Broadcom accélère la course vers la 6G avec BroadPeak : un SoC DFE de 0,4 à 8,5 GHz conçu pour le Massive MIMO

Broadcom accélère la course vers la 6G avec BroadPeak : un SoC DFE de 0,4 à 8,5 GHz conçu pour le Massive MIMO

Broadcom a annoncé le lancement du BroadPeak™ (BCM85021), un SOC numérique d’avant-frontière pour la radio (DFE) que la société présente comme le premier de l’industrie prêt pour la 6G dans les infrastructures Massive MIMO et tête radio distante (RRH). La date fixée est le 19 février 2026. Ce lancement ne constitue pas seulement une étape technique : il intervient à un moment où les opérateurs recherchent davantage de capacité et d’efficacité pour soutenir un trafic mobile en constante croissance, stimulé par des applications riches en données et des expériences de plus en plus personnalisées.

La proposition de Broadcom repose sur deux leviers essentiels dans toute feuille de route radio : plus d’espace spectre et moins de consommation d’énergie. BroadPeak élargit la plage opérationnelle de 400 MHz à 8,5 GHz et intègre en un seul composant des blocs avancés de DFE avec ADC/DAC, ce qui permet, selon la société, de réduire la consommation jusqu’à 40 % par rapport aux solutions actuelles destinées à Massive MIMO et RRH. Tout cela est fabriqué en CMOS de 5 nm, une technologie souvent associée à une meilleure intégration et à des performances accrues pour chaque opération.

Pourquoi le DFE est-il devenu le “cortex” de la radio moderne ?

Pour saisir la portée de cette annonce, il est utile de clarifier le concept : le digital front-end désigne la partie du système qui prépare numériquement le signal radio avant la conversion analogique-numérique et la transmission/réception. Concrètement, c’est là que résident des fonctions critiques pour une exploitation efficace en scénarios complexes : correction des non-linéarités, filtrage, contrôle de gain, conversions de fréquence numérique et gestion des porteuses.

Dans les réseaux Massive MIMO, où une station de base gère plusieurs antennes et flux parallèles pour augmenter capacité et couverture, ce “cortex” numérique devient particulièrement exigeant. Il ne s’agit pas seulement de déplacer plus de données, mais de le faire tout en maintenant la qualité du signal (linéarité), en contrôlant les interférences et en supportant des architectures permettant d’ajouter des porteuses et d’augmenter les bandes passantes.

Broadcom affirme que BroadPeak répond aux exigences techniques attendues de 5G Advanced dans la bande n104 (6,425–7,125 GHz) et, à plus long terme, dans la plage 7–8,5 GHz du “upper mid-band” liée à la future 6G. La lecture industrielle est claire : si la radio doit monter en fréquence pour gagner en capacité, le silicium qui la pilote doit faire le saut en amont.

Des chiffres convaincants pour opérateurs et fabricants

BroadPeak ne se limite pas à un simple titre. Broadcom accompagne son annonce d’un ensemble de spécifications, qui en ingénierie des télécoms, servent de référence auprès des OEM et des laboratoires de validation :

  • Configurations : le BCM85021 supporte 32T32R8FB, avec également des versions pour 8T8R2FB et 16T16R4FB.
  • Plage RF : évolutive, de 400 MHz à 8,5 GHz.
  • Traitement intégré : pré-distorsion numérique (DPD), agrégation de porteuses, réduction du facteur de crête, gestion de la chaîne d’antennes et fonctions telles que conversion numérique en montée/descente (up/down), contrôle de gain et filtrage.
  • Bande passante : jusqu’à 860 MHz de bande instantanée (iBW) et 800 MHz de bande de sortie (oBW).
  • Qualité du signal : ACLR avec DPD > -50 dBc (selon documentation officielle).
  • Vitesse d’apprentissage DPD : jusqu’à 100 fois plus rapide que les designs de référence typiques.
  • Conversion de données : taux d’échantillonnage ADC/DAC jusqu’à 19,6 GS/s.

Au-delà de cette liste, l’objectif est clair : concentrer en un seul SoC ce qui nécessitait auparavant plusieurs puces et une complexité accrue de conception. Pour un fabricant d’équipements radio, cela signifie moins de taille, une consommation réduite et une meilleure évolutivité des déploiements dans de nouvelles bandes.

5G Advanced et 6G : l’épée de la perte de spectre et la montée en puissance de l’IA

Broadcom situe ce lancement dans une étape de transition : 5G New Radio s’étend vers le spectre des 6 GHz et au-delà pour répondre à une demande croissante liée à des applications “gourmandes en données”. Vijay Janapaty, vice-président et directeur général de la division produits couche physique, soutient que l’infrastructure doit évoluer pour supporter cette montée en fréquence, afin d’assurer la ”linéarité” et l’efficacité énergétique nécessaires aux future stations de base.

La société insiste sur le fait que BroadPeak permet aux opérateurs et aux fabricants d’entamer la conception de nouvelles plateformes pour des réseaux à haute capacité et débit élevé, un enjeu clé alors que le déploiement de nouvelles bandes s’accompagne souvent de nouvelles exigences radio et d’une course à l’optimisation des coûts et de la consommation par bit transporté.

Écosystème : Altera et Hitachi GlobalLogic entrent en scène

Ce lancement met également en avant un aspect aussi critique que le composant lui-même : l’écosystème. Broadcom souligne sa collaboration avec Altera, qui affirme avoir réalisé des tests d’interopérabilité entre les FPGA Agilex™ 7 et BroadPeak, validant ainsi — selon ses dires — une plateforme évolutive pour la radio de prochaine génération.

Du côté logiciel, Hitachi GlobalLogic participe au co-développement du SDK BroadPeak, visant à simplifier la complexité matérielle et à exploiter pleinement les capacités avancées du DFE. La société souligne que, dans l’évolution du RAN, le logiciel “production-ready” devient aussi vital que le silicium, notamment pour permettre le déploiement scalable des architectures Open RAN.

Disponibilité : premières échantillons déjà en route

Broadcom indique avoir commencé la livraison d’échantillons du BCM85021 à ses clients privilégiés et partenaires. La commercialisation en volume dépendra comme d’habitude de validations, intégrations dans des conceptions radio et cycles de certification. Cependant, la mise en route de ces premiers échantillons marque une étape concrète vers la “plateforme” pour ceux qui préparent le hardware pour la prochaine étape de la 5G et le déploiement graduel de la 6G.


Questions fréquentes (FAQ)

Qu’est-ce qu’un SoC DFE pour la radio et pourquoi est-il crucial pour Massive MIMO et RRH ?
Un DFE (front-end numérique) intègre les traitements numériques clés du signal : pré-distorsion, filtrage, contrôle de gain et conversion numérique, entre autres. Dans Massive MIMO et RRH, il est essentiel car il gère plusieurs chaînes radio et bandes importantes avec des exigences strictes en linéarité et en efficacité.

Quelles bandes couvre BroadPeak BCM85021 pour la 5G avancée et la 6G ?
Selon Broadcom, le chip couvre de 0,4 à 8,5 GHz, répondant aux besoins de 5G Advanced (n104, 6,425–7,125 GHz) et du range 7–8,5 GHz pour la future 6G.

Que signifie “jusqu’à 40 % de réduction de consommation” pour un SoC de station de base ?
Il s’agit de la comparaison avec les solutions existantes pour Massive MIMO et RRH. En déploiement, cette amélioration permet de réduire la consommation énergétique tout en augmentant la capacité, ce qui est un enjeu stratégique pour les coûts d’exploitation.

Quel rôle jouent Altera Agilex 7 et le SDK de Hitachi GlobalLogic dans cette plateforme ?
Altera a réalisé des tests d’interopérabilité pour créer des plateformes radio évolutives, tandis que le SDK co-développé facilite l’intégration, en rendant le hardware et le logiciel optimaux pour des déploiements prêts pour la production, notamment dans l’Open RAN.

source : Broadcom

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