterie (rechargeable) et moteur thermique.

Pourquoi le volume de ventes est-il si crucial dans la compétition de la voiture électrique ?
Parce que le volume permet souvent de réaliser des économies d’échelle, d’ajuster les prix, de garantir l’approvisionnement et de soutenir les investissements dans la fabrication, les batteries et les logiciels.

le dernier