Apple chute dans les brevets aux États-Unis en 2025 alors que Samsung consolide sa position de leader

Le marché mondial des puces IA connaîtra une croissance significative jusqu'en 2029

Apple a clôturé 2025 avec moins de brevets accordés aux États-Unis que plusieurs de ses grands rivaux technologiques et du monde du silicium. Selon le rapport annuel de l’IFI CLAIMS, la société de Cupertino s’est classée sixième en termes de nombre de brevets américains déposés, avec 2 722 concessions, contre 3 082 en 2024, ce qui représente une baisse interannuelle de 11,7% et un recul de deux places dans le classement.

Cependant, ce chiffre en soi est remarquable, mais prend une importance encore plus grande dans un contexte où le marché technologique se reconfigure autour de l’intelligence artificielle et de l’infrastructure qui la soutient. L’IFI résume 2025 comme une année marquée par une « course » corporate à l’investissement en IA, avec des impacts économiques et géopolitiques qui ne peuvent désormais être considérés comme marginaux.

Un classement où le leadership reste stable, mais les écarts évoluent

Dans le haut du classement, l’ordre est resté stable : Samsung conserve la première position pour la quatrième année consécutive avec 7 054 brevets, soit 11% de plus qu’en 2024. TSMC se place en seconde position avec 4 194, en hausse de 5%, et Qualcomm en troisième avec 3 749, légèrement en progression.

En dessous, le « top 10 » montre des mouvements intéressants et, surtout, une image claire : l’écosystème des semi-conducteurs, des communications et des dispositifs connectés demeure primordial dans la propriété intellectuelle enregistrée aux États-Unis. Parmi ceux qui ont devancé Apple en 2025, figurent Huawei (3 052) et Samsung Display (2 859), en plus des trois leaders déjà mentionnés.

Ce recul d’Apple, toutefois, doit être interprété dans une perspective plus large : le nombre de brevets est une métrique imparfaite pour mesurer l’innovation. Il peut refléter des changements de priorités, des cycles de produit, des décisions juridiques ou simplement une stratégie différente de protection, comme privilégier les secrets industriels dans des domaines où le délai de commercialisation prévaut sur la dépôt de brevets.

Le contexte : moins de concessions, moins de demandes, mais une « file d’attente » très longue

Le rapport de l’IFI apporte également une clé macro pour comprendre toute baisse individuelle : en 2025, l’USPTO a accordé au total 323 272 brevets (en baisse de 0,24% par rapport à 2024) et enregistré 393 344 demandes, en recul de 9% par rapport à l’année précédente.

Autrement dit : le « gâteau » n’a pas grandi. De plus, le système lui-même connaît des frictions. L’IFI indique que plus de 1,2 million de demandes sont en stock dans le système de l’USPTO, avec une durée moyenne de traitement d’environ 26,5 mois, malgré des efforts significatifs de recrutement pour réduire ce backlog.

Dans ce contexte, une variation du volume de brevets d’une entreprise donnée ne signifie pas nécessairement « moins d’investissement en R&D », mais peut s’expliquer par les rythmes de traitement, des priorités internes ou des rééquilibrages dans ce qui est breveté et dans quels domaines.

Brevets : la quantité ne fait pas la qualité (et le classement le reconnaît)

Le document lui-même offre un éclairage intéressant concernant IBM : même si l’entreprise a vu ses positions et son volume diminuer, l’IFI souligne que ces chiffres « ne décrivent pas nécessairement » une société moins inventive, mais peuvent résulter d’une stratégie volontaire, plus concentrée sur certains secteurs précis.

Cette idée rappelle qu’il ne faut pas réduire le classement à un indice simpliste. Certaines industries (pharmacie, matériel, télécoms) where la brevetabilité est quasiment dans l’ADN concurrentiel. D’autres peuvent valoriser moins de brevets, mais à haute valeur centrale. Ou encore, la véritable avantage peut résider dans l’exécution, les données, l’intégration verticale ou la rapidité d’itération.

Que signifie le recul d’Apple (et ce qu’il ne signifie pas)

Ce que le classement de 2025 montre, c’est qu’Apple a perdu en traction relative dans le nombre de brevets américains par rapport à un groupe de concurrents directs et partenaires dans le domaine des semi-conducteurs. C’est un indicateur de l’activité en propriété industrielle sur un marché — celui des États-Unis — crucial pour monétiser la technologie et renforcer les protections légales.

Ce qu’il ne faut pas en déduire automatiquement, c’est qu’Apple innove moins. La véritable innovation ne se limite pas à ce qui est breveté, et toutes les brevets ne se valent pas. Toutefois, dans un cycle où l’industrie investit massivement dans l’IA, les semiconducteurs spécialisés, la mémoire et les réseaux, apparaître en retrait face à des acteurs qui dominent ces couches « fondationnelles » soulève une question pertinente : Apple priorise-t-elle d’autres voies de protection et de développement ou traverse-t-elle simplement une période statistique défavorable dans son pipeline de brevets ?

Il est probable que la réponse soit multiple. Mais ce chiffre ouvre le débat, surtout parce que les années à venir seront déterminées par celui qui contrôle les fondamentaux technologiques permettant le déploiement de l’IA à grande échelle.


Questions fréquentes

Est-ce que cela signifie qu’Apple innove moins en déposant moins de brevets en 2025 ?
Pas forcément. Le nombre de brevets accordés n’est qu’une métrique parmi d’autres. Il peut varier selon la stratégie (ce qui est breveté et où), les délais de traitement de l’USPTO ou l’accent mis sur le secret industriel dans certains domaines.

Qui a mené le classement des brevets aux États-Unis en 2025 et combien en a-t-il obtenu ?
Samsung a été en tête avec 7 054 brevets, suivi par TSMC (4 194) et Qualcomm (3 749).

Combien de brevets ont été accordés en tout aux États-Unis en 2025 ?
L’USPTO a délivré 323 272 brevets et enregistré 393 344 demandes, selon IFI CLAIMS.

Pourquoi les demandes de brevets ont-elles diminué alors que l’IA est en plein essor ?
Le rapport indique que le nombre de demandes a reculé de 9 % en glissement annuel, mais il souligne aussi un stock important de demandes en attente et une durée moyenne élevée, ce qui suggère des frictions et une accumulation dans le système, ainsi que des choix stratégiques des entreprises.

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