Broadcom prépare une version renouvelée de VMware vSphere Standard comme une alternative plus simple à VMware Cloud Foundation (VCF), après plus de deux ans de changements commerciaux ayant incité de nombreuses entreprises à reconsidérer leur dépendance à VMware. Cette initiative vise à répondre aux besoins des organisations qui privilégient uniquement la virtualisation, sans avoir besoin de toute la suite cloud privée de VCF, bien que des informations publiques clés concernant les prix, la disponibilité et les conditions commerciales ne soient pas encore disponibles.
Les essentiels du retour de vSphere Standard en 20 secondes
- Broadcom reconnaît avoir trop concentré sa stratégie sur VMware Cloud Foundation.
- La société développe une offre vSphere Standard pour les clients recherchant uniquement la virtualisation, sans engagement avec l’ensemble de VCF.
- Le modèle restera basé sur un abonnement et une licence par noyau.
- Les prix et conditions précis restent à dévoiler publiquement.
- Pour les entreprises ayant déjà migré vers Proxmox VE ou d’autres plateformes, cette annonce pourrait arriver trop tard.
Ce changement revêt une importance particulière pour les petites et moyennes entreprises. Après l’acquisition de VMware par Broadcom pour environ 69 milliards de dollars en novembre 2023, celle-ci a restructuré ses produits, licences, canaux de distribution et stratégie commerciale autour d’un catalogue beaucoup plus réduit, avec VMware Cloud Foundation en produit principal.
Cette simplification a eu ses conséquences. Des entreprises utilisant VMware principalement comme hyperviseur ont commencé à se heurter à des offres commerciales plus larges que leurs besoins, tandis que les licences perpétuelles ont laissé place au modèle par abonnement.
Le problème pour Broadcom est que certains clients n’ont pas simplement exprimé leur mécontentement face aux nouveaux tarifs, mais ont aussi commencé à migrer vers d’autres solutions.
Broadcom admet avoir trop misé sur VMware Cloud Foundation
Ce changement de discours s’est manifesté lors de VMware Explore 2026.
Broadcom a reconnu avoir consacré un poids excessif à VCF dans sa stratégie, notamment pour les petites et moyennes entreprises dont les besoins pouvaient être satisfaits avec une plateforme de virtualisation moins complexe.
VMware Cloud Foundation englobe bien plus qu’un hyperviseur. Il s’agit d’une plateforme cloud privée complète, comprenant virtualisation de calcul, réseaux, stockage, automatisation, ainsi que diverses outils d’administration.
Pour les grandes organisations nécessitant l’ensemble de ces fonctionnalités, la stratégie peut faire sens. La situation diffère cependant pour une entreprise qui souhaite simplement exécuter et gérer des machines virtuelles sur plusieurs serveurs via vCenter.
C’est là qu’intervient à nouveau vSphere Standard.
Broadcom maintient à jour sa documentation spécifique pour vSphere Standard tout au long de 2026. Le modèle décrit dans la documentation est une abonnement par noyau physique, avec un minimum de 16 noyaux licenciés par processeur.
L’offre comprend vSphere et une instance de vCenter Server pour la gestion centralisée, bien que les détails précis concernant les conditions de cette nouvelle orientation commerciale restent à préciser.
Il est important de noter qu’évoquer le « retour » de vSphere Standard ne signifie pas un retour au VMware antérieur à Broadcom.
En effet, les licences perpétuelles qui, pendant des années, permettaient d’acheter une version et de la conserver indéfiniment, ne sont pas le modèle que la société souhaite raviver. La documentation actuelle qualifie le logiciel de « logiciel sous abonnement » et maintient des restrictions spécifiques pour les anciennes licences perpétuelles de vSphere Standard.
Plus précisément, les clients disposant de licences perpétuelles anciennes et d’un support actif peuvent mettre à jour jusqu’à vSphere 8.x dans le cadre des conditions précisées, mais Broadcom précise que ces licences n’offrent pas le droit de mettre à jour vers des versions supérieures à la branche 8.x.
Proxmox a tiré profit de deux ans d’incertitude chez VMware
Le défi pour Broadcom, c’est que le marché de la virtualisation n’a pas attendu.
Depuis 2024, de nombreuses entreprises ont commencé à étudier des alternatives telles que Proxmox Virtual Environment, Nutanix AHV, Microsoft Hyper-V, OpenShift Virtualization ou les nouvelles offres de HPE, parmi d’autres.
Proxmox VE s’est imposé comme l’un des noms ayant le plus profité de cette recherche d’alternatives, notamment auprès des fournisseurs de services, des entreprises de taille moyenne et des organisations habituées à gérer Linux.
Sa proposition diffère de celle de VMware. Proxmox VE combine KVM pour la virtualisation et LXC pour les conteneurs, permet de créer des clusters et d’assurer une haute disponibilité, et intègre des technologies de stockage comme Ceph et ZFS. Son code est open source, et les abonnements commerciaux concernent principalement l’accès aux dépôts d’entreprise et le support.
Migrer d’un environnement à l’autre ne se limite pas simplement à convertir des machines virtuelles.
Une organisation qui quitte VMware doit revoir ses solutions de stockage, de réseau, de sauvegarde, ses procédures de haute disponibilité, de surveillance, d’automatisation et former ses équipes. Dans de grandes installations, ce processus peut durer plusieurs mois.
Ce défi explique pourquoi revenir à une solution commerciale plus simple n’entraîne pas automatiquement le retour de ceux qui sont déjà partis.
Une entreprise ayant acheté de nouveaux serveurs, déployé Proxmox, migré ses machines virtuelles, formé ses administrateurs et adapté ses procédures aurait besoin d’un argument économique et technique solide pour tout recommencer dans l’autre sens.
L’exemple récent de UpperBee illustre ce phénomène. La société canadienne de logiciels a remplacé son environnement VMware et une architecture SAN par Proxmox VE, Ceph et ZFS, profitant de la migration pour reconfigurer aussi son stockage et réduire sa dépendance à un fournisseur unique.
D’autres clients empruntent une voie différente. Par exemple, Tottenham Hotspur a transféré sa virtualisation vers la technologie HPE et a annoncé une réduction de plus de 85 % de ses coûts de licences de virtualisation grâce à cette opération.
Tous les projets ne seront pas uniquement fondés sur le prix, mais ils montrent que le marché des alternatives à VMware est aujourd’hui plus dynamique que avant l’acquisition.
Le prix déterminera si le changement a de l’importance
La principale inconnue concernant le nouveau vSphere Standard n’est pas technique.
VMware est utilisé depuis des décennies pour la virtualisation d’entreprise, et vSphere reste une plateforme largement maîtrisée par les administrateurs, intégrateurs et fabricants. Pour beaucoup d’organisations, continuer à utiliser une technologie qu’elles connaissent bien peut paraître plus simple que de se lancer dans une migration.
La question essentielle reste : combien cela coûtera-t-il ?
Tant que Broadcom n’aura pas publié les prix, la disponibilité et les conditions définitives, il sera difficile d’identifier précisément quels clients pourront réellement profiter de cette nouvelle offre.
Il faudra également comparer cette proposition à VMware vSphere Foundation et VMware Cloud Foundation, car une différence de prix insuffisante pourrait réduire l’intérêt de revenir à une version plus petite.
Un autre défi pour Broadcom est de retrouver une certaine prévisibilité, moins facile à gérer avec les nouveaux modèles de licence :
- Au cours des dernières années, les clients VMware ont dû s’adapter à des changements dans les licences, produits, canaux, support et services cloud. Par exemple, Microsoft modifie Azure VMware Solution pour exiger l’utilisation de licences portables de VMware Cloud Foundation. Les SKUs incluant la licence intégrée sont en retrait, et les clients concernés doivent migrer vers le modèle VCF BYOL ou une autre solution.
Aujourd’hui, la décision d’une entreprise ne se limite plus à une simple comparaison des fonctions d’un hyperviseur contre un autre.
Il faut aussi anticiper le coût à long terme, les éventuels changements réglementaires ou commerciaux, et la stabilité des modèles de licences.
Le retour de vSphere Standard s’inscrit dans une critique fréquente depuis l’achat de VMware : toutes les entreprises n’ont pas besoin de VMware Cloud Foundation pour virtualiser leur infrastructure.
Pour ceux qui utilisent encore VMware et envisagent une migration, cette nouvelle offre peut justifier d’attendre avant de prendre une décision définitive, en patientant la publication des conditions finales.
Pour ceux qui ont déjà migré vers Proxmox VE, Nutanix, HPE ou une autre plateforme, Broadcom fait face à un défi plus important. Il ne s’agit pas seulement de leur prouver que vSphere fonctionne, mais aussi de leur démontrer que cela vaut la peine de revenir.
Questions fréquentes
Broadcom va-t-il de nouveau vendre VMware vSphere Standard ?
Broadcom renforce vSphere Standard comme une offre pour les organisations qui n’ont pas besoin de toute la suite VMware Cloud Foundation. La documentation de vSphere Standard reste en cours de mise à jour pour 2026, mais les détails publics concernant les prix, la disponibilité et le positionnement commercial final ne sont pas encore divulgués.
Les licences perpétuelles VMware reviendront-elles ?
Les informations disponibles ne suggèrent pas un retour au modèle traditionnel de licences perpétuelles. La documentation actuelle de vSphere Standard indique un modèle d’abonnement par noyau, avec un minimum de 16 noyaux par processeur.
Quelle différence y a-t-il entre vSphere Standard et VMware Cloud Foundation ?
vSphere Standard se concentre principalement sur la virtualisation de serveurs et leur gestion centralisée. VMware Cloud Foundation propose une plateforme cloud privée beaucoup plus complète, intégrant des composantes de stockage, réseau, automatisation et gestion des opérations.
Est-il pertinent d’interrompre une migration VMware vers Proxmox ?
Seul, cet annonce ne suffit pas pour décider. Les entreprises envisageant une migration devraient attendre de connaître précisément les prix, licences et conditions finales de vSphere Standard, puis comparer avec le coût global, le support et la solution alternative choisie.