Backblaze lance B2 Neo pour la montée en puissance du « néocloud » : stockage d’objets en marque blanche, prêt en quelques semaines

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La course à la Intelligence Artificielle ne se gagne pas uniquement avec des GPU. À mesure que les plateformes émergentes de calcul —les fameux neoclouds— cherchent à proposer des capacités d’entraînement et d’inférence, le goulet d’étranglement apparaît dans un secteur moins glamour : le stockage. Sur cette base, Backblaze a annoncé B2 Neo, une offre spécialement conçue pour permettre à ces plateformes d’ajouter facilement stockage d’objets de niveau entreprise à leur catalogue « en quelques semaines, et non en années », sans supporter les coûts ni la complexité liés à la création d’un backend interne.

La société, cotée au Nasdaq sous le symbole BLZE, présente B2 Neo comme un produit de haute performance en marque blanche : le client final l’utilise comme un service natif du neocloud, avec des endpoints sous la marque du partenaire et des prix contrôlés par celui-ci. En arrière-plan, Backblaze fournit le moteur de stockage, l’exploitation, ainsi que près de deux décennies d’expérience en stockage cloud. Cette démarche repose sur un chiffre que Backblaze met en avant dès le départ : ils gèrent plus de cinq exaoctets de données, avec la capacité d’offrir jusqu’à 1 téabit par seconde (1 Tb/s) de débit, un chiffre adapté pour gérer des flux de données massifs en IA, HPC et multimédia.

Le marché moteur de cette évolution : des neoclouds en pleine croissance

Ce lancement s’accompagne d’une projection qui explique l’irrésistible montée du terme « neocloud » dans le vocabulaire industriel : le marché devrait passer de 35,22 milliards de dollars en 2026 à 236,53 milliards en 2031, avec un taux de croissance annuel composé de 46,37 %. Avec de telles dimensions, la question n’est plus de savoir si les neoclouds vont continuer à émerger, mais plutôt lesquels deviendront des plateformes complètes capables de gérer des workloads variés, et pas seulement de louer des GPU en tant que commodité.

Des analyses sectorielles renforcent l’idée que ces fournisseurs — plus spécialisés et plus agiles que les hyper-classes dans certains secteurs — tentent la transition du modèle « GPU-first » vers une offre full-stack, surtout pour la clientèle d’entreprise. Cette évolution exige non seulement de la puissance de calcul, mais aussi du réseau, de l’orchestration, de la surveillance, de l’authentification… et du stockage.

Le véritable enjeu : des GPUs à l’arrêt faute de données accessibles rapidement

Dans le contexte de l’Intelligence Artificielle, le stockage n’est pas un simple dépôt passif. C’est une composante clé qui détermine le rythme d’entraînement, le coût opérationnel, et surtout l’utilisation réelle de l’infrastructure. Les clients de neoclouds ont besoin de stocker ensembles de données (datasets), checkpoints de modèles et artefacts issus des pipelines (incluant les médias). En l’absence d’un stockage intégré, l’équipe doit souvent déplacer d’importants volumes de données à l’intérieur et à l’extérieur de la plateforme, provoquant inévitablement : latence, retards et GPU sous-utilisées, ce qui accroît considérablement le coût total.

Backblaze explique que, pour nombre de neoclouds, construire et exploiter un stockage d’objets scalable est en concurrence directe avec leur objectif principal : augmenter la capacité GPU et se différencier par la performance et le délai de livraison. La solution B2 Neo, selon eux, réduit cette distraction, en évitant que l’entreprise doive dédier des ressources en capital et en équipe à un backend qui, bien que crucial, ne constitue pas leur proposition de valeur centrale.

Ce que propose B2 Neo : marque blanche, intégration API et contrôle par le partenaire

Au cœur de l’annonce se trouve le modèle produit : Backblaze souhaite devenir « la couche de stockage » pour des neoclouds possédant déjà calcul, réseau et expérience utilisateur, mais qui ne veulent pas bâtir eux-mêmes leur infrastructure de stockage.

Selon la société, B2 Neo permet :

  • De proposer le stockage comme service natif, avec des endpoints « brandés » et un prix contrôlé par le partenaire.
  • De provisionner des comptes, gérer les permissions et la facturation via les outils existants, sans dépendre d’un cockpit séparé ou de configurations manuelles.
  • D’intégrer une couche de stockage conçue pour pipelines de données à haut débit, avec un throughput pouvant atteindre 1 Tb/s.

De plus, la société affirme disposer de références dans un environnement professionnel : conformité SOC 2 Type II, durabilité annoncée de 11 neuf nines, en ligne avec les standards du stockage d’objets destiné à la production.

Validation commerciale : « plusieurs plateformes » et le plus large engagement TCV de Backblaze

Au-delà des chiffres, Backblaze insiste sur le fait que B2 Neo n’est pas un simple pilote : il a été développé en collaboration avec des plateformes neocloud qui ont déjà déployé des charges de production sur Backblaze. Le lancement est accompagné de « plusieurs » grands partenaires signés. La société souligne également que ces alliances représentent leur plus gros engagement en valeur totale de contrat (TCV) à ce jour, illustrant que cette initiative bénéficie d’une forte traction commerciale, pas seulement d’une démarche théorique.

Le communiqué mentionne notamment le cas d’une plateforme globale de services edge qui a choisi Backblaze à la suite d’une évaluation technique et commerciale, et qui utilise B2 Neo comme composant central pour ses stratégies d’IA, HPC et stockage multimédia. Par ailleurs, Gleb Budman, CEO et cofondateur de Backblaze, résume leur positionnement avec cette phrase : B2 Neo permet de déployer du stockage « en quelques semaines, pas en années », afin que les neoclouds focalisent sur leur feuille de route GPU.

Un expert du secteur, Rob Strechay (Smuget & theCUBE research), voit en B2 Neo une valeur ajoutée immédiate : une opportunité d’intégrer du stockage cloud sans les efforts liés à sa construction, tout en aidant les clients finaux à optimiser leur retour sur investissements en IA, en réduisant les frictions dans le pipeline de données.

Une lecture stratégique : le « full-stack » comme nouvel avantage compétitif

Aujourd’hui, de nombreuses neoclouds ont été créées pour répondre à un besoin précis : accès rapide à GPU et capacité de calcul spécialisée. Mais le marché evolue vers des plateformes complètes, où le client veut non seulement la GPU, mais aussi un environnement prêt à l’emploi : données proches, flux efficients, gestion des identités, expérience intégrée de bout en bout.

Dans cette optique, B2 Neo apparaît comme la proposition de Backblaze pour devenir une référence, notamment dans la couche souvent sous-dimensionnée : le stockage d’objets. Une solution pour que les neoclouds puissent rivaliser avec plus d’outils, sans transformer leur feuille de route en projet d’ingénierie stockage.


Foire aux questions (FAQ)

Qu’est-ce que B2 Neo et quel rôle joue-t-il dans une plateforme neocloud de GPU ?
B2 Neo est une solution de stockage d’objets en marque blanche, permettant à une neocloud d’offrir un stockage « natif » à ses clients (datasets, checkpoints, artefacts IA) sans avoir à construire un backend interne.

Pourquoi le stockage d’objets est-il crucial pour l’entraînement et l’inférence en Intelligence Artificielle ?
Parce que le flux de données détermine l’utilisation effective des GPU : déplacer les datasets hors plateforme induit de la latence, retarde les pipelines et augmente le coût total du projet.

Quels sont les avantages d’un stockage en marque blanche pour les fournisseurs en IA et HPC ?
Il permet de lancer un service complet sous leur marque, avec contrôle des prix et gestion intégrée (comptes, permissions, facturation), tout en améliorant l’expérience client sans complexifier leur opération.

Quels critères une entreprise doit-elle considérer pour choisir un stockage d’objets adapté à ses workloads IA sur un neocloud ?
Le débit disponible, l’intégration API, les contrôles d’accès, la durabilité/conformité, et la capacité à maintenir les données proches du calcul pour éviter les goulets d’étranglement.

Source : backblaze

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