AMD, le Ministère des Communications et de la Technologie de l’Information d’Arabie Saoudite (MCIT) et l’Organisation de Coopération Numérique (DCO) ont lancé une initiative visant à former des développeurs, ingénieurs et startups dans le domaine des technologies d’intelligence artificielle. Ce programme combine les outils et compétences techniques d’AMD, notamment son environnement ouvert ROCm, avec une formation sur la gouvernance responsable de l’IA et les ambitions saoudiennes pour développer le talent technologique.

Les points clés de l’alliance AMD-Arabie Saoudite en 30 secondes

  • AMD, le MCIT saoudien et la DCO mettent en place un programme destiné aux développeurs, startups et ingénieurs.
  • Cette initiative inclut une formation sur AMD ROCm et les plateformes de calcul pour l’IA de la société.
  • La DCO apportera des ressources liées à l’éthique et à la gouvernance responsable de l’intelligence artificielle.
  • Le premier atelier aura lieu lors de LEAP 2026 en Arabie Saoudite.
  • Une extension à d’autres pays membres de la DCO pourrait suivre ultérieurement.

Cet accord est particulièrement intéressant car il concentre son attention sur une partie de la course à l’IA souvent négligée : le logiciel et les personnes capables d’utiliser l’infrastructure.

Depuis plusieurs années, l’Arabie Saoudite investit dans le développement de centres de données, de capacités de calcul et de projets liés à l’IA. Cependant, posséder des accélérateurs seul ne suffit pas pour créer des applications, des entreprises ou des services. Il est essentiel de bâtir une communauté de développeurs maîtrisant les outils nécessaires pour exploiter ce hardware.

AMD souhaite aussi jouer un rôle à ce niveau.

L’entreprise cherche à élargir autour de ses accélérateurs un environnement logiciel capable de rivaliser avec les plateformes dominantes en IA, majoritairement associées à NVIDIA. Dans cette optique, ROCm est devenu un élément central.

Cette collaboration avec l’Arabie Saoudite offre à AMD l’opportunité de déployer directement ces outils auprès de développeurs et d’entreprises débutant dans des projets d’intelligence artificielle.

ROCm intégré dans les programmes de formation pour développeurs

La première activité annoncée par les trois partenaires aura lieu le 31 août lors de LEAP 2026.

Elle comprendra un atelier présentant le AMD AI Developer Program, ainsi que la gamme de technologies de calcul d’AMD pour l’IA, notamment l’environnement logiciel ROCm.

ROCm fournit les outils, bibliothèques, composants nécessaires pour développer et exécuter des charges de calcul accéléré sur du matériel compatible AMD. Son importance s’est accrue avec l’expansion de la présence d’AMD dans les centres de données, notamment avec la famille d’accélérateurs Instinct.

Pour les développeurs, la qualité du logiciel peut être aussi critique que les caractéristiques matérielles du processeur.

Un accélérateur requiert des compilateurs, bibliothèques, frameworks compatibles, une documentation claire et des outils de diagnostic pour s’intégrer aux projets déjà en place. De plus, les équipes techniques doivent acquérir une expertise sur cet environnement pour migrer des modèles et applications depuis d’autres architectures.

C’est pourquoi l’initiative saoudienne ne se limite pas à une simple démonstration du hardware.

AMD fournira ses connaissances techniques et un accès à son environnement de développement, tandis que le programme cherchera à impliquer startups, ingénieurs et autres profils numériques.

Lisa Su, PDG d’AMD, a résumé la philosophie en déclarant que la valeur de l’IA dépendra de ce que les personnes pourront construire avec elle. L’objectif est donc d’accroître le nombre de professionnels familiarisés avec les plateformes de la société.

Il est à noter que l’accord ne prévoit pas d’investissements financiers, d’achats de GPU ou de clauses d’implantation d’infrastructure AMD en Arabie Saoudite. Il s’agit d’un projet axé sur la formation, le développement des compétences et la collaboration logicielle autour de l’IA.

Cette distinction permet d’éviter de confondre cette initiative avec les grands contrats d’infrastructure qui émergent en Middle-Orient.

L’Arabie Saoudite souhaite que ses investissements en IA génèrent aussi du talent local

Pour le gouvernement saoudien, cette initiative s’inscrit dans sa stratégie pour renforcer ses capacités technologiques nationales.

Le MCIT relie cet accord à la stratégie nationale d’intelligence artificielle et aux ambitions de transformation digitale planifiées dans Saudi Vision 2030.

Le ministre saoudien des Communications et de la Technologie de l’Information, Abdullah bin Amer Alswaha, souligne que la collaboration vise à élargir l’accès à des technologies avancées et à développer les compétences des startups et professionnels locaux.

Le défi est de faire en sorte que l’investissement dans l’infrastructure se traduise également par des applications concrètes et la création d’entreprises.

Un pays peut rapidement acheter des capacités de calcul, mais bâtir une communauté d’ingénieurs expérimentés en systèmes distribués, accélération, modèles d’IA et outils de production demande beaucoup plus de temps.

L’initiative vise précisément à agir sur cette seconde dimension.

Elle comporte aussi un volet au-delà du strict développement technique.

La Digital Cooperation Organization apportera un cours sur l’éthique et la gouvernance responsables de l’intelligence artificielle, ainsi que d’autres outils visant à accompagner leur déploiement.

Créée en 2020, la DCO regroupe à ce jour 16 États membres. Selon ses propres chiffres, ces pays représentent ensemble près de 3,5 trillions de dollars de PIB et plus de 800 millions d’habitants, dont plus de 70 % ont moins de 35 ans.

L’organisation travaille sur des questions relatives à l’économie numérique, l’entrepreneuriat, les politiques technologiques et la coopération internationale.

Sa participation peut en outre permettre d’étendre la portée géographique de l’accord.

Après les premières activités en Arabie Saoudite, la DCO collaborera avec AMD et les États membres intéressés pour explorer de nouveaux programmes de formation et d’échange de connaissances.

Pour l’instant, il s’agit d’une perspective future. L’annonce ne précise pas quels pays participeront ni le calendrier de cette expansion.

La compétition en IA se joue aussi entre développeurs

Pour AMD, il existe une autre lecture de cet accord.

L’entreprise souhaite que davantage de logiciels d’intelligence artificielle puissent utiliser ses accélérateurs sans que les développeurs perçoivent la migration comme une étape complexe.

La compétition en matière d’infrastructure IA ne dépend pas uniquement de la performance de chaque GPU.

Les entreprises valorisent aussi la compatibilité avec les modèles visés, la stabilité des bibliothèques, le support des frameworks, la qualité des outils de gestion et la disponibilité de professionnels maîtrisant la plateforme.

Une architecture avec peu de développeurs spécialisés peut se trouver désavantagée, même si ses caractéristiques hardware sont compétitives.

C’est pourquoi renforcer la connaissance de ROCm pourrait avoir des implications commerciales à long terme pour AMD, même si l’accord annoncé en Arabie Saoudite ne prévoit pas d’engagements d’achat précis.

L’entreprise mise sur une stratégie ouverte autour de sa plateforme logicielle comme différenciateur.

L’intérêt pour disposer d’alternatives à NVIDIA se répand parmi les entreprises et administrations qui souhaitent réduire leur dépendance à une seule architecture pour leurs projets d’IA.

Mais la construction de cette alternative requiert autre chose que la fabrication d’accélérateurs.

Cela implique une documentation complète, une compatibilité avec diverses configurations, des communautés techniques actives, une formation adéquate, et suffisamment de logiciels pour ne pas devoir tout reprendre lors du déploiement d’une application sur AMD.

La collaboration annoncée avec le MCIT et la DCO répond précisément à ce besoin.

Elle s’inscrit aussi dans une tendance plus large dans les pays qui augmentent leurs investissements en IA : l’infrastructure commence à s’accompagner de programmes visant à développer du savoir-faire local.

Les grands centres de données fournissent la capacité d’entraînement et d’exécution de modèles, mais leur impact sur une économie dépend en grande partie de qui utilise cette capacité et dans quel but.

L’Arabie Saoudite souhaite que cette capacité reste en partie dans le pays, nourrissant des projets locaux.

De son côté, AMD voit dans cette initiative une opportunité d’approcher ROCm et sa plateforme IA à une nouvelle génération de développeurs.

L’objectif initial est clair : formation, outils, communauté et gouvernance responsable. La réussite future du programme dépendra de quelle manière il évoluera pour produire des projets à plus grande échelle ou pour s’étendre à d’autres membres de la DCO.

Foire aux questions

Que viennent d’annoncer AMD et l’Arabie Saoudite ?

AMD, le Ministère des Communications et de la Technologie de l’Information saoudien, et l’Organization of Digital Cooperation ont créé une initiative visant à former et connecter des développeurs, startups et ingénieurs autour des technologies et outils d’intelligence artificielle.

Quel rôle joue ROCm dans l’accord ?

ROCm fait partie des technologies qui seront présentées et utilisées lors des activités de formation. Il s’agit de l’environnement logiciel d’AMD pour développer et exécuter des charges de calcul accéléré en IA sur du hardware compatible.

L’accord inclut-il l’achat de GPU AMD ?

L’annonce ne détaille pas d’achats d’accélérateurs, d’investissements financiers ou d’engagements liés à l’infrastructure. La démarche lancée vise principalement la formation, le développement de compétences et la collaboration logicielle.

Le programme sera-t-il limité à l’Arabie Saoudite ?

La première activité se déroule en Arabie Saoudite. Par la suite, la DCO et AMD étudieront avec les États membres intéressés de possibles nouvelles initiatives de formation et d’échange de connaissances.