Face à une ère de mutations technologiques sans précédent, l’Arcep, régulateur français des télécoms, revêt un rôle proactif. Le 27 novembre 2025, l’institution a adopté une série de mesures visant à renforcer la sécurité des communications téléphoniques en France. Ainsi, pour combattre le fléau que représentent les appels frauduleux, les opérateurs nationaux sont désormais tenus d’empêcher l’acheminement des appels dont le numéro de téléphone n’a pas été authentifié. Cette mesure concerne également les appels internationaux qui utiliseraient un numéro de mobile français non identifiable.
Cette offensive s’intensifie avec l’ouverture d’une enquête administrative le 29 janvier dernier. L’enquête, visant l’ensemble des opérateurs de communications électroniques, cherche à élucider les origines des appels aux numéros usurpés et à vérifier la mise en œuvre des obligations légales d’authentification des numéros d’appelants.
En parallèle, une frange significative d’abonnés ADSL semble en marge des avancements technologiques. En effet, 28% n’ont toujours pas pris connaissance de la fermeture programmée du réseau cuivre pour 2030, malgré les efforts de communication continus de l’Arcep. Toutefois, il existe une prise de conscience croissante, puisque 72% des abonnés ADSL sont au fait de la transition imminente et anticipent la fermeté de la régulation sur cette fin annoncée.
D’ailleurs, l’Arcep a publié fin janvier un dossier de presse exhaustif détaillant les différentes étapes de cette transition, ainsi qu’un document FAQ guidant les usagers à travers ce prochain virage du réseau national. Cette même enquête expose un engouement marqué pour le déploiement de la fibre optique : une écrasante majorité, soit 93% des sondés parmi les abonnés cuivre ignorants ou non desservis par la fibre, expriment leur désir de s’abonner à cette technologie plus performante, un chiffre en forte hausse (+9 points par rapport à 2024).
Par ailleurs, l’évolution du réseau se manifeste aussi au niveau des infrastructures mobiles. Alors que 26% des utilisateurs ont été informés par leur opérateur de l’arrêt progressif des réseaux 2G et 3G, 90% d’entre eux jugent l’information reçue comme étant suffisante, selon les résultats de l’Observatoire de l’extinction des technologies 2G et 3G publié par l’Arcep le 11 décembre 2025. L’organisme a souligné que 2,6 millions de cartes SIM sont encore utilisées dans des terminaux offrant des services de voix, SMS ou internet mobile, et 3 millions dans des services Machine to Machine, ce qui représente environ 3% des cartes SIM (hors M2M) et 12% des cartes SIM MtoM.
Ces déclarations et chiffres témoignent de la volonté de l’Arcep de superviser une adaptation sécurisée et informée de la population française aux nouveaux horizons technologiques, tout en maintenant un haut degré de vigilance face aux pratiques abusives qui pourraient émerger dans ce paysage en constante évolution.
Source d’information: Arcep.fr