Akamai lance un service géré pour la performance des API : tests synthétiques 24/7, conseils d’experts et conformité « audit-ready »

Rapport sur les ransomwares 2025 : Résilience dans un paysage de menaces alimenté par l'IA

Akamai a présenté Managed Service for API Performance, une solution gérée combinant tests synthétiques en continu, monitoring 24/7 et optimisation par des spécialistes afin de garantir que les APIs — véritable système de circulation de l’économie numérique — restent rapides, résilientes et conformes aux cadres réglementaires de plus en plus stricts. La solution repose sur la plateforme APIContext et vise à être transverse : du multicloud aux environnements hybrides, avec une focalisation claire sur visibilité de bout en bout (DNS, SSL/TLS, livraison Internet et dépendances tierces).

Ce déploiement intervient à un moment clé. Les APIs sont désormais la couche d’intégration par défaut pour de nombreux produits et services numériques : paiements, identification, logistique, réservations, service client, analytique… Tout transite par des endpoints qui doivent s’authentifier, autoriser, piloter des flux et respecter des réglementations aussi variées que DORA (secteur financier dans l’UE), NIS2 (infrastructures critiques), MAS TRM (Singapour) ou SEC SCI (États-Unis). Dans ce contexte, la promesse d’Akamai est de réduire la friction opérationnelle : moins de temps passé à gérer les incidents et plus de capacité à anticiper, avec preuves légales prêtes pour les audits.

Du monitoring à la gestion : contenu de la nouvelle offre

Ce service ne se limite pas à ajouter un autre tableau de bord à la « zoo » de l’observabilité. Il associe services managés et outils techniques spécialisés :

  • Tests synthétiques 24/7 et intervention d’experts. La plateforme effectue en continu des appels synthétiques depuis divers sites et réseaux, vérifie l’authentification, les schémas et flux, et déclenche des alertes en cas de dégradation ou de panne. La différence réside dans le “expert-in-the-loop” : une équipe d’analystes valide les incidents et priorise la réponse pour limiter le bruit et la fatigue des alertes.
  • Plans d’action personnalisés et reporting exécutif. Au-delà des métriques, le service fournit des plans d’amélioration affinant la sensibilité des alertes ou le design des flux (ex. re-tentatives, timeouts, backoff exponentiel, gestion des dépendances). Les rapports traduisent technique en impact business, en mettant en évidence tendances, goulets d’étranglement et risques.
  • Guides d’experts et détection de motifs cachés. Avec l’analyse des séries temporelles et des traces, les spécialistes repèrent ralentissements intermittents, mismatch de schémas, erreurs récurrentes par endpoint ou anomalies géographiques (par exemple, dégradations limitées à certains AS ou régions).
  • Validation selon OpenAPI et cadre réglementaire. Le service confronte les APIs à leur spécification OpenAPI, détecte déviations et violation de contrat, et propose des vues orientées conformité pour prouver, avec des données, la disponibilité, la latence et le respect des exigences (DORA, NIS2, MAS TRM, SEC SCI, etc.).
  • Visibilité de l’infrastructure et de la chaîne de livraison. Surveillance des environnements multicloud, DNS, configurations SSL/TLS et de la route de livraison Internet, pour distinguer si le goulot d’étranglement est dans le code, le réseau, le fournisseur d’identité, le CDN ou une dépendance en amont.
  • Repères de performance et preuves “audit-ready”. Il établit des lignes de référence mesurables pour évaluer les évolutions et enregistrer chaque appel synthétique avec une traçabilité totale. Le résultat : un enregistrement inviolable prêt pour audits ou exigences réglementaires.

Le message clé est clair : il ne suffit pas de repérer le problème, il faut gérer sa résolution, à la manière d’une équipe SRE étendue pour les APIs critiques. C’est cette lacune qu’Akamai vise à combler.

Pourquoi maintenant : APIs comme levier concurrentiel (ou talon d’Achille)

Pendant des années, beaucoup d’organisations ont considéré les APIs comme un sous-produit du développement. Aujourd’hui, elles sont devenues des produits à part entière : avec SLA, cycle de vie, catalogue, tarifs (dans certains cas) et, surtout, des consommateurs internes et externes à leur dépendance. Tout point de défaillance peut entraîner embouteillages, opérations bloquées ou détérioration de la réputation.

Le problème est que la surveillance traditionnelle — centrée sur les hôtes, conteneurs et processus — ne capte pas la dimension sémantique de l’API : versioning, contrats, politiques de rate-limit, mécanismes d’authentification (OAuth 2.0, OIDC, clés rotatives, MTLS), idempotence, paiements différenciés ou flux multi-étapes. Il faut des tests synthétiques qui reproduisent des cas d’usage réels, valident schémas et réponses et mesurent l’expérience telle qu’un client ou microservice la perçoit.

La complexité du monde distribué contribue aussi : microservices, files, bases, caches, fournisseurs tiers et, de plus en plus, modèles IA intégrés dans les flux (traduction, enrichissement, classification). Savoir qu’un pod est “Ready” ne garantit pas que l’API répond ; savoir qu’un endpoint retourne 200 OK ne signifie pas qu’il respecte le contrat ou qu’il répond à temps même sous charge réelle.

Sécurité et performance : deux faces d’une même pièce

Bien que l’annonce positionne la solution sur le performance, son architecture touche aussi la surface de sécurité d’une API. Valider les schémas réduit l’entropie exploitable par des attaques par injection ou désérialisation ; surveiller l’authentification détecte signaux d’expiration, désalignements de claims et configurations laxistes ; Tracer les routes aide à repérer les services exposés involontairement. Dans un univers où APIs et Sécurité API sont liés, une approche basée sur la résilience —performance + conformité + visibilité— est plus pratique que des compartiments isolés.

De plus, la référence aux régulations n’est pas qu’un effet de langage. Dans la finance, la santé ou les infrastructures critiques, les régulateurs exigent maintenant des tests de résilience opérationnelle, des preuves de disponibilité et de temps de réponse ainsi que des procédures de test et d’audit. Dans ces cas, un enregistrement complet des appels synthétiques et une gestion d’alertes/actions constituent une ressource précieuse.

Impacts pour les équipes techniques

Pour les SRE, plateformes, et équipes d’observabilité, le service propose trois gains concrets :

  1. Couverture fonctionnelle réaliste. Les tests synthétiques sont conçus par flux : ils reproduisent séquences d’appels, tokens et dépendances comme un véritable consommateur. Cela permet de repérer les erreurs d’orchestration, pas uniquement les pannes isolées.
  2. Priorisation opérationnelle. Une équipe d’experts filtre les faux positifs, relie les incidents à des changements récents (déploiements, renouvellements de certificats, nouvelles routes), et propose des ajustements ciblés (ex. timeouts désalignés ou caches trop agressifs).
  3. Preuves et gouvernance. En définissant des lignes de référence mesurables et en conservant des traces légères, les échanges avec le métier et le risque sont basés sur des données. On dispose ainsi de chiffres et tendances pour prioriser la dette technique ou planifier la capacité sans conjectures.

Pour les architectes et product owners, le progrès réside dans la traduction des KPI techniques (p50, p95, p99, taux d’erreur, saturation) en indicateurs d’expérience par flux : checkout, inscription, paiement, verification d’identité, tracking, etc.

Multicloud et Internet ouvert : l’importance du parcours

Un aspect distinctif du service est sa focalisation sur la chaîne de livraison complète. Beaucoup d’incidents ne proviennent pas du microservice lui-même, mais de la résolution DNS, d’un certificat expiré, d’une règle WAF trop restrictive, d’une mauvaise configuration CORS ou d’un hop réseau congestionné entre deux fournisseurs. Les tests depuis diverses régions et réseaux détectent des dégradations invisibles depuis un simple monitoring interne.

Dans un environnement multicloud, il est crucial de vérifier si l’anycast fonctionne comme prévu, si le routage BGP induit des latences inadmissibles pour certains FAI, ou si un fournisseur d’identité dans une région donnée allonge les délais d’authentification, pouvant impacter le respect des SLA.

Performance et conformité : du “best effort” à l’auditabilité

Un autre enjeu majeur est le respect de la conformité. La conformité à des normes comme DORA, NIS2, MAS TRM ou SEC SCI montre que le service est pensé pour les organisations réglementées. Ces standards exigent une résilience opérationnelle prouvée : il ne suffit pas de déclarer une API disponible, il faut le démontrer avec des enregistrements, des traces et des méthodologies reproductibles.

Le concept « audit-ready » — chaque appel synthétique étant enregistré avec intégrité et traçabilité — favorise l’alignement entre la technologie et la gouvernance. Il facilite aussi des réponses robustes aux exigences des régulateurs ou investigations post-incidents.

Compatibilité avec l’observabilité existante

Akamai propose d’intégrer la solution avec outils d’observabilité déjà en place (métriques, logs, traces), pour que le service devienne une source spécialisée et non un silo supplémentaire. La corrélation entre tests synthétiques, APM, métriques d’infrastructure et logs de sécurité procure une vision globale qu’il est difficile d’atteindre seul, surtout quand les frontières entre performance et sécurité s’estompent.

Un partenaire pour alléger la charge : plus de prévisibilité, moins d’incidents

Au niveau organisationnel, l’intérêt réside dans l’externalisation d’une partie du travail ingrat — et permanent — d’ajustement des APIs. Maintenir des tests synthétiques robustes, mettre à jour des contrats, surveiller les changements fournisseurs ou documenter des preuves peut devenir aussi chronophage que l’évolution même du produit. Un service géré réduit cette charge et offre une meilleure prévisibilité budgétaire.

Ce n’est pas un remplacement d’un équipe interne compétente ; c’est un complément. L’ interaction entre Akamai et les équipes de plateforme/SRE du client détermine la réussite : quels flux testé, comment définir les SLIs/SLOs, quels seuils pour déclencher une réponse, et quelles automatisations mettre en œuvre (ex. rollback ou montée en charge automatique).

Risques et limites : ce que le service ne peut pas résoudre seul

Il faut rester réaliste. Un service géré ne supprimera pas :

  • Les architectures fragiles : si la conception est sujette à effets domino, la surveillance détecte le symptôme, pas la cause.
  • La dette technique chronique : sans temps et budget pour refactoriser ou découpler, les améliorations seront incrémentielles.
  • Les fuites de responsabilités : un bon rapport ne remplace pas décisions de produit, priorisation et gestion du changement.

En résumé, disposer de données fiables, alertes pertinentes et recommandations concrètes favorise une meilleure gouvernance et facilite la mise en œuvre d’investissements conséquents.

Perspectives : APIs, IA et nouvelles exigences

Avec l’augmentation des travaux d’IA intégrés dans les processus métiers, les SLA de latence et la cohérence deviennent plus stricts : un point d’inférence avec variabilité non maîtrisée peut compromettre l’expérience entière. La instrumentation synthétique simulant des scénarios réels — comprenant authentification avancée, transformations, enrichissements et appels tiers — deviendra de plus en plus stratégique.

Par ailleurs, face à une réglementation fragmentée, les organisations devront fournir preuves d’audit et justifications adaptées à chaque juridiction et secteur. La conformité avec des cadres comme DORA ou NIS2 sera intégrée dès la conception, apportant une tranquillité supplémentaire aux CIO et CISO.


Foire aux questions

En quoi un service géré de performance API diffère-t-il d’une simple outil de monitoring ?
L’outil fournit métriques et graphiques, tandis que le service géré intègre humains et processus : conception et gestion de tests synthétiques par flux, validation et réduction du bruit, plans d’action, et production d’évidences prêtes pour audits. Résultat : moins de MTTR et meilleure gouvernance.

Comment le service aide-t-il à respecter des normes comme DORA ou NIS2 ?
En effectuant tests continus de disponibilité et latence par rapport à des lignes de base, en validant selon OpenAPI et en tenant des enregistrements complets avec traçabilité. Cela offre de solides preuves pour les audits et les inspections.

Ce service est-il compatible avec une architecture multicloud ou hybride ?
Absolument. Il surveille toute la chaîne de livraison : DNS, SSL/TLS, routes internet, fournisseurs externes et cloud distincts. Les tests depuis divers endroits dénichent des anomalies régionales ou des goulets d’étranglement invisibles depuis une surveillance interne seule.

Quelle influence ce service a-t-il sur les équipes SRE et plateforme ?
Il décharge les équipes en externalisant une partie de la maintenance des tests, la corrélation d’événements, et la documentation. Il fournit aussi des recommandations et des rapports pour aligner plus efficacement risque, business et technique. Il ne remplace pas l’équipe interne, il la renforce.


Sources :
Akamai Technologies — Communiqué de presse sur Managed Service for API Performance.
APIContext — Informations sur la surveillance et la conformité pour APIs.

le dernier