La vie numérique des Français prend un tournant critique face aux nuisances téléphoniques et à la méconnaissance de la fermeture du réseau en cuivre, entraînant des comportements de plus en plus méfiants et des choix de consommation significatifs.
Selon une étude récente menée auprès d’utilisateurs de téléphonie mobile, une personne sur trois subit quotidiennement les désagréments d’appels non sollicités, qu’ils soient issus de démarchage abusif ou d’arnaques téléphoniques. Cette invasion de la sphère privée a conduit à une recrudescence des signalements, qui ont bondi de 53%, selon les alertes enregistrées sur la plateforme « J’alerte l’Arcep ». En conséquence, une méfiance croissante s’est installée chez les consommateurs. Maintenant, une majorité écrasante, soit 67%, confesse volontiers ignorer ou presque systématiquement les appels de numéros non reconnus, marquant une augmentation de trois points par rapport à l’année précédente.
En parallèle de ces tracas liés aux communications indésirables, un autre défi se profile pour les abonnés au réseau en cuivre. À la veille de la transition vers des infrastructures plus modernes, 45% des utilisateurs ne sont pas informés de la fermeture programmée de ce réseau traditionnel. Même parmi ceux au courant, près de la moitié ne se sont pas renseignés sur les implications de cette fermeture. Cela met en relief un manque d’information et de sensibilisation évident sur un sujet qui concerne pourtant une large part de la population.
Cela dit, l’espoir d’une meilleure connectivité n’est pas perdu pour les abonnés à l’ADSL « cuivre », qui manifestent un vif intérêt pour la fibre optique. Parmi ceux n’ayant pas accès à la fibre ou ignorant sa disponibilité, 84% se disent prêts à migrer vers cette technologie dès sa mise à disposition, soulignant une tendance à l’optimisation de leur expérience numérique.
Devant ces enjeux, l’Arcep profite de son bilan annuel pour souligner l’importance de sa plateforme « J’alerte l’Arcep », créée en 2017. Véritable outil de régulation par la donnée, elle permet aux utilisateurs de signaler des dysfonctionnements dans leurs interactions avec les opérateurs. La plateforme favorise la régulation du marché par un processus participatif, où chaque alerte devient un levier pour pousser les opérateurs à améliorer leurs services. L’Arcep rappelle ainsi son engagement à identifier les problèmes structurants et à agir pour une meilleure qualité de service rendue aux consommateurs.
Le paysage de la téléphonie en France évolue, entrecoupé de frictions et d’attentes. L’investissement dans la protection des utilisateurs et la modernisation des réseaux semble plus que jamais devenir une pierre angulaire de la politique de régulation française.
Source d’information: Arcep.fr