AMD veut devenir le « CPU par défaut » dans le cloud : ainsi il gagne du terrain en 2025 (et pourquoi cela compte en 2026)

AMD veut devenir le « CPU par défaut » dans le cloud : ainsi il gagne du terrain en 2025 (et pourquoi cela compte en 2026)

AMD capitalise sur l’engouement pour la informatique en nuage afin de positionner ses processeurs EPYC comme des éléments clés dans la nouvelle vague de charges de travail : de l’Intelligence Artificielle et du HPC aux bases de données et au calcul général. Dans une synthèse publiée par la société, AMD souligne que AWS, Microsoft Azure, Google Cloud et Oracle Cloud ont élargi en 2025 leurs catalogues avec des instances basées sur EPYC, avec un croissance encore attendue en 2026.

Le discours d’AMD ne se limite pas à « plus d’instances » : il s’agit de comprendre comment les hyperscalaires adaptent des familles spécifiques pour répondre à des besoins précis (bande passante mémoire, performance par thread, empreinte mémoire, NVMe local, Confidential Computing…), alors que le marché devient plus exigeant en efficacité, coût et sécurité.

AWS : nouvelles familles et message clair sur la performance x86

Dans le cas d’AWS, AMD met en avant l’expansion des instances avec EPYC et indique que Amazon attribue à ces configurations « la meilleure performance x86 » au sein d’AWS.
Parmi les exemples les plus significatifs :

  • C8a (optimisé pour le calcul) : AWS annonce une augmentation de jusqu’à 33 % de la bande passante mémoire par rapport à la génération précédente dans cette gamme.
  • X8aedz : destinées à la EDA et également adaptées pour des bases de données relationnelles bénéficiant d’une haute performance par thread et d’une grande mémoire.

La tendance fondamentale est claire : le CPU redevient central pour déplacer des charges historiquement « on-prem » vers le cloud, sans que la performance devienne un goulot d’étranglement.

Google Cloud : EPYC comme socle pour VM généralistes, HPC et IA

Google Cloud apparaît également comme un acteur qui étend ses familles avec EPYC, proposant des VM adaptées à différents usages.

  • C4D : Google a annoncé que ces VMs peuvent offrir jusqu’à 80 % de débit supplémentaire pour les serveurs web comparé à la génération précédente.
  • N4D : la documentation de lancement mentionne la disponibilité et l’intégration de cette famille dans le catalogue Compute Engine.
  • H4D : positionnées pour le HPC, avec des performances et mémoire de référence disponibles dans leur page dédiée.

Pour AMD, le message est clair : le même « bloc » (EPYC) peut évoluer du web et de l’entreprise jusqu’au HPC, en servant de fondation pour des portefeuilles étendus — un point stratégique pour l’homogénéisation des infrastructures.

Microsoft Azure : un catalogue diversifié… avec un focus sur le « Confidential Computing »

Azure incarne l’exemple d’un « grand catalogue, pour divers cas d’usage » : familles pour usage général, HPC, stockage NVMe local, et options confidentielles. AMD insiste particulièrement sur le Confidential Computing et le rôle du SEV (Virtualisation chiffrée sécurisée) pour protéger les données « en cours d’utilisation » dans des environnements d’exécution confiants (TEE).

Par ailleurs, AMD présente des familles et des lancements liés à la performance (par exemple, des lignes pour HPC ou avec stockage NVMe local), tandis qu’Azure a publié des détails techniques sur des gammes comme HBv5.

Oracle Cloud : EPYC comme levier pour l’entreprise et la gestion des données

Chez OCI, l’intégration se joue à deux niveaux : les instances pour le calcul (y compris le bare-metal et les solutions flexibles) et, surtout, le « monde des données ». AMD souligne l’utilisation d’EPYC dans des services comme Exadata et les bases de données managées, dans une stratégie visant à moderniser les plateformes critiques tout en maintenant cohérence et efficacité.


Tableau synthétique : ce que propose EPYC selon chaque cloud (d’après annonces et fiches publiques)

Fournisseur Exemples mentionnés Focus principal Fait public notable
AWS C8a, X8aedz Calcul, EDA, mémoire C8a : jusqu’à +33 % de bande passante mémoire ; X8aedz : orienté EDA
Google Cloud C4D, N4D, H4D Usage général, coût/performance, HPC C4D : +80 % de débit web
Microsoft Azure différentes familles, HBv5; VM confidentielles HPC, stockage local, confidentiel Accent sur Confidential Computing et SEV ; details pour HBv5 par Azure
Oracle Cloud (OCI) Exadata / DB Services, instances EPYC Entreprise, données, scalabilité Exadata Database Service avec EPYC mis en avant dans la documentation

Les dessous : pourquoi cette « guerre des CPU » redeviens pertinente

Pendant des années, l’attention médiatique a été centrée sur le GPU, notamment avec l’explosion de l’IA. Mais en 2025, un autre focus émerge : l’efficacité par watt, la performance soutenue et la sécurité matérielle redéfinissent les choix de plateforme. AMD insiste sur quatre piliers : performance, efficience, sécurité (confidential computing) et scalabilité, qui motivent l’extension d’EPYC dans les catalogues des grands fournisseurs.

Concrètement, cela se traduit par une démarche très « entreprise » : davantage d’options pour sélectionner des instances adaptées à des charges concrètes (web, analytique, bases de données, EDA, HPC), moins de surprovisionnement, et une réflexion plus sérieuse sur la protection des données en cours d’utilisation lorsque le cloud héberge des processus sensibles.


Questions fréquentes (FAQ)

Est-ce que cela signifie qu’AMD « bat » Intel dans le cloud ?
Pas nécessairement. Toutefois, les annonces et le rythme d’introduction de nouvelles familles montrent qu’AMD consolide une position très forte dans le catalogue x86, notamment dans des segments où le rapport performance/efficacité et le coût total ont une importance cruciale.

Qu’est-ce que le « Confidential Computing » et pourquoi est-ce si important maintenant ?
Il s’agit d’une approche visant à protéger les données pendant leur utilisation (pas uniquement en transit ou au repos), via des techniques d’isolation matérielle (TEE) et de mémoire chiffrée. AMD associe cette démarche à SEV pour renforcer cet écosystème.

Quels types d’entreprises tirent le plus profit de ces nouvelles instances ?
Celles qui mènent des charges intensives (bases de données, analytique, EDA, HPC) ou celles cherchant à améliorer leur efficacité sans augmenter leurs coûts. Celles ayant également des exigences élevées en matière de sécurité, pouvant exploiter des environnements confidentiels.

Pourquoi autant de familles différentes (C, N, H, X…) ?
Parce que le cloud ne s’optimise plus uniquement pour une « CPU générique » : on adapte l’offre en fonction des goulots d’étranglement spécifiques (mémoire, performance par thread, débit, NVMe local, etc.). Cette spécialisation permet souvent une amélioration du rendement et du coût par réel d’utilisation si le choix est bien fait.

via : amd

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